Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Philippines : L’Eglise inquiète face à la corruption

    Après l’assassinat d’un témoin dans une affaire de jeu d’argent

    Manille, 1er mars 2010 (Apic) Aux Philippines, les jeux clandestins d0argent, les jueteng, surnommés « la loterie des pauvres », sont extrêmement répandus et populaires. Après l’assassinat le 28 février 2010 d’un homme de 54 ans, Wilfredo Mayor, qui était un des cinq témoins que l’archevêque émérite de Lingayen-Dagupan, Mgr Oscar Cruz, dans cette affaire de jeux, l’Eglise du pays est inquiète, annonce Eglises d’Asie, ce 1er mars 2010.

    Le jeu consiste à parier sur deux chiffres de 1 à 37 et le gagnant empoche plusieurs fois sa mise. Fonctionnant parallèlement aux loteries officielles, gérées par la PAGCOR (Philippine Amusement and Gaming Corporation), les jueteng drainent des sommes considérables. En 2001, le président Joseph Estrada fut destitué en partie à cause d’accusations – qu’il a toujours niées – selon lesquelles il aurait reçu des pots-de-vin de la part des « seigneurs des jueteng ». Agé de 75 ans, Mgr Oscar Cruz, qui fut président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines de 1995 à 1999, est connu pour son combat contre ces loteries illégales, qu’il accuse de ruiner les pauvres et de favoriser la corruption. En 2005, il était parvenu à se faire entendre du Sénat, sans pour autant que les jueteng disparaissent ou que leurs parrains soient traduits en justice.

    Immédiatement contacté par les télévisions nationales après l’annonce de l’assassinat de Wilfredo Mayor, Mgr Cruz a révélé que la victime lui avait rendu visite cinq jours avant sa mort pour lui communiquer le nom de plusieurs personnes impliquées dans des affaires de corruption dans la province d’Albay, au sud-est de Manille. L’archevêque a précisé qu’il pouvait identifier deux « personnalités importantes et influentes » qui pourraient être responsables de la mort de Wilfredo Mayor.

    Des personnalités "importantes" impliquées

    Selon la presse philippine, un « contrat » de 1,2 million de pesos (19’300 euros) existait sur la tête de Wilfredo Mayor. Celui-ci, lors des auditions devant le Sénat en 2005, avait révélé qu’il était le gérant, repenti, d’un réseau de jueteng dans la province d’Albay. Il avait affirmé avoir versé des pots-de-vin à des membres de la famille de la présidente Gloria Arroyo, ainsi qu’à des élus et à des hauts fonctionnaires. Plus tard, il s’était toutefois rétracté, ne cachant pas qu’il avait reçu des menaces sur sa vie. Depuis, il vivait chez lui, à Daraga, dans la province d’Albay, où il dirigeait une entreprise de construction.

    Pour Mgr Antonio Tobias, évêque de Novaliches, qui a été impliqué dans la campagne de dénonciation des jueteng menée par Mgr Oscar Cruz, l’audace des commanditaires de l’assassinat de Wilfredo Mayor ne peut que faire craindre pour la sécurité de Mgr Cruz. Son statut d’évêque de l’Eglise catholique fera sans doute réfléchir à deux fois d’éventuels tueurs mais Mgr Cruz s’est exprimé devant des caméras de télévision et il n’a pas caché qu’il était porteur d’informations sensibles. « Je suis inquiet pour lui », a déclaré Mgr Tobias.(apic/eda/js)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus