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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Le texte contient 67 lignes (max. 75 signes), 763 mots et 4956 signes.

    apic/Zaire/Témoignage

    Campagne de carême en Belgique aussi

    Un membre des groupes Amos de Kinshasa témoigne

    "Au Zaïre, l’heure des prophètes et des martyrs a sonné!" (280296)

    Bruxelles, 28février(APIC) En Belgique comme en France ou en Suisse,

    notamment, des personnalités du tiers monde témoignent dans le cadre des

    diverses Campagnes de Carême. Un moyen pour les chrétiens d’Europe d’être à

    l’écoute des réalités qui se vivent ailleurs. Et si les paysages changent

    d’un endroit à l’autre de l’Afrique à l’Amérique latine, les problèmes sont

    souvent les mêmes, nés du moins des mêmes tares: l’exploitation de l’homme

    par l’homme, les violations des droits de l’homme. La misère.

    Pour lancer en Flandre la Campagne du Carême de Partage, l’association

    "Broederlijk Delen" a donné la parole à des témoins zaïrois, dont l’anthropologue Thierry Nlandu, de l’Université de Kinshasa. Celui-ci n’a pas ménagé ses critiques à l’égard du régime et d’autres adversaires de la démocratie au Zaïre. Mais il a aussi mis en cause les obstacles que chacun doit

    vaincre pour laisser "la foi", "l’espérance" et "la solidarité" triompher

    des peurs du changement.

    "Il ne suffit pas d’analyser la situation au Zaïre. Il nous faut briser

    les liens qui nous emprisonnent et rompre avec le fatalisme ou la résignation. Ca fera mal. Mais l’heure des prophètes a sonné et demain, ce sera

    sans doute l’heure des martyrs. Même s’il y a peu de chances que nos martyrs soient un jour béatifiés par Rome. Car notre Eglise officielle contribue aussi à tisser les filets où nous sommes piégés. Or, nous ne croyons

    pas en un Dieu qui agit à notre place, mais en un Dieu qui agit avec nous.

    C’est un Dieu rebelle et un Dieu libérateur de tout ce qui déshumanise".

    A Kinshasa, Th. Nlandu est membre des groupes Amos, un réseau de groupes

    chrétiens de base, qui jouent un rôle important dans la démocratisation au

    Zaïre. Le président du réseau n’est autre que l’abbé José Mpundu, prêtre de

    l’archidiocèse de Kinshasa, et lauréat l’an dernier du prix de la Paix décerné par le mouvement catholique Pax Christi International.

    Marionnettes et ficelles

    Th. Nlandu a radicalement mis en cause le régime du président Mobutu ainsi

    que les "nombreuses puissances et forces qui maintiennent le peuple zaïrois

    et les citoyens ordinaires dans l’oppression." Il a comparé le drame de son

    pays à un "théâtre de marionnettes" dont "les véritables acteurs tirent les

    ficelles en coulisse". Autrement dit, selon Thierry Nlandu, les principaux

    opposants à la démocratisation du Zaïre ne sont pas "les marionnettes clairement identifiables".

    L’anthropologue cite d’abord comme "marionnette" le président Mobutu,

    qui devrait au plus vite "quitter la scène qu’il a occupée trop longtemps".

    Mais les plus farouches opposants à la démocratie du pays estime le représentant des groupes Amos, sont "les pouvoirs capitalistes et financiers

    anonymes qui, derrière les marionnettes agitées sur la scène, poursuivent

    de façon sournoise leurs propres intérêts et y sacrifient tout un pays,

    voire la moitié d’un continent".

    Parmi les "marionnettes", l’anthropologue range aussi "les arrivistes et

    les profiteurs" qui, dans l’ombre des détenteurs du pouvoir, ne font que

    poursuivre leurs propres intérêts. Il cite encore d’autres "marionnettes,

    amorphes et sans profil": "des professeurs, des militaires et des autorités

    ecclésiastiques qui adoptent une position neutre, ni de gauche ni de droite, dans l’espoir du moins d’assurer leur propre salut". Enfin, il y a des

    marionnettes non négligeables: "La masse des Zaïrois bafoués, des pauvres

    et des personnes sans travail" et "les marionnettes rebelles, qui se révoltent contre leur esclavage de toujours et continuent ensemble à dire non.

    Tous ces gens sont en quête d’une culture de la rébellion constructive et

    solidaire, et partagent une même conviction: ou bien ce sera le salut pour

    tous, ou bien il n’y aura de salut pour personne".

    Des raisons d’espérer

    Aussi dramatique que soit la situation, elle n’est cependant pas sans

    issue, poursuit aussitôt l’invité de Broderlijk Delen. "le moment est venu

    de couper les ficelles" dont se servent les manipulateurs. Par quel moyen?

    "Ensemble, les croyants ont une force dont les puissants ne disposent pas,

    malgré leurs immenses moyens" : "c’est que la foi n’a rien d’un somnifère,

    c’est plutôt une force d’éveil". (apic/cip/pr)

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