Après la rupture avec le Vatican, sérénité et (160688)
Paris/Fribourg/Ecône, 16juin(APIC) La décision prise mercredi par Mgr Lefebvre d’ordonner 4 évêques sans la permission du Vatican est, selon Joaquin Navarro Valls, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, "grave
de conséquences canoniques", et c’est un "choix qui met en-dehors de la
communion ecclésiale". Si Mgr Lefebvre n’obéit pas à "l’admonition" canonique et maintient sa décision, c’est le schisme. Cette douloureuse éventualité n’a pas - s’il faut en croire les responsables de la Fraternité SaintPie X - entamé la sérénité de la majorité des fidèles de Mgr Lefebvre,
"prêts à franchir le pas".
Pour l’Abbé Bernard Fellay, un valaisan de 30 ans, le plus jeune prêtre
traditionaliste qui devrait être consacré évêque le 30 juin prochain à Ecône, seuls quelques fidèles seront troublés par cette rupture avec Rome. Depuis début mai responsable du District de Suisse de la Fraternité Saint-Pie
X, que dirigeait l’Abbé Denis Roch depuis Villars-sur-Glâne, l’Abbé Fellay
estime que les 24 prêtres et les quelque 4’000 fidèles qui participent en
Suisse tous les dimanches aux messes traditionnelles sont "tout à fait paisibles et sereins". "A première vue, on ne peut exclure que l’un ou l’autre
soit troublé, car c’est quand même une décision grave, mais - poursuit-il,
nos fidèles sont déterminés à garder la foi".
Pas de retour en arrière, affirme l’Abbé Fellay
Il n’y aura pas de retour en arrière, estime l’Abbé Fellay, qui est sûr
qu’il sera consacré évêque le 30 juin : "Mais il ne faut pas prendre ces
ordinations épiscopales comme une volonté de schisme, il est certain cependant que nous ne sommes pas d’accord avec "l’esprit de Vatican II" ou
"l’esprit d’Assise". Quand à l’affectation des futurs évêques, elle ne sera
pas strictement géographique, "car nous sommes seulement au service de la
Fraternité, on n’a pas de territoire, car il ne s’agit pas du tout de faire
une Eglise parallèle". Il est toutefois probable, à son avis, que l’Abbé de
Galarreta exercera ses activités en Amérique latine, l’Abbé Williamson aux
Etats-Unis et l’Abbé Tissier de Mallerais et lui-même en Europe. Etant
donné son jeune âge, l’Abbé Fellay estime que ses nouvelles fonctions seront "une charge énorme, surtout dans les circonstances actuelles, mais ma
décision est définitive".
A Ecône, ou la session d’examen de fin d’année des séminaristes a été
quelque peu troublée par les événements de mercredi, Frère Michel relève
que tout le monde est content "que l’on en finisse enfin". Même son de cloche auprès de l’Abbé Lukas Weber, à Villars-sur-Glâne, économe du District
Suisse et responsable du mouvement de jeunesse traditionaliste en Suisse
alémanique, qui relève la nécessité de franchir ce pas pour que Mgr Lefebvre puisse continuer son oeuvre : "Nous sommes derrière lui, nous sommes
dans un certain sens soulagés, bien qu’on eût préféré une autre solution.
L’attente était trop longue, on faisait traîner les choses à Rome sans
qu’il y ait jamais la perspective de solution". L’Abbé Philippe Laguérie, à
Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, relève que l’on n’est "ni déçus ni
soulagés, mais nous continuons notre cap, qui est de maintenir la foi et de
s’en donner les moyens; on est dans la paix". "Nous sommes soulagés parce
que nos oeuvres vont pouvoir continuer à prospérer", souligne-t-il encore,
tout en déplorant que "Rome persécute ceux qui sont fidèles à la foi catholique et au sacerdoce de toujours". A l’instar des autres responsables traditionnalistes, il ne craint pas de perdre des ouailles, "car les nôtres
ont d’abord la foi et ils comprennent parfaitement le sens de notre combat". (apic/be)