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    apic/USA / coalition chrétienne

    Etats-Unis: Eglises et élections (311096)

    Quand les chrétiens conservateurs s’en mêlent

    New York, 31octobre (APIC/SPP) La "Coalition chrétienne" de Pat Robertson

    entend bien peser de tout son poids sur l’élection présidentielle américaine. Fondée il y a une quinzaine d’années, cette coalition est l’instrument

    de combat des chrétiens les plus conservateurs. Ses membres se recrutent

    principalement dans les Eglises conservatrices, mais aussi dans les Eglises

    historiques. Le cheval de bataille de la "Coalition chrétienne" est la défense des valeurs familiales.

    La libéralisation de l’avortement, le divorce à l’amiable, la pornographie, mais aussi la sécurité sociale et l’aide aux familles monoparentales

    sont dans son collimateur. "L’assistance n’est pas du ressort de l’Etat,

    commente le professeur baptiste Roger Nicole, d’Orlando. Les lois sont telles dans notre pays que l’assistance sépare les familles, ce qui est un

    crime: le père a avantage à quitter la maison pour que le reste de la famille touche les allocations." Au-delà de cet argument souvent entendu,

    certains n’hésitent pas à penser que, si l’aide caritative des Eglises est

    essentielle, une politique de sécurité sociale empêche les pauvres de prendre conscience de leur misère et de se convertir.

    Une théologie millénariste imprègne l’action de la "Coalition chrétienne". L’attente de la grande bataille d’Armaguédon renforce encore la démonisation de la société propre à certaines sphères évangéliques. Avec l’effondrement du bloc communiste, il a fallu trouver un nouvel "ennemi", théologiens et stratèges de droite n’ont pas fini de s’interroger. Dégradation

    de la situation sociale et dévaluation des valeurs familiales à l’intérieur, enlisement du processus de paix au Moyen-Orient sur le plan international peuvent apparaître comme des circonstances propices au déclenchement de

    la "bataille finale".

    Sur le plan intérieur, la campagne contre le "laxisme" sexuel, l’homosexualité, la pornographie, le divorce, l’avortement, a fini par créer un

    climat pesant, qui n’est pas sans évoquer l’intégrisme. En revanche, le libre port d’arme, le libéralisme sauvage et le recours à la peine de mort ne

    semblent pas poser problème pour cette droite.

    Poussée à gauche

    L’aile progressiste des Eglises a mis longtemps à s’organiser. Son plus

    grand organisme, l’"Interfaith Alliance" ne date que de deux ans. Créé par

    Al Pennybaker, du Siège du Conseil national des Eglises (NCC), il regroupe

    une centaine d’organismes locaux. Il collabore avec les différents mouvements chrétiens et israélites qui rêvent d’une autre société.

    Mais les Eglises historiques ont d’abord à lutter au plan interne. Quasiment toutes souffrent d’une importante hémorragie de leurs membres, donc

    de leurs rentrées financières. Catholique ou issues de la Réforme, les

    Eglises progressistes se situent sur un terrain miné en oeuvrant à une société qui vise la solidarité et le respect des minorités. Leurs prises de

    position entraînent de violentes tensions intérieures qui leur coûtent

    cher. Lorsqu’une d’Eglise soutient aujourd’hui le libre choix de l’avortement, l’intégration raciale, la limitation du port d’armes ou le statut des

    homosexuels, elle le fait au prix de départs ou du blocage de l’institution

    par l’affrontement entre adversaires.

    Même si la coalition chétienne n’a plus l’allié millénariste qu’était le

    président Reagan, elle est présente à tous les niveaux de l’Etat. Face aux

    mauvais scores de l’équipe républicaine, ressentie à la fois comme vieillotte et pas assez conservatrice, elle a probablement contribué à pousser

    Clinton vers l’"extrême centre" où se situe la majorité des électeurs.

    Miroir de la société

    Près d’un Américain sur deux se déclare membre d’une Eglise. Il n’est

    pas étonnant dès lors que les multiples Eglises reproduisent les stéréotypes de la société américaine, une société d’une complexité sans égal, et en

    perpétuelle mutation. Le fait que les Eglises conservatrices recrutent

    leurs membres surtout parmi les blancs socialement intégrés leur donne une

    force et une cohésion évidente. L’Eglise catholique retrouve, avec la nouvelle immigration d’origine latine, une certaine cohésion entre son clergé

    plutôt progressiste et sa base. Quant aux grandes Eglises de la Réforme,

    elles risquent toujours le porte-à-faux entre leurs prises de position et

    une base plutot bien établie. "Aux USA, on s’attaque rarement de front aux

    problèmes, soupire Hunter Farrell, du siège de l’Eglise presbytérienne, à

    Louisville. On croit toujours qu’on peut partir vers "l’Ouest" ou se réfugier dans l’hyperréalité à la Walt Disney. Dès lors, il faut faire preuve

    d’une grande confiance pour croire que la Bible peut être le ferment d’une

    société américaine plus juste." (apic/spp/daniel saugy/mp)

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