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    apic/Tour de France/Vierge(Distance des évêques

    "Tour de France de la Vierge": L’épiscopat prend ses distances (020796)

    Note du Conseil permanent des évêques français

    Paris, 2 juillet 1996 L’épiscopat français prend ses distances avec le

    "Tour de France de la Vierge Marie" qui sillonne actuellement les routes de

    l’hexagone. Dans une note, le Conseil permanent de l’épiscopat dit s’inquiéter de certains aspects pastoraux, financiers et spirituels de l’opération mise sur pied par la "Confrérie Notre-Dame de France".

    La mise au point survient après le lancement, par la Confrérie créée par

    deux laïcs, Edmond Fricotaux et Olivier Bonnassies, de deux nouveaux projets: étendre au monde entier ce type de pèlerinage et appeler les catholiques de France à se mobiliser pour la venue de Jean-Paul II à Reims le 22

    septembre pour le 15e centenaire du baptême de Clovis.

    C’est le 8 septembre dernier que les 108 statues de la Vierge ont pris

    le départ au Puy pour un "Tour de France" d’une année, avant de sillonner

    l’Europe et d’entamer ensuite un tour du monde qui se terminerait le 24 décembre 1999 à Bethléem. Une "initiative privée", avait déjà fait savoir à

    l’époque le Conseil permanent de l’épiscopat devant une initiative pourtant

    accueillie avec sympathie par certains évêques, tel Mgr Brincard (Le Puy),

    qui avait présidé une cérémonie d’envoi sur le parvis de sa cathédrale.

    Comme une armée en ordre de bataille

    Le titre du premier projet: "Accueillir le Saint-Père à Reims", donne à

    penser que ses promoteurs auraient reçu mandat pour prendre en charge cet

    accueil, "ce qui est évidemment inexact", précise la note du Conseil permanent de l’épiscopat. Par ailleurs, l’organisation de rencontre de prières à

    l’occasion de déplacements de statues est légitime, mais à condition que

    ses promoteurs ne cherchent pas à l’imposer partout à tout prix. "Il est

    regrettable, précise le Conseil, que des prêtres et des laïcs aient été

    littéralement harcelés parce qu’ils émettaient des réserves à l’égard de

    l’opération "Vierges Pèlerines", par exemple au sujet de l’utilisation de

    tel ou tel lieu de culte. Il est arrivé en maintes occasions que la venue

    d’une Vierge pèlerine provoque des tensions et même des divisions dans des

    communautés paroissiales".

    La note de l’épiscopat s’étonne que "des personnes n’ayant reçu aucune

    mission" entreprennent de faire, sans contrôle ecclésial, des collectes importantes auprès des catholiques (précision: le coût des deux projets de

    1996 est chiffré à 3 et 4 millions de francs français). Il juge "plus que

    discutable" le langage spirituel utilisé pour promouvoir ces projets et recueillir l’argent: l’appel à la piété populaire, écrit-il, ne légitime pas

    des expressions comme "Faire donner Marie, comme une armée en ordre de bataille".

    Divergences épiscopales

    La note du Conseil permanent invite tous les évêques au discernement: il

    appartient à chacun d’entre eux "d’éclairer - par les moyens qu’il jugera

    les plus adaptés - les catholiques de son diocèse, de telle sorte qu’ils

    puissent porter un jugement aussi objectif que possible sur les projets qui

    leur sont proposés, et conserver une totale liberté d’action".

    A Reims, l’archevêque, Mgr Gérard Defois, a déjà pris les devants: il a

    interdit aux "Vierges" l’accès à la célébration papale. La "Confrérie Notre-Dame de France" n’en a pas moins décidé une marche Paris-Reims du 16 au

    20 septembre. Et elle lance une campagne de "consécrations" (signatures),

    afin de manifester au pape "la réponse de la France" à son appel de 1981:

    "Fille aînée de l’Eglise, qu’as-tu fait de ton baptême ?"

    En revanche, il n’échappe à personne que si le Conseil permanent prend

    ses distances, c’est que certains évêques, en revanche, voient l’opération

    d’un bon oeil. L’unité au sein de l’Eglise de France est donc un des enjeux

    du discernement. Au départ de l’opération, le P. Drouilly, provincial des

    Maristes, soulignait déjà à propos de cette initiative "désolante" la "fragilité de la communication épiscopale". De même, le théologien Henri Denis

    regrettait dans le courrier de "Témoignage chrétien" que l’épiscopat français "ne soit pas assez unanime pour empêcher quelques évêques de se ridiculiser, sans parler d’un peuple qu’on abuse".

    Les "Vierges pèlerines"

    Rappelons que 108 statues transportées chacune dans une "mammamobile" de

    verre remorquée par une voiture sillonne actuellement les routes de l’Hexagone. L’opéartion est connue sous le nom de "projet Fricoteaux". Le tour de

    France s’achèvera dans la petite paroisse de Baillet-en- Francenon, loin de

    Paris le 8 décembre, jour de la fête de l’Immaculée Conception. D’ici là,

    108 bénévoles, au volant de voitures fournies par Peugeot, auront visité

    les 99 diocèses catholiques de France. (apic/cip/pr)

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