Argentine: création d’un parti politique évangélique (210891)
Buenos Aires, 21août(APIC) Après le Pérou et la Bolivie notamment, l’Argentine a à son tour son parti politique évangélique. Sa récente création
ouvre dans le pays un large débat. Et à défaut de plaire aux partis traditionnels et à l’Eglise catholique locale, elle suscite une large controverse.
"Les évangéliques sont au nombre de 4 millions en Argentine. J’estime
que cela nous donne le droit d’avoir notre propre voix au Congrès", a expliqué le pasteur Hector Gimenez, l’un des principaux initiateurs, pour justifier la création de l’autodénommé Mouvement Chrétien Indépendant (MCI).
Selon les leaders du MCI, ce nouveau mouvement "favorisera une Eglise libre
dans un Etat libre".
Aujourd’hui encore, la Constitution oblige le président argentin à professer la foi catholique. Un règlement impose en outre à l’Etat de soutenir
financièrement l’Eglise catholique. "Ces mesures sont nettement discriminatoires", s’insurge le pasteur Gimenez: "Il faut que cela cesse". Pas étonnant dès lors que l’un des objectifs des évangéliques du MCI soit précisément de modifier la Constitution afin de changer la législation en la matière.
La naissance du MCI argentin est plutôt mal perçue au sein de l’Eglise
catholique, préoccupée qu’elle est face à la croissance des groupes évangéliques indépendants - en Argentine ou ailleurs en Amérique latine - qualifiés de sectes par de nombreux évêques. Inquiéte aussi face à la popularité
dont jouissent certains leaders charismatiques du mouvement. "On ne doit
pas mélanger la religion avec la politique partisane", relevait récemment
Mgr Justo Oscar Laguna, évêque du diocèse de Moron.
Selon certains observateurs, l’étiquette "conservatrice" que traîne
l’Eglise catholique locale n’est pas faite pour arranger les choses. Pour
tenter de la modifier, elle émet actuellement chaque semaine sur la chaîne
de télévision d’Etat un programme intitulé "Des clefs pour un monde meilleur", dans lequel s’exprime à travers un message le cardinal Antonio Quarracino. Un message qui n’hésite pas à critiquer durement la classe dirigeante du pays, la qualifiant de corrompue, allant jusqu’à l’accuser de ne
pas tenir ses promesses. "Une manière de populariser le message et de retrouver une audience", estiment ces mêmes observateurs, pour lesquels il
reste encore beaucoup à faire pour rapprocher l’Eglise des préoccupations
du peuple. (apic/na/pr)