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    apic/Uniates/ béatification

    Rome: Le pape proclame dimanche 16 nouveaux bienheureux (031096)

    Treize uniates polonais tués par l’armée du tsar

    Rome, 3octobre (APIC) En béatifiant dimanche treize martyrs uniates polonais, le pape Jean Paul II n’hésite pas à poser un geste hautement politique. Les martyrs de Pratulin furent tués en 1875 lors de la dissolution par

    le tsar Alexandre II du dernier diocèse gréco-catholique de Poldachie, une

    région alors sous domination russe. Deux religieuses, une polonaise l’autre

    espagnole ainsi qu’un religieux irlandais seront également béatifiés dimanche.

    Le diocèse de Chelm, aujourd’hui à la frontière entre la Pologne et

    l’Ukraine était rattaché depuis l’Union de Brest Litovsk en 1596 à l’Eglise

    romaine. Lors du partage de la Pologne, ce territoire échu aux Russes. Le

    tsar Alexandre II décida alors de réintégrer dans l’orthodoxie russe les

    120 paroisses gréco-catholiques du diocèse.

    Le 24 janvier 1874, les troupes russes arrivèrent à Pratulin, dont le

    curé avait déjà été renvoyé par les autorités à cause de sa fidélité à Rome. Ne pouvant persuader les fidèles de renoncer à leur fidélité au pape ni

    par des menaces, ni par des promesses, les soldats reçurent l’ordre de tirer sur la foule. Les uniates s’agenouillèrent alors dans le cimetière près

    de l’Eglise et se préparèrent en priant et en chantant à donner leur vie

    pour leur foi. Vincent Lewoniuk, 25 ans, marié, mourut le premier. Avec lui

    furent tués douze paysans âgés de 19 à 50 ans.

    Malgré ce sacrifice, ce diocèse uniate fut officiellement aboli en 1875,

    ce qui entraîna emprisonnements, déportations en Sibérie et condamnations à

    mort, jusqu’au rétablissement de la liberté religieuse par le tsar Nicolas

    II en 1905. Vincent Lewoniuk et ses compagnons sont vénérées comme des modèles de foi et d’amour envers l’Eglise et le pape: Ils préfigurent en

    quelque sorte les martyrs de l’époque stalinienne, lors de la suppression

    des Eglises uniates à la fin des années 40.

    Ces béatifications, 400 ans exactement après le traité d’Union de Brest

    et à l’heure où les tensions restent souvent vives entre gréco-catholiques

    et orthodoxes risquent fort de susciter des réactions négatives du côté du

    patriarcat de Moscou. Mais Jean Paul II tient à honorer la mémoire des victimes comme il tient à encourager l’Eglise gréco-catholique ressurgie de la

    clandestinité à la fin des années 80.

    Le renouveau moral de la Pologne

    Marcelina Darowska (1827-1911), autre béatifiée polonaise de dimanche

    incarne le renouveau moral de la Pologne au XIXe siècle. Née en Ukraine,

    elle passa son enfance dans la ferme de ses parents. Mariée pour obéir à

    son père, elle interpréta la mort de son mari et d’un enfant, après trois

    ans de bonheur familial, comme une invitation à se tourner vers la vie religieuse.

    En 1854, à Rome, le Père Hiernim Kajsiewicz, de la Congrégation de la

    Résurrection, la mit en contact avec Josefa Karska, une autre Polonaise.

    Elle s’associa à leur projet de fonder une congrégation vouée à la formation des jeunes filles pour être le levain d’un renouveau moral de la Pologne. Une communauté commença vraiment à prendre forme en 1857 à Rome, puis

    se transporta en Pologne, où elle fut à l’origine de nombreuses fondations

    d’écoles. Les religieuses reçurent le nom de Soeurs de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie.

    Frères Chrétiens au service des enfants pauvres

    Autre béatifié de dimanche, l’Irlandais Edmond Ignace Rice (1762-1844)

    et également fondateur d’une congrégation. Il fut élevé dans la foi catholique malgré le poids de la législation répressive que les protestants anglais imposaient alors à l’Irlande. Devenu veuf peu après son mariage et

    père d’une une petite fille, il se mit au service des pauvres, des jeunes,

    des personnes âgées et des prisonniers.

    A 40 ans, malgré son attrait pour une vie plus contemplative, il ouvrit

    une première école, où le rejoignirent peu à peu six compagnons qui, en

    1808, prononcèrent leurs voeux religieux. Premier Supérieur général de ce

    qu’on nommera la Congrégation des Frères Chrétiens, Edmond Ignace Rice fut

    en butte à de nombreuses difficultés: santé défaillante, besoins d’argent,

    pénuries et épidémies de peste. Sa congrégation compte aujourd’hui deux

    mille frères dans le monde entier.

    Franciscaine missionnaire

    Maria Ana Mogas Fontcuberta (1827-1886) est une religieuse espagnole

    fondatrice des Franciscaines missionnaires de la Mère du divin Pasteur.

    Elevée dans une famille profondément chrétienne, mais très vite orpheline,

    elle se joignit en 1850 à deux religieuses capucines désirant se consacrer

    à l’éducation des enfants.

    La petite communauté se développa rapidement et s’étendit en Catalogne

    et en Castille. Les Franciscaines de la Mère du Divin Pasteur s’efforcent

    de perpétuer aujourd’hui l’esprit de charité, d’humilité et de sacrifice

    qui caractérisait leur fondatrice. (apic/imed/mp)

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