Buenos Aires, 8décembre(APIC) Alors que l’on parle du refus du président
agentin, Raul Alfonsin, d’avaliser l’avancement en grade du tortionnaire
Alfredo Astiz, l’on se souvient qu’il y a dix ans, les 8 et 10 décembre
1977, disparaissaient, victimes de la répression en Argentine, deux Soeurs
françaises, Alice Domon et Léonie Duquet, dont l’enlèvement et l’assassinat
avaient été organisés par Alfredo Astiz.
Soeur Alice Domon, à l’époque supérieure ecclésiastique de l’Institut
des Soeurs des missions étrangères de Toulouse et Soeur Léonie Duquet une
de ses compagnes, ont disparus dans "la nuit et le brouillard" de la
répression argentine, respectivement les 8 et 10 décembre. Malgré des protestations de l’ambassade de France à Buenos-Aires et un messge du président français Giscard d’Estaing au Général Videla les jours qui suivirent,
on n’entendit plus parler de ces deux Soeurs.
Le capitaine Alfredo Astiz, de l’Ecole de mécanique de la marine à Buenos-Aires, qui s’était infiltré dans le mouvement des Mères de la place de
mai, et avait fait arrêter de nombreuses personnes de cette façon, a été à
l’origine de l’enlèvement et de l’assassinat des deux Soeurs françaises.
Malgré cela, le tribunal de la marine l’a acquitté en 1981, suite à des
plaintes déposées contre lui. Par la suite, le capitaine Astiz a toujours
refusé de comparaître lorsque la justice lui en a intimé l’ordre.
Même après l’élection du président argentin Raul Alfonsin en 1983, comme
c’était la justice militaire argentine qui fut saisie de l’affaire au
détriment de la justice fédérale, le capitaine Astiz était libéré. Et en
1986, il y eu confirmation en appel devant le tribunal fédéral de l’acquittement d’Alfredo Astiz, pour "prescription" des faits reprochés...
Au début du mois de décembre 1987, la marine argentine a sommé le président Alfonsin, sous peine de se mettre en rébellion, de promouvoir le
lieutenant de vaisseau Alfredo Astiz au grade de capitaine de corvette. En
effet Astiz a profité de la loi d’amnistie dite du "devoir d’obéissance" et
n’est plus poursuivi, il a même été acquitté par le tribunal militaire bien
qu’il se soit rendu sans combattre aux Anglais pendant la guerre des Malouines. La France est intervenue auprès du président Alfonsin afin que
l’assassin des deux Soeurs ne soit pas promu . Le président Alfonsin a dû
certainement en tenir compte dans son refus d’avaliser l’avancement
d’Astiz. (apic/bd)