Après la mort de Jurg Weis au Salvador (250888)
Zurich, 25août(APIC) Le Secrétariat Amérique centrale (SAC), organisation
à laquelle appartenait le Suisse Jurg Weis, tué lundi au Salvador, dément
que leur membre faisait partie d’une unité militaire de la guérilla. Il repousse la version de l’armée salvadorienne visant à faire croire que Jurg
Weiss a trouvé la mort au cours d’un combat. Le SAC "proteste énergiquement
contre cette version des faits" et enjoint le Département des Affaires
étrangères d’effectuer tout ce qui est en son pouvoir pour faire la vérité
sur la mort de leur compagnon ainsi que sur celle des deux autres civils
trouvés en sa compagnie.
Dans une prise de position du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), il est indiqué que Jurg Weis se trouvait dans cette région,
accompagné de civils de l’endroit pour aller recueillir des témoignages sur
des attaques perpetrées par l’armée gouvernementale dans cette zone. On y
souligne en outre que Jurg Weis effectuait ces enquêtes dans le cadre de
son voyage d’information.
Lors de l’attaque, indique le SAC, deux civils salvadoriens, dont l’un
deux est connu, ont également trouvé la mort, et Jurg Weis n’était pas
armé, contrairement à ce qu’affirme l’armée. Cette version a été confirmée
par la radio indépendante salvadorienne "KL". De plus, ajoute le Secrétariat Amérique centrale, l’affirmation de l’armée salvadorienne, selon laquelle leur membre aurait fait partie d’une unité de guérilla, a été formellement démentie par le FMLN.
Le SAC considère que "ces fausses informations diffusées par les forces
armées gouvernementales font partie de la campagne de désinformation que
ces dernières pratiquent systématiquement". L’objectif de cette campagne,
dit le SAC, est d’"éviter que les étrangers puissent être témoins de la
guerre sale qui sévit au Salvador". L’ organisation relève également que
depuis le mois d’août, ces mêmes forces armées avaient lancé une campagne
massive contre tous les étrangers qui collaborent avec l’opposition. "Elles
avaient indiqué ne pas vouloir prendre de responsabilité concernant les
étrangers qui séjourneraient à l’extérieur de la capitale San Salvador".
(apic/pr)