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    apic/Zaire/Bukavu/Assassinat de Mgr Munzihirwa

    Encadré

    Le gouvernement rwandais montré du doigt

    Divers observateurs sur place attribuent l’assassinat de l’archevêque de

    Bukavu à un "commando" envoyé depuis Kigali en "expédition punitive", affirme mercredi l’agence de presse catholique CIP à Bruxelles. Ils ont constaté, dans la soirée du 29 octobre, que "des troupes spéciales venues du

    Rwanda" avaient franchi la frontière du Zaïre en direction de Bukavu.

    Selon CIP, il semble difficile à ces observateurs de ne pas mettre l’assassinat de l’évêque en relation avec ses prises de position répétées, depuis deux ans pour "défendre le sort aussi bien des Hutus que des Tutsis",

    non sans montrer du doigt le régime rwandais actuel de Kigali. (apic/cipbe)

    Encadré

    "On nous récompense avec des bombes"

    Trois jours avant sa mort, le 26 octobre dernier, l’archevêque qui était

    aussi modérateur du Mouvement pour la Défense du Kivu, avait signé à Bukavu

    un appel "pour la paix", demandant aux gouvernements rwandais et burundais

    de "régler leurs problèmes internes chez eux et de ne pas les exporter" au

    Zaïre, et aux Tutsis du Rwanda de "ne pas cracher dans le puits où ils ont

    bu".

    Hélas, constatait déjà l’archevêque, ces réfugiés "maintes fois accueillis" au Zaïre "nous récompensent par des bombes". Le comble est que les

    Tutsis au pouvoir au Rwanda et au Burundi dipsosent de "lobbies internationaux" qui ne cessent "d’organiser la désinformation dans le but de tromper

    l’opinion internationale", affirmait-il alors.

    L’appel signé par Mgr Munzihirwa s’adressait aussi au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, le suppliant de "revoir sa décision concernant la levée de l’embargo sur les armes pour le Rwanda", et se tournait vers le Haut

    Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés, lui demandant d’organiser un rapatriement rapide et de créer des couloirs humanitaires sous protection internationale.

    Enfin, le gouvernement zaïrois était interpellé sur son devoir impérieux

    de garantir la sécurité du territoire. Protestant contre la guerre au Kivu,

    le modérateur du mouvement pour la Défense des habitants de la région s’indignait dans un double constat: "Le Kivu devient un déversoir des problèmes

    créés par le Rwanda et le Burundi dans la sous-région des Grands Lacs. Ils

    nous ont d’abord envoyé de 1959 à 1962 des réfugiés Tutsis, que nous avons

    accueillis. Ils nous ont ensuite envoyé en 1994, premièrement des réfugiés

    Tutsis, et deuxièmement une grande masse des réfugiés Hutus, que nous avons

    aussi accueillis et dont les gouvernements refusent le retour dans leur patrie. Et comme si cela ne suffisait pas, les gouvernements de Kigali et de

    Bujumbura envoient aujourd’hui une armée au Zaïre, non seulement pour exterminer leurs concitoyens Hutus dans les camps, mais aussi pour nous massacrer, nous qui les avons accueillis".

    "Nous constatons que le Rwanda et le Burundi agressent le Zaïre juste

    après la levée par le Conseil de sécurité des Nations-Unies de l’embargo

    sur les armes destinées au Rwanda. Nous, les nombreuses et diverses tribus

    qui avons toujours cohabité dans la paix et l’harmonie au Kivu, nous nous

    trouvons maintenant menacées par une guerre à nous imposée par les étrangers, qui ont armé des mercenaires de toute sorte pour s’assurer une hégémonie dans notre région. Et cela est baptisé ’guerre tribale, interne au

    Zaïre’, par le groupe qui se dit "Banya-Mulenge" !" (apic/cip/be)

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