Le demi canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, en Suisse orientale, veut faire des économies dans le domaine de l'aumônerie hospitalière. Le gouvernement a rejeté un compromis proposé par les Églises. Si le Grand Conseil approuve la suppression des fonds, les Églises devront trouver une solution si elles entendent maintenir leur service d'aumônerie.
Barbara Ludwig, kath.ch / traduction adaptation Maurice Page
En Appenzell Rhodes-Extérieures, qui compte quelque 57’000 habitants et deux hôpitaux principaux, l'Église évangélique réformée et l’Eglise catholique consacrent ensemble environ 311’000 francs par an pour l'aumônerie hospitalière. Jusqu’à présent, le canton participait à ces coûts à hauteur d'environ 152’000 francs, répartis à parts égales entre les deux Églises.
Mais en juin 2025, le gouvernement cantonal a annoncé sa volonté de supprimer cette contribution dan le cadre du programme d'allègement budgétaire, qui sera débattu par le Grand Conseil le 1er décembre.
Proposition de compromis rejetée
Les deux Églises ont présenté une proposition de compromis au canton en acceptant de prendre en charge aumônerie hospitalière pour les 60 % de la population membres d'une des deux Églises cantonales. Le canton aurait quant à lui pris en charge les frais de personnel pour les 40% restants, c'est-à-dire les personnes n’appartenant à aucune Église.
«Nous avons montré au canton que l'aumônerie hospitalière était proposée à toutes les personnes hospitalisées, quelle que soit leur confession, si elles le souhaitaient», a expliqué à kath,ch Clemens Wick, président du Conseil de l'Association des paroisses catholiques romaines. Il serait donc «injuste et illogique» que les membres de l'Église doivent financer totalement l'aumônerie hospitalière pour l'ensemble de la population du canton. Le gouvernement cantonal a cependant refusé cette proposition en arguant de la séparation Eglises-Etat.
Une charge plus importante pour l'Église
Si le Parlement approuve cette mesure d'économie, l'Association des paroisses catholiques devra dépenser deux fois plus pour l'aumônerie hospitalière. Soit environ 150’000 francs par an. «L'aumônerie hospitalière représenterait ainsi à l'avenir environ un tiers des dépenses totales de l'association», dénonce Clemens Dick.
Souvent, les mesures d'austérité ne conduisent pas à des économies, mais seulement à un transfert des coûts, relève-t-il. Si la mesure était acceptée par le parlement, les paroisses devraient verser des contributions plus élevées à l'association. Ce qui pourrait s'avérer difficile, car les paroisses sont elles-mêmes sous pression financière en raison des sorties d’Eglise. Cette situation impliquerait alors de réduire voire de supprimer l’aumônerie dans les hôpitaux. (cath.ch/kath.ch/mp)