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    apic/Tensions Albanie/Eglise

    Tirana: tensions entre l’Eglise orthodoxe d’Albanie et le gouvernement

    Vers une expulsion de l’archevêque Anastasios? (161094)

    Tirana, 14octobre(APIC) Le primat de l’Eglise orthodoxe d’Albanie, l’archevêque Anastasios, s’est déclaré surpris de la déclaration du président

    Sali Berisha, selon qui "la nomination de l’archevêque n’est que "temporaire". Des rumeurs font également allusion à une menace d’expulsion de l’archevêque. Le gouvernement grec a confirmé le 13 octobre que l’archevêque

    Anastasios était soumis à des pressions pour qu’il quitte l’Albanie, sans

    préciser toutefois l’origine de ces pressions.

    Lors d’une conférence de presse tenue le 10 octobre, le président Berisha relevait que "Sa Béatitude ne resterait que temporairment à la tête de

    l’Eglise", ainsi qu’il l’a répété à plusieurs reprises.

    L’archevêque Anastasios, qui est grec, semble être la victime du sentiment anti-grec qui règne dans certains milieux en Albanie. La tension entre

    les deux pays est montée d’un cran ces derniers mois, principalement en

    raison de controverses sur le traitement réservé aux minorités ethniques.

    Le mois dernier, à Tirana, capitale de l’Albanie, cinq Albanais d’origine grecque ont été condamnés à des peines de prison allant jusqu’à huit

    ans, à la suite d’accusations d’espionnage au profit de la Grèce et de possession illégale d’armes. Certaines pressions ont été exercées, sans résultat, à Tirana, pour que ces personnes soient exécutées. Le gouvernement

    grec a protesté vigoureusement contre la décision du tribunal albanais.

    30’000 Albanais vivant illégalement en Grèce avaient ensuite été expulsés

    par Athènes.

    Dans une déclaration publique faite le 11 octobre, l’archevêque Anastasios a déclaré que le président Berisha avait en plusieurs occasions reconnu clairement la validité de sa nomination.

    "Après mon élection le 30 juin 1992, j’ai rencontré le président de la

    démocratie albanaise, M. Sali Berisha, et il m’a fait entendre très clairement que mon élection était acceptée avec plaisir. Il a par ailleurs donné

    les même assurances à la délégation officielle du Patriarcat oecuménique

    qui a rencontré le président le 4 juillet 1992", a rappelé l’archevêque

    Anastasios.

    Liberté religieuse remise en cause?

    "Il n’a jamais été question d’un statut temporaire, a dit l’archevêque

    Anastasios. Ce n’est qu’après l’apparition de tensions entre la Grèce et

    l’Albanie, que l’on a commencé à parler d’un statut provisoire. J’ai été

    amené à affirmer publiquement que nous étions tous temporaires, où que nous

    soyons, et que je luttais pour que l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Albanie

    puisse avoir, dès que possible, des cadres qui seraient capables de reprendre le flambeau."

    L’archevêque Anastasios a aussi relevé que "dans un Etat qui déclare

    respecter pleinement la liberté religieuse, les décisions finales sur ce

    sujet reviennent aux orthodoxes d’Albanie et ne peuvent être imposées automatiquement par des règlements d’Etat".

    L’Eglise orthodoxe autocéphale d’Albanie, avec les Albanais de souche,

    comprend des croyants orthodoxes grecs et d’autres origines.

    La menace faite à l’archevêque est le dernier acte d’une série de problèmes auxquels l’Eglise se voit confrontée. En juin de cette année, les

    conseils directeurs de l’Eglise ont déploré publiquement "les étranges restrictions à la liberté religieuse qui nous sont imposées".

    Les Conseils se sont plaints que de nombreux biens, entre autres le monastère d’Ardenica, "lieu le plus sacré" de l’Albanie, pris à l’Eglise sous

    le régime communiste, n’aient toujours pas été restitués à l’Eglise.

    Le 13 octobre, George Tsetsis, représentant permanent du Patriarcat oecuménique auprès du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève, a déclaré à l’agence ENI que "toute crise qui verrait l’expulsion d’un archevêque élu canoniquement aggraverait les difficultés d’une Eglise qui a souffert le martyre sous un régime athée impitoyable, et cela à l’heure où

    l’Eglise commençait à revivre et à entamer sa mission pour le bien-être du

    peuple albanais".

    Elizabeth Salter, de la Commission des Eglises pour les affaires internationales du COE, a rappelé qu’"à la fin du régime communiste, il n’y

    avait plus que six prêtres orthodoxes en Albanie. L’archevêque Anastasios a

    été nommé pour aider à rétablir l’Eglise, soutenu en cela par le COE. Il a

    conduit l’Eglise à l’adhésion au COE, qui a été officialisée en janvier de

    cette année lors de la réunion du Comité central à Johannesburg". (apiceni/pr)

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