"Chercher une solution humaine"
Berne/Zurich, 3mai(APIC) Des étudiants de la Faculté de théologie évangélique de Berne ont adressé une lettre ouverte au Conseil fédéral pour protester contre l’arrestation brutale par la police bernoise d’une quinzaine
de réfugiés clandestins kurdes jeudi à Berne lors d’une conférence de presse. Ils demandent au Conseil fédéral de ne pas renvoyer les Kurdes dans
leur pays et de chercher avec les personnes concernées et les Eglises une
solution humaine. Dans un communiqué publié vendredi, l’Association des
mouvements de la jeunesse catholique suisse (SKJV) demande que la Suisse
cesse de renvoyer les requérants d’asile kurdes dans leur pays.
Les étudiants condamnent "l’arrogance" de la police bernoise et s’étonnent de la disproportion des moyens employés. Pour eux, le fait que les arrestations se soient déroulées alors que l’on célébrait au Palais fédéral
le 700e anniversaire de la Confédération est "humiliant" pour un pays héritier d’une longue tradition humanitaire.
Dans un communiqué publié vendredi, l’Association des mouvements de la
jeunesse catholique suisse (SKJV) condamne elle aussi l’intervention de la
police bernoise et demande que soit délivrée aux Kurdes une autorisation de
séjour en Suisse et que cessent les expulsions de requérants d’asile kurdes. Le fait que les arrestations se soient déroulées en présence d’autorités ecclésiastiques montre bien le fossé grandissant qui existe en Suisse
entre l’engagement des Eglises pour les droits de l’homme et la manière de
procéder de l’Etat avec les requérants d’asile, déplore la SKJV dans son
communiqué.
Pour sa part, le président de la Conférence des évêques suisses (CES),
Mgr Joseph Candolfi, présent à Berne lors de la brutale intervention de la
police, a déclaré vendredi à un journaliste: "J’étais mal à l’aise. Nous ne
nous attendions pas à cela". Pour lui, les Eglises doivent, au nom de
l’évangile, faire plus que donner de l’argent. "Nous avons voulu trouver un
chemin commun avec les Kurdes, qui attendent de nous sécurité, estime et
attention. Nous ne sommes pas pour l’illégalité, mais pour une légalité généreuse", a-t-il précisé. (apic/com/gbr/cor)