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    apic/Usa/ excommunication

    Etats-Unis: un décret d’excommunication sème la confusion (160496)

    Trois évêques appartiennent à "Call to Action"

    Kansas, 16avril(APIC) En sommant les membres d’associations qu’il juge

    suspectes de quitter celles-ci sous peine d’excommunication, Mgr Bruskewitz, évêque de Lincoln, dans le Nebraska, aux Etats-Unis a levé un fameux

    lièvre. Trois de ses confrères ont avoué appartenir à l’une des organisations mise en cause, "Call to Action".

    C’est le 19 mars dernier que Mgr Fabian Bruskewitz a invité les fidèles

    à quitter les organisations "qui ne cessent de mettre en danger la foi catholique et qui sont le plus souvent en totale contradiction avec celleci". L’évêque leur donnait jusqu’au 15 avril pour se mettre au clair, sous

    peine de n’être plus admis à la communion, et de les quitter jusqu’au 15

    mai avant d’encourir l’excommunication.

    L’intention de Mgr Bruskewitz n’était pas de sanctionner des personnes,

    mais de les rappeler à l’ordre "en leur disant clairement la position de

    l’Eglise" à l’égard de groupes "dangereux pour la foi catholique", avait

    expliqué Mgr Timothy Thorburn, chancelier de l’évêché de Lincoln. Les personnes concernées "peuvent toujours se pourvoir en appel auprès du pape,

    seul habilité à suspendre la décision de Mgr Bruskewitz", avait-il ajouté.

    L’embarras des évêques

    Parmi les "âmes égarées" figurent au moins trois évêques et plus de

    5’000 prêtres, religieux et religieuses membres du groupe "Call to Action"

    (Appel à l’action), révèle l’hebdomadaire "The National Catholic Reporter".

    "Un groupe merveilleux de gens préoccupés de justice sociale dans l’Eglise

    et dans la société", a confié au journal Mgr Raymond Lucker, évêque de New

    Ulm, qui ne cache pas qu’il est membre de l’association.

    "Je ne pense pas que couper les membres de "Call to Action" de la

    communauté catholique soit opportun", a déclaré de son côté le cardinal

    Joseph Bernardin, archevêque de Chicago. Bien qu’il admette que les prises

    de position publiques de l’organisation "sèment la confusion" et

    "engendrent des tensions au sein de la communauté catholique", le cardinal

    a choisi d’utiliser avec eux "les pouvoirs de la persuasion morale et du

    dialogue sur des thèmes spécifiques".

    La mise en demeure de l’évêque de Lincoln apparaît à beaucoup pour le

    moins intempestive. C’est le genre d’initiative qui embarrasse les évêques,

    commente le P. Thomas Reese, jésuite, ancien professeur à l’Institut Théologique de Woodstock (Washington). Certains vont interpeller leur évêque

    pour lui demander s’il a l’intention d’excommunier les membres des organisations suspectes "et sinon pourquoi". Tous les évêques vont aussi être

    amenés à se demander comment ils vont agir avec Mgr Bruskewitz. "S’il n’y a

    pas de directives des autres évêques, c’est tout simplement parce qu’ils ne

    lavent pas leur linge sale en public", observe le P. Reese.

    Mgr Kenneth Untener, évêque de Saginaw (Michigan), confirme: l’initiative de son confrère de Lincoln "pose un problème de crédibilité" et place

    les autres évêques dans une situation délicate. Jay Dolan, professeur

    d’histoire à l’Université Notre-Dame, décrit Mgr Bruskewitz, un homme de 60

    ans, comme "un exemple extrême d’une nouvelle génération d’évêques" qui

    veulent tout régenter "en étouffant toute discussion ou débat". C’est "un

    recul de 200 ans", dit-il.

    Mgr Bruskewitz, qui a reçu un fort soutien des milieux conservateurs,

    vise douze associations. Outre "Call to Action", qui réclame l’accès des

    femmes au sacerdoce ministériel et l’abolition du célibat obligatoire pour

    les prêtres, on trouve parmi celles-ci "Planned Parenthood" et "Catholics

    for un Free Choice", toutes deux favorables à la légalisation de l’avortement, la "Hemlock Society", qui préconise une aide médicale au suicide dans

    certains cas, mais aussi des mouvements traditionalistes comme la "Society

    of Saint Pie X" et la "Saint Michael the Archangel Chapel", ou encore les

    "Job’s Daughters" et les "Rainbow Girls", qui soutiennent la franc-maçonnerie. (apic/cip/mg/mp)

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