Arménie: Reconstruction après le tremblement de terre (100989)
Genève, 10septembre(APIC) L’entraide protestante suisse (EPER), en collaboration avec le Conseil oecuménique des Eglises (COE), a tenu vendredi 8
septembre à Genève une conférence de presse, avec la participation de l’archevêque Nerses Bozabalian, chancelier de l’Eglise apostolique arménienne,
sur l’état de la reconstruction de l’Arménie après le tremblement de terre
de décembre 1988.
L’archevêque Nerses Bozabalian a tout d’abord rappelé les moments marquants de l’histoire de son pays et de son peuple. Le christianisme en Arménie commence dès le 1er siècle après Jésus-Christ, et en 301, le roi Tiridate III se converti au christianisme et le déclare religion d’Etat.
C’est donc le premier Etat chrétien. Après la prise de Constantinople, les
Arméniens se réfugient à Erevan.
Au cours des sièles, le peuple arménien a subi plusieurs massacres. A la
fin du XIXe siècle, 300.000 Arméniens seront massacrés par les Turcs. Dès
cette époque, un mouvement de soutien est lancé par les pasteurs suisses
Godet et Rosselet. Durant la première guerre mondiale, les Turcs se livrent
à un véritable génocide des Arméniens. Plus d’un million de morts. Depuis
1919, l’Arménie constitue une république de l’Union Soviétique, mais en
fait son territoire ne recouvre qu’un dixième de la "Grande Arménie".
L’Arménie a particulièrement souffert de l’époque stalinienne et le
clergé a dû s’exiler. La situation actuelle, marquée par la perestroïka,
est favorable à l’Eglise. Les baptêmes ont triplé, les gens vont à l’Eglise
et cette dernière est officiellement reconnue. Quant au catéchisme, il peut
se dérouler à l’école.
C’est dans ce nouveau contexte qu’a eu lieu le tremblement de terre du 7
décembre 1988. Auquel il faut ajouter les conflits interéthniques et nationalistes du Nagorno-Karabagh (enclave à majorité arménienne en Azerbaïdjan.
En plus des dizaines de milliers de morts, d’un demi million de sans-abri,
de la destruction d’un tiers du pays, il a fallu, précise l’archevêque Nerses Bozabalian, faire face aux réfugiés venant de l’Azerbaïdjan.
Aide internationale, neuf mois après le tremblement de terre
L’Eglise apostolique arménienne est l’un des pivots de l’aide internationale. Elle a participé aux accords entre l’EPER et le gouvernement arménien. Dans le cadre du programme commun du COE et de Caritas internationale, l’EPER participe à plusieurs projets d’aide: construction d’un atelier
de menuiserie pour la production de portes et fenêtres et divers autres
éléments pour des maisons préfabriquées; installation d’une maternité de
100 lits.
La construction des maisons se fait en Arménie et les travaux sont effectués par les Arméniens avec l’aide de techniciens occidentaux. A fin
juillet, l’édification de l’atelier de production était terminée et les
premières maisons pouvaient commencer à être construites. Cinquante maisons
seront construites à Hajkavan - à 6 kilomètres de Léninakan -, 50 autres le
seront à Giulagarak.
Ces projets en bonne voie, l’EPER envisage, toujours en collaboration
avec l’Eglise arménienne, de participer à la reconstruction d’églises, à la
fourniture d’une autre machine à scier le tuf, à la construction d’orphelinats. Pour le moment, le coût de l’aide apportée par l’EPER se chiffre à
2.696.000 francs sur les 5 millions à disposition. (apic/pp/pr)