Arrivée de Jean Paul II au Tchad (300190)
N’Djamena, 30janvier(APIC) Le pape Jean Paul II est arrivé mardi 30 janvier au Tchad, ultime étape de sa visite pastorale en Afrique. Dans un premier discours à l’aéroport de N’Djamena, où il était accueilli par le président Hissène Habré, il a assuré les membres des autres religions, et notamment les musulmans, qui forment près de la moitié de la population du
pays, qu’il est venu parmi eux "en homme de dialogue et en messager de
paix". Au cours d’une célébration dans la cathédrale de N’Djamena, le pape
Jean Paul II a évoqué entre autres les souffrances de la communauté diocésaine de Moundou, qui a perdu son pasteur, l’évêque d’origine valaisanne
Gabriel Balet, dans la catastrophe aérienne du désert du Ténéré.
Lors de l’attentat contre le DC-10 de la compagnie française UTA qui
s’est écrasé le 19 septembre dans le désert du Ténéré au Niger deux capucins suisses avaient trouvé la mort : Mgr Gabriel Balet, 59 ans, évêque de
Moundou, originaire de Grimisuat, et le Père Gervais Aeby, 65 ans, provincial des capucins de Suisse, d’origine fribourgeoise.
Après avoir indiqué que le dialogue existe déjà au Tchad, permettant aux
diverses communautés de vivre en paix, le pape a souhaité que les convictions religieuses de chacun puissent "donner une impulsion décisive à la
marche de tous vers une unité et une fraternité toujours plus grandes".
Concernant les relations que l’Eglise catholique - à laquelle appartiennent
7 % de la population, la majorité étant musulmane (50 %) et animiste (environ 39 %) - entretient avec les autorités civiles, il a dit apprécier le
fait que la Constitution dont s’est récemment doté le Tchad garantisse les
libertés d’opinion, d’expression et de culte. Il a formé le voeu que "dans
ce climat de liberté, les communautés musulmane et chrétienne développent
une convivialité toujours plus constructive".
Jean Paul II a ensuite gagné la cathédrale de N’Djamena (détruite en
1980 et reconstruite en 1986) où a eu lieu une célébration mariale. Il y a
évoqué les souffrances endurées par les Tchadiens et dues à la sécheresse,
la famine et les "douloureuses années de guerre", ainsi que la récente catastrophe aérienne dont l’une des victimes était l’évêque de Moundou, le
capucin valaisan Gabriel Balet.
Le Tchad, "une bonne terre"
Le pape s’est réjoui de voir le pays s’engager sur la route du renouveau. "Avec beaucoup de générosité et de dynamisme, a-t-il dit, les Tchadiens ont pris le chemin de l’unité et de la paix". Il a souhaité que cette
paix se consolide et "apporte à tous le bonheur, dans une recherche persévérante du pardon et de la réconciliation". Il a demandé aux Tchadiens
d’avoir confiance en eux-mêmes afin de rebâtir, avec tous les hommes de
bonne volonté, "un Tchad uni dans la paix". A propos de l’Eglise, le pape a
remarqué que si elle est encore jeune - l’arrivée des premiers missionnaires ne date que de soixante ans - elle peut se réjouir de compter déjà un
de ses fils parmi les membres de la Conférence épiscopale, tandis que cinq
diocèses ont pu être érigés, que les vocations sacerdotales sont en augmentation et que la vie religieuse s’épanouit; pour Jean Paul II "le Tchad est
une bonne terre".
En fin de journée le pape s’est rendu en visite privée au palais présidentiel, où il a rencontré Hissène Habré. (apic/cip/jt/cor)