Réactions catholiques à Genève
Genève, 28novembre(APIC) L’Eglise catholique n’a pas donné de mot d’ordre
de vote sur l’initiative "Pour une Suisse sans armée", pour laquelle les
citoyens suisses se sont prononcés dimanche dernier. Mais elle est intervenue dans le débat par des contributions voulant favoriser une réflexion
d’ensemble sur la question. A titre individuel, cependant, certains prêtres
et pasteurs à Genève prirent position avant les votations en faisant savoir
qu’ils voteraient "oui" le 26 novembre. L’agence Apic a rencontré les abbés
Edmond Gschwend et Jean-Paul de Sury, qui avaient des positions divergentes
sur l’objet du vote. Ils ont fait part de leurs réactions.
L’abbé Edmond Gschwend, favorable à l’initiative, fait d’abord remarquer
que le résultat "est une bonne surprise pour les initiants". Toutefois,
ajoute-t-il, "il ne faut pas tomber dans le triomphalisme: l’armée subsiste, et parmi ceux qui ont voté "oui", certains l’ont fait par mauvaise humeur. Et la mauvaise humeur n’est jamais positive..."
Reste, selon l’abbé Gschwend, que "l’avertissement est sérieux, et qu’il
faudra, dès lors, trouver une solution au statut de l’objection de conscience". Et puis, relève-t-il, "l’accroissement exponentiel des dépenses
militaires ne pourra plus être indiscuté". Il souhaite en conclusion
qu’après les résultats, les réactions des deux parties soient modérées et
que l’on ne connaisse pas de durcissement.
"Vote tactique"
L’abbé Jean-Paul de Sury, aumônier militaire, était pour sa part opposé
à l’initiative. Il pense que parmi tous ceux qui l’ont soutenue, beaucoup
n’ont pas voté contre l’armée, mais ont voulu faire réagir le pays. En effet, note-t-il, "ces derniers ont voulu lancer un avertissement à tous ceux
pour qui l’armée est le premier rempart contre la guerre, alors qu’elle ne
devrait être que le dernier recours" Et d’ajouter: "Certaines personnes auraient souhaité un débat plus politique que militaire". Pour l’abbé de Sury, nombre de personnes ont voté "oui" pour des raisons tactiques car, ditil, le résultat final ne faisait pas de doute.
L’abbé de Sury estime en outre qu’il faut interpréter ce vote "comme une
volonté de réformes psychologiques et pédagogiques de l’armée". A la question de savoir si une partie de la jeunesse n’a pas voulu, par son vote,
s’opposer à l’armée, l’abbé de Sury avance que certains ont voulu montrer
une opposition aux cours de répétition. "Leurs épouses ou fiancées ont manifesté leur refus à ces périodes de séparations", résume-t-il. Selon lui,
le problème de l’objection de conscience à certainement pesé dans le vote:
"C’est une leçon que nous devons tirer". (apic/pp/pr)