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    apic/Thonon-les-Bains/Journées d’études/Journalistes chrétiens

    Thonon-les-Bains:IIe Journées d’études François de Sales(240197)

    Métiers de presse et convictions spirituelles:

    "une presse pour déchiffrer, résister, espérer"

    Thonon-les-Bains, 24janvier (APIC) Plus de 200 professionnels catholiques

    des médias, essentiellement français, mais aussi suisses, belges et italiens, se sont retrouvés les 23 et 24 janvier à Thonon-les-Bains, au bord

    du Lac Léman, pour les IIe Journées d’études François de Sales sur le thème

    "Une presse pour déchiffrer, résister, espérer". La réflexion critique, une

    nécessité vitale à une époque où le conformisme et la "pensée unique" représentent désormais l’un des plus graves dangers pour la presse.

    Des éditeurs, des cadres de presse et des journalistes avaient répondu à

    l’invitation de la Fédération Française de la Presse Catholique (FFPC), de

    l’Université catholique de Lyon et du diocèse d’Annecy. Ils ont réfléchi

    deux jours durant sur le métier qu’ils font et les convictions spirituelles

    qui sont à la base de leur engagement.

    Dans une époque sans cesse changeante, où la communication électronique

    régit souvent les rapports entre les hommes, les journalistes ne peuvent

    pas ne pas s’interroger sur le statut de la parole et sur le rôle des médias. Marc Lecarpentier, rédacteur en chef de Télérama, a relevé que le

    flux de l’information suit la même voie que le commerce de la drogue: récolte du produit de base, acheminement, traitement et commercialisation. A

    chaque étape, il s’agit de déchiffrer - ou de défricher -, c’est-à-dire de

    faire le tri entre le juste et le faux.

    Sus au conformisme de la "pensée unique"

    Confrontrés à une triple contrainte - que Daniel Bougnoux, professeur en

    sciences de la communication à l’Université de Grenoble III, résume en

    trois mots: l’urgent, les gens, l’argent -, le professionnel des médias est

    constamment à la recherche d’un équilibre difficile. Après "déchiffrer", le

    deuxième mot-clef est celui de "résister". Pas tant aux éventuelles

    pressions politiques ou économiques qu’à celle du conformisme de la "pensée

    unique", de ses préjugés personnels, de la tentation du désabusement et du

    cynisme.

    "Résister" signifie étymologiquement s’arrêter, faire halte, refuser de

    marcher au pas, a d’ailleurs souligné François Gross, ancien rédacteur en

    chef du quotidien fribourgeois "La Liberté". Pour cela, a-t-il poursuivi,

    il faut être capable de mettre ses réflexes en question. La capacité d’autodérision est en outre une garantie de sérieux. Mais ce recul va à contrecourant du "tout sur tout, tout de suite" qui est la règle de l’audio-visuel, constate l’enseignant de l’Intitut de journalisme de l’Université de

    Fribourg. Le doute, a-t-il finalement lancé, est un "pilier fondamental de

    la résistance".

    "Journalistes, nous sommes heureux de l’être", ont constaté presque unanimes les participants. Et nombreux de revendiquer, comme F. Gross, une

    place plus grande pour l’humour et la dérision... qui semblent un peu manquer à la presse catholique.

    Poser sur le monde un regard d’espérance

    Le troisième axe de réflexion, "espérer", apportait sans doute une note

    plus spécifiquement chrétienne aux débats. Un chrétien, a fortiori un journaliste, doit poser sur le monde un regard d’espérance. Il n’y a pas de vie

    sans espoir, a rappelé Mgr Jacques Delaporte, archevêque de Cambrai et président de la Commission française "Justice et Paix". "Le chrétien prend au

    sérieux l’obstacle de la mort pour dire qu’il s’agit d’un passage vers une

    vie nouvelle. L’espérance augmente la valeur de la vie". Une pierre que les

    journalistes chrétiens sont appelés à apporter au chantier de l’information.

    Parmi les nombreux intervenants dans les ateliers de réflexion, Roger de

    Diesbach, rédacteur en chef de "La Liberté", a lui aussi abordé la question

    de la - ou plutôt des - "pensées uniques". Le peuple a besoin de certitudes, dit-on. Certes, mais la réalité est souvent si complexe. Que n’a-t-on

    pas fait, par exemple, sous l’idée d’aider le tiers monde; quelles compromissions n’a-t-on pas tolérées avec le prétexte: "Si nous ne l’avions pas

    fait, d’autres l’auraient fait!".

    C’est encore la "pensée unique" qui a, par ex., imposé la guerre du Golfe. Les médias sont eux aussi les acteurs de cette "pensée unique", soit

    comme des mégaphones, soit au contraire en pratiquant l’autocensure. Les

    journalistes n’ont de légitimité que s’ils contribuent à la transparence.

    Mais dans cette tâche, a-t-il conclu, un maître-mot reste le doute. (apicmp/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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