la situation des uniates est "insoutenable"
Bratislava, 12août(APIC) L’évêque de l’Eglise gréco-catholique (uniate)
de Slovaquie Jan Hirka déplore la lenteur de la restitution à son Eglise
des biens qui lui avaient été confisqués par le gouvernement communiste en
1952. Lors d’une assemblée de la Conférence épiscopale catholique de Slovaquie tenue mercredi 8 août à Vricko, dans le nord-ouest de la province, Mgr
Hirka constatait qu’en 1952 le gouvernement communiste avait "dérobé" en un
jour à l’Eglise uniate tout ce qui lui appartenait. Les négociations en vue
de la restitution des églises durent maintenant depuis huit mois et jusqu’ici deux bâtiments seulement ont été rendus.
Si la restitution devait encore être retardée, les fidèles gréco-catholiques pourraient faire preuve de mauvaise humeur et organiser des actions
de protestation, "ce qui ne serait pas dans l’intérêt de la société". Les
évêques slovaques ont décidé, dans des lettres envoyées au gouvernement et
au Parlement slovaques, d’encourager la recherche d’une solution rapide à
"la situation insoutenable de l’Eglise uniate en Tchécoslovaquie".
Danger de "troubles politico-religieux"
Mgr Hirka, dont le siège se trouve à Presov, en Slovaquie orientale,
s’est opposé à l’utilisation commune des églises par les orthodoxes et les
gréco-catholiques: les points de friction seraient trop importants et cette
situation pourrait conduire à des "troubles politico-religieux". L’Eglise
gréco-catholiques a été interdite en 1948 et intégrée de force à l’Eglise
orthodoxe, qui est entrée en jouissance de ses lieux de culte. Depuis sa
reconnaissance après les bouleversements récents, les conflits liés à la
restitution des églises gréco-catholiques se sont ranimés.
Au cours de leur assemblée, les évêque catholiques de Slovaquie ont réfléchi au rôle politique de l’Eglise dans la société. Ils ont souligné que
l’Eglise n’est liée à aucun parti politique, mais qu’elle est au service de
tous. Elle attend de ses fidèles qu’ils défendent les valeurs chrétiennes
fondamentales dans la vie publique. Les évêques ont accordé une grande importance à l’enseignement religieux, à nouveau possible, mais facultatif,
dès la prochaine année scolaire.
Un renouveau éthique fondé sur la foi
La Conférence épiscopale slovaque proposera bientôt un plan pastoral.
Sur la base du programme de la "décennie de renouvellement spirituel", les
évêques encourageront les activités dans les paroisses, les familles et les
petites communautés. Le point central sera le renouveau éthique à partir de
la foi. Cependant, l’Eglise slovaque se trouve confrontée à un important
problème: le manque de prêtres. Les évêques ont abordé d’autres thèmes comme les nouvelles écoles religieuses, les règlements des séminaires et le
prochain Synode des évêques, qui se déroulera à Rome du 30 septembre au 28
octobre sur le thème: "La formation des prêtres dans les circonstances actuelles". (apic/kpr/gbr/cor)