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    apic/Vietnam/Nominations épiscopales bloquées

    Vietnam: Les nominations épiscopales toujours bloquées (030397)

    Le statu quo voulu par le gouvernement se prolonge

    Hanoï, 3mars(APIC) Le statu quo se prolonge pour les nominations épiscopales au Vietnam. Le gouvernement bloque une situation qui semble s’éterniser. Aucun des problèmes posés par la délégation en visite au Vietnam en

    octobre dernier n’a pour l’heure trouvé réponse. Selon "Eglises d’Asie"

    (EdA), le Vatican attend toujours une lettre de Hanoï.

    Dans une lettre envoyée au chef du gouvernement en octobre 1995 déjà,

    les évêques du Vietnam avaient demandé au gouvernement de les aider à rajeunir et compléter leurs effectifs. Rien n’a changé depuis.

    Aucun des problèmes posés aux différents diocèses par la mort de son titulaire ou son incapacité à assumer sa tâche n’est aujourd’hui en passe de

    recevoir une solution, le gouvernement semblant vouloir bloquer toutes les

    situations. Même les nominations des coadjuteurs pour les diocèses de Nha

    Trang et de Buôn Ma Thuôt, qui avaient reçu l’accord des autorités lors de

    la visite au Vietnam d’une délégation du Vatican, à la mi-octobre 1996,

    n’ont pas été jusqu’ici rendues effectives. Le Vatican attendrait toujours

    une lettre du gouvernement vietnamien confirmant la promesse faite à la délégation.

    Selon EdA, on note une volonté d’immobilisme bien plus grande encore

    dans le cas du diocèse de Hô Chi Minh-Ville, confié depuis août 1993 à un

    administrateur apostolique, Mgr Huynh Van Nghi, évêque de Phan Thiêt, nomination refusée avec obstination par le Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville. En mars 1996, un document du gouvernement adressé aux prêtres et fidèles catholiques précisait même que le refus du Vietnam était définitif. Le

    chef de la délégation du Saint-Siège en visite à Hanoï en octobre dernier

    avait fait part aux fonctionnaires des Affaires Religieuses de la décision

    de Rome de nommer un nouvel archevêque et proposé un autre nom que celui de

    Mgr Huynh Van Nghi.

    "En prolongeant la lutte, on gagne la bataille"

    Des informateurs avaient rapporté à l’époque que, du côté vietnamien, on

    avait promis d’étudier cette proposition et de donner une réponse rapide.

    Le Saint-Siège ne l’a toujours pas reçue. On laisse entendre de source

    vietnamienne que les autorités vietnamiennes jugeraient trop peu souple

    l’attitude adoptée jusqu’ici à leur égard par le candidat de Rome.

    Pourquoi ce bras de fer qui n’en finit pas, imposé par Hanoï à la diplomatie vaticane? Certains anciens analystes de la stratégie militaire du

    Parti Communiste vietnamien y voient l’illustration d’un principe souvent

    appliqué durant la guerre et lors des négociations d’armistice ou de paix

    avec ses différents adversaires: "En prolongeant la lutte, on gagne la bataille".

    D’autres observateurs se demandent s’il ne faudrait pas voir là un début d’alignement de la politique religieuse du Vietnam sur celle de la Chine. Depuis le début de l’affaire de l’administrateur apostolique de Hô Chi

    Minh-Ville, qui dure depuis bientôt quatre ans, on a pu remarquer l’insistance des autorités à rappeler le principe de souveraineté nationale. Ce

    soupçon s’est renforcé récemment lorsqu’on a eu connaissance d’un voyage

    d’étude effectué en Chine par des fonctionnaires des Affaires religieuses,

    qui ont observé là-bas la manière de faire de leurs collègues chinois.

    Cet immobilisme s’accompagne depuis quelque temps du retour d’un contrôle tâtillon sur les activités de l’Eglise, particulièrement depuis le 8e

    Congrès du mois de juillet. A son retour de Rome, le 18 décembre dernier,

    le cardinal Pham Dinh Tung a fait l’objet d’une fouille serrée, et ses bagages ont été passés au peigne fin, malgré son passeport diplomatique. Au

    Sud, l’édification d’un centre de pèlerinages à Bai-Dâu, dans le diocèse de

    Xuan-Lôc, se heurte à tant d’obstacles administratifs que les travaux sont

    aujourd’hui pratiquement interrompus. (apic/cip/eda/fs/pr)

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