Arménie Soviétique : detérioration qualitative de la situation (020791)
Genève, 2juillet(APIC) Du 13 au 20 juin dernier, une équipe oecuménique
du Conseil oecuménique des Eglises européennes (COE) et de la Conférence
des Eglises européennes (KEK) s’est rendue en Arménie soviétique pour se
rendre compte de l’état des droits de l’homme dans cette partie de l’URSS.
Composée des délégués du Comité d’entraide des Eglises de la KEK, de
l’Eglise évamgélique d’Allemagne, du Conseil national des Eglises des
Etats-Unis, du COE et de l’Eglise arménienne, l’équipe a présenté le 2
juillet 1991, les résultats de sa visite.
De cette visite, il ressort que la situation des arméniens se détériorent qualitativement. "Depuis le début de l’année, et plus fréquemment depuis avril dernier, un grand nombre de villages arméniens du Haut-Karabakh
et le long d’une bande de dix kilomètres ont été attaqués" par les forces
azéries et parfois par les soldats de l’armée soviétique. Par ailleurs, la
délégation souligne que, selon informations détaillées qu’elle a reçues,
plusieurs cas de violations de droits de l’homme sont frquémment perpétrés
sur les arméniens: "assassinats de villageois, recours systématique à la
torture, pillages fréquents, destruction de biens et déportations forcées .. détentions des personnes dans les prisons et des tueries."
Ce faisant, l’équipe oecuménique propose que: la Communauté internationale prenne des mesures urgentes pour défendre les droits des arméniens;
que le gouvernement de l’Union Soviétique rétablisse l’administration civile dans la région du Haut-Karabakh, et assume sa responsabilité, "conformément au droit national et international pour la protection des populations
civiles en période de conflit armé"; que la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, ses groupes de travail sur la torture et les disparitions, et les instruments appropriés prévus selon la clause humanitaire de
l’Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe
établissent un contrôle sur les conditions de détention dans les prisons de
l’Aserbaïdjan. Enfin, elle propose qu’une délégation du COE et de la KEK
soit ernvoyée auprès des autorités à Bakou (Azerbaïdjan) et à Moscou afin
d’étudier les possibilités de mettre pacifiquement fin aux conflits et aux
combats qui ont éclatés dans le Haut-Karabakh et près de la frontière.
Les conclusions de cette visite seront présentées au Comité du COE qui
va bientôt se réunir à Gèneve et au Présidium de la KEK, au courant de
l’année. (Apic/Com/sjb).