Présentation du livre d’E. Mignone : "Eglise et dictature"
Bruxelles, 29novembre(APIC) Emilio Mignone, membre fondateur et président
du Centre d’Etudes Légales et Sociales (CELS), une organisation de défense
des droits de l’homme fondée en Argentine en 1979, a présenté mercredi à
Bruxelles son ouvrage intitulé "Les disparus d’Argentine - Responsabilité
d’une Eglise - Martyre d’un peuple". Il s’agit de la traduction française
aux éditions du Cerf de "Iglesia y dictatura" (Eglise et dictature), paru
en 1986.
Au cours d’une conférence de presse organisée par les Commissions belges
francophone et néerlandaise de "Justice et Paix", l’Université de Paix et
le Comité argentin de Solidarité, l’ancien recteur de l’Université argentine de Lujan - dont la propre fille a "disparu" en 1976 - a évoqué le problème de la condamnation des crimes contre l’humanité commis sous les dictatures militaires et la grâce présidentielle accordée prochainement aux
généraux argentins encore en prison.
Mobilisation contre la grâce présidentielle pour Videla
En Argentine, les organisations de défense des droits de l’homme se mobilisent actuellement contre la grâce présidentielle dont bénéficieront en
décembre les généraux condamnés lors du fameux procès de Buenos Aires en
1986. Au lendemain de la dictature (1976-1983), les lois du "Punto Final"
(point final) et de l’"Obediencia Debida" (obéissance due), puis les décrets présidentiels d’"indulto" (grâce) ont remis en liberté la majorité
des militaires qui avaient des comptes à rendre à la justice en Argentine.
Ailleurs en Amérique latine, d’autres dictatures ont elles aussi été suivies de processus démocratiques dont le peuple a attendu en vain qu’ils
fassent payer à ceux qui en portent la responsabilité le coût social élevé
des enlèvements, disparitions et tortures dont les militaires se sont
rendus coupables, a souligné Emilio Mignone.
Mettant l’accent sur la campagne nationale et internationale contre la
grâce présidentielle en Argentine, E. Mignone n’a pas manqué de faire le
lien entre cette situation et l’impunité des militaires "coupables de crimes contre l’humanité" dans le reste de l’Amérique latine.
Le 29 octobre dernier, quinze mille personnes ont manifesté devant
l’Obélisque de la place de la République à Buenos Aires pour protester contre la décision du président Menem d’accorder sa grâce aux hauts responsables militaires encore emprisonnés, parmi lesquels le général Videla et
l’amiral Massera. D’autres rassemblements ont eu lieu à l’appel des organisations de défense des droits de l’homme et des partis populaires, à Cordoba, Parana et La Rioja. (apic/cip/cor)