Arrivée du pape Jean Paul II au Bénin (030293)
Cotonou, 3février(APIC) A son arrivée au Bénin, mercredi en début
d’après-midi, le pape Jean Paul II a qualifié l’Etat d’Afrique de l’ouest
d’exemple pour le renouveau politique du continent noir. Le pape a été reçu
à l’aéroport de la capitale Cotonou par le président de la rébublique, Nicéphore Soglo, à la tête de l’Etat depuis les élections démocratiques de
1991. Dans son discours, le pape a encouragé le gouvernement du Bénin à une
démocratie authentique, conduite selon les principes de l’Etat de droit.
Lors de la messe qui a suivi, le pape a condamné les évènements sanglants
au Togo voisin et a appelé à la paix.
Au tournant du troisième millénaire, l’Afrique est appelée à donner une
réponse à sa tâche d’évangélisation, a souligné le pape. En 1982, à l’époque du régime marxiste-léniniste, Jean Paul II avait déjà fait une visite
éclair au Bénin. Lors de la cérémonie d’accueil, le pape a souligné vouloir
par sa visite renforcer la fraternité entre tous les habitants, la tolérance et la vie commune dans la paix. Il a salué également les croyants des
autres religions, les musulmans et les animistes. Il a exhorté les catholiques à respecter l’identité religieuse des autres. Sur les cinq millions
d’habitants du Bénin, 70% sont adeptes des religions traditionnelles, 15%
sont catholiques, et 15 % musulmans.
La paix dans le droit pour le Togo
Lors de la messe qui a suivi, et qui comprenait douze ordinations sacerdotales, le pape, saluant les évêques du Togo, a appelé à la paix dans le
pays voisin. Il a déploré le manque de stabilité politique et économique et
l’insécurité qui provoquent la fuite de milliers de personnes de leur pays.
Un avenir meilleur ne peut être assuré que par le respect des valeurs de
l’ordre démocratique et la consolidation de l’Etat de droit. Il a appelé
les croyants à la solidarité et au respect de la justice.
Le clergé ne doit pas intervenir directement en politique
Dans la soirée, le pape a rencontré les membres de la conférence des
évêques du Bénin. Il a souligné que les pasteurs de l’Eglise ne doivent pas
intervenir directement dans la politique et dans l’organisation de la vie
social. Il a néanmoins honoré la contribution des évêques à l’avénement
d’un régime démocratique dans un pays où un régime marxiste régnait. Il a
souhaité que les prêtres qui, de manière exceptionnelle et pour un temps
déterminé, ont assumé des charges politiques, reprennent sans tarder leur
propre mission pastorale. L’activité politique doit être laissée aux laïcs
qui doivent travailler à la lumière de l’enseignement social de l’Eglise. A
la suite du putsch civil de 1990, l’archevêque de Cotonou, Mgr Isidore de
Souza, avait, avec l’accord du Vatican, conduit le "Conseil d’Etat" jusqu’aux élections. Il était alors un quasi chef d’Etat.
A propos de l’inculturation, Jean Paul II a appelé à la clarté théologique et au discernement spirituel. L’inculturation est un défi pour l’Eglise. La population du Bénin doit être libérée de ses peurs ancestrales: la
peur des esprits des ancêtres, la peur des sorciers. Les indigènes doivent
apprendre à comprendre l’amour de Dieu comme libération de l’homme de tous
ses maux. Le pape a exhorté les évêques et l’Eglise du Bénin à l’unité, car
c’est seulement ainsi qu’ils pourront répondre au défi des sectes qui répandent une vision erronée du christianisme. Jean Paul II a également appelé au dialogue interreligieux. Par la connaissance réciproque et les efforts communs pour la croissance de l’homme, on peut éloigner toute violence physique, morale et psychique, a relevé le pape. (apic/cic/mp)