Après le voyage improvisé à Johannesbourg, le pape au Lesotho (150988)
Maseru/Roma, 15 septembre (Apic/cip) Après son escale improvisée à Johannesbourg, c’est finalement en début de soirée que Jean Paul II est arrivé
mercredi au Lesotho, au milieu de la confusion après la prise d’otages
sanglante et le dénouement dramatique de cette affaire. A l’issue de la
messe célébrée à Maseru jeudi 15 septembre, Jean Paul II s’est déclaré très
affecté par le fait que des fidèles, qui s’étaient mis en route pour le rejoindre dans son pélerinage, aient été victimes d’une aggresssion qui a
causé une grande angoisse. Le pape a également consacré une partie de la
journée de jeudi à une messe de béatification du Père Joseph Gérard.
Le programme prévu ayant été modifié en raison des événements, le pape
s’est rendu peu après son arrivée mecredi soir à la cathedrale de Roma, ou
a été amenagée la tombe du Père Joseph Gérard, à l’occasion de sa béatification. Le pape s’y est recueilli, rendant grâce à Dieu pour le zèle missionnaire du religieux lorrain. C’est là - et non au stade de la ville, en
raison du mauvais temps - que Jean Paul II a ensuite célébre la messe, en
milieu de soirée.
Dans son homélie, le pape a mis l’accent sur l’actualité de la rédemption du monde par la mort du Christ sur la croix. Apres s’être réjoui que "la
croix du Christ a vraiment triomphé au Lesotho", Jean Paul II a exhorté les
chrétiens à poursuivre l’évangelisation, ainsi qu’à préserver les valeurs
du mariage et de la famille, qui "doivent être remis sur le droit chemin".
Il faut pour cela enseigner la vraie nature du mariage chrétien, a-t-il
dit, lutter contre les idées fausses et les pratiques qui blessent la
dignité de l’homme et menacent la fidelité entre les époux. Une tâche d’autant plus urgente, a souligné Jean Paul II, "dans une communauté qui doit
supporter les tensions et les angoisses engendrées par l’absence de
nombreux pères de famille" qui, pour des raisons économiques, sont contraints à chercher du travail en-dehors du pays. Enfin, le pape a mis l’accent sur l’importante contribution que peuvent apporter les éducateurs et
les associations catholiques laïques. C’est pourquoi, a-t-il dit, l’Universite catholique de Roma est "une véritable bénédiction pour le pays".
Faute de temps, le pape a dû renoncer à prononcer son discours devant
les évêques du pays. Dans ce discours, le pape évoque notamment le 125e anniversaire de l’évangélisation du peuple Basotho, qui culmine dans la béatification du Père Gérard. et retrace l’histoire de cette évangélisation,
qui a debuté dans des conditions "vraiment humbles, de façon presque cachée".
Béatification du P. Gérard
Jeudi matin, Jean Paul II a célébré à l’hippodrome de Maseru la messe de
béatification du P. Joseph Gérard. Né le 12 mars 1831 près de Nancy, en
Lorraine, J. Gérard, fasciné par ce qu’il entendait dire du travail des
missionnaires Oblats, entra dans leur congrégation. à l’âge de 22 ans - il
n’était encore que diacre -, il partait pour l’Afrique. et recevait l’ordination sacerdotale un an plus tard (1854) en Afrique du Sud. Après plusieurs échecs apostoliques auprès des Zoulous du natal, il accompagna son évêque, Mgr Allard, chez les Basotho, ou il travailla durant 52 ans. Il mourut
le 29 mai 1914, sans avoir jamais revu la France.
Dans son homélie, le pape a évoque les débuts de son travail d’évangélisation à Roma, qui allait vite s’étendre à d’autres régions du pays. "Le P.
Gérard, a-t-il dit, vivait sa vocation missionnaire avec une ferveur apostolique exceptionnelle, et son amour de Dieu se manifestait dans son amour
du prochain". Jean Paul II a énuméré les fruits abondants produits par
l’inlassable travail du religieux lorrain : une église d’une vitalité exceptionnelle, des évêques natifs du pays, un nombre croissant de vocations,
600.000 laïcs engagés, des réalisations impressionnantes dans les secteurs
de l’éducation et de la santé.
Rappelons que le Lesotho compte 90 o/o de chrétiens, dont la moitié sont
catholiques. Jean Paul II a exhorté les fidèles à être des artisans de
ràconciliation et de paix, à l’exemple du nouveau bienheureux, à refuser la
violence qui, quelle que soit la situation, n’est jamais une solution. Enfin, Jean Paul ii a prononcé l’acte de consécration du Lesotho à la Vierge
(qu’il aurait du normalement prononcer la veille).
Le pape évoque la prise d’otages
A l’issue de la messe, Jean Paul II, avant de quitter l’hippodrome de
Maseru, a évoquà la prise d’otage de la veille et son issue tragique. "je
suis venu en Afrique australe en pélerin de paix, a-t-il dit, en emportant
avec moi un message de réconciliation. Je suis très affecté par le fait que
d’autres fidèles, qui s’étaient mis en route pour me rejoindre dans mon pélerinage, aient étée victimes d’une agression qui a causé une grande angoisse et a debouché sur un massacre. Je prie Dieu, afin qu’il accueille
ceux qui sont morts, console leurs familles et accorde aux blessés une guérison prompte et définitive". Le pape s’est rendu à l’hôpital de Maseru
pour y rendre visite aux fidèles blessés lors de cet attentat.
(apic/cip/pr)