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    Etre jeune et consacrer sa vie à Dieu

    APIC - témoignage (170388)

    Le journaliste Marc Aellen chez les "Focolari"

    Loppiano, 17mars(APIC) Jeune rédacteur au "Courrier," à Genève, Marc Aellen a quitté sa ville et un travail qui lui donnait satisfaction pour consacrer sa vie au mouvement des "Focolari". L’Agence APIC l’a rencontré en

    Toscane, à Loppiano, près de Florence, au Centre de formation international

    du mouvement des Focolari, un mouvement laïc et oecuménique fondé en 1943

    dans la ville de Trente par Chiara Lubich, et qui est implanté dans 146

    pays du monde. Marc Aellen nous explique ses motivations, la spiritualité

    de son mouvement (la vocation de tout homme à la sainteté) et son organisation.

    APIC : Marc Aellen, vous avez quitté Genève il y a quelques mois pour venir

    partager une vie communautaire avec des jeunes du monde entier et suivre

    une formation. Qu’est-ce qui vous y a poussé?

    Après mes études en sciences politiques et mon stage de journaliste au

    journal "Le Courrier", je suis maintenant à Loppiano pour quelques temps. A

    vrai dire, le fait d’être venu ici ne me donne pas l’impression d’être dans

    un centre pour y suivre une formation précise, bien plus il me semble avoir

    répondu à un appel. Comme depuis cinq ans je m’étais engagé à donner ma vie

    à Dieu, j’ai décidé de partir et de tout quitter de façon concrète et pas

    uniquement de façon spirituelle.

    Tout abandonner pour Dieu

    La vie que je mène actuellement ne change pas tellement de celle que je

    menais dans ma communauté à Genève, mais j’ai l’occasion de faire le point

    sur ma vie, sur la façon dont je réponds à l’appel de Dieu et comment je

    pourrai y répondre dans le futur. Par la suite je pense aller dans une communauté, je ne sais ni ou ni quand, mais l’important est de vivre le moment

    présent sans se préoccuper du futur. Je sais que le mieux pour moi serait

    de continuer dans ma profession, car je sens que je dois porter un témoignage également dans mon métier de journaliste.

    Toutefois en abandonnant tout à Dieu, je Lui ai aussi confié ma profession. Si dans le futur je devais me trouver dans l’impossibilité de la

    poursuivre, cela me serait égal.

    APIC : En somme votre formation à Loppiano une fois terminée, vous essayerez de vivre dans le monde en poursuivant votre vie et en travaillant

    comme tout le monde?

    En effet nous sommes des gens comme tout le monde et on ne se différencie en rien de tous les autres. C’est ce qui m’a fasciné dès le départ :

    mener une vie totale, globale pour Dieu, tout en restant dans le monde.

    Bien qu’attiré par une vie entièrement tournée vers Dieu, je ne me sentais

    nullement appelé à suivre la voie religieuse ou sacerdotale.

    APIC : Ce qui vous intéresse en fait et qui vous a attiré c’est le fait

    que ce mouvement se veut être avant tout laïc? Il ne se veut pas clérical,

    les laïcs dirigent et il y a égalité entre hommes et femmes.

    Si je me sens à l’aise dans ce mouvement, c’est surtout parce qu’il reflète l’Eglise de toujours, composée de 99% de laïcs et de 1% de prêtres et

    religieux. On est une partie de l’Eglise vivante, et je m’en sens membre à

    part entière.

    APIC : Loppiano est un village de quelque cent hectares, habité par 600

    personnes environ, des jeunes pour la plupart. Une bonne partie d’entre eux

    suit une école. D’ou viennent ces jeunes et quel genre d’enseignement suivent-ils?

    La durée du séjour des personnes qui passent ici est de quelques mois à

    deux ans; elles viennent pour y faire une expérience de vie appelée école.

    Celle-ci se compose de la vie en communauté, qui est une des particularités

    du Mouvement. Ces communautés sont composées soit de prêtres soit de religieux soit de familles ou de jeunes. Comme nous devons subvenir à nos besoins, nous travaillons dans nos divers ateliers. Nous approfondissons aussi notre spiritualité par l’étude avec l’aide de professeurs, qui habitent

    ici avec nous pendant le temps ou ils enseignent. On reçoit aussi une base

    sociologique, théologique, philosophique ainsi qu’un enseignement sur les

    doctrines politiques.

    APIC : La plupart des gens qui sont ici vont repartir dans quelques

    temps dans différents lieux, pas forcément dans leur propre pays, que vontils faire?

    Cela dépend, car il y a ici des prêtres, venus passer quelques temps à

    Loppiano avec la permission de leurs évêques qui retourneront dans leur paroisse. De même les religieux retrouveront leurs communautés pour y vivre

    leur spiritualité respective en rapport avec celle du mouvement des Focolari. Quant aux jeunes, il arrive qu’ils retournent dans leur pays si c’est

    nécessaire. D’autres partiront là ou l’on aura besoin d’eux en tenant compte de leur profession et des possibilités à l’exercer là ou ils iront.

    APIC : Il y a donc à Loppiano des personnes qui répondent à des vocations différentes. Parmi les jeunes, ceux qui se destinent à entrer dans

    une communauté de Focolari font-ils des voeux?

    Les voeux sont secondaires. En effet, la base de notre vie est le choix

    de Dieu. Bien que consacrés, nous restons dans le monde et vivons dans des

    communautés. L’Eglise nous demande toutefois de sceller ce choix en prononçant des voeux qui ont la même finalité que ceux des religieux.

    "Que tous soient un!"

    APIC : Quelles sont les caractéristiques de votre spiritualité?

    Notre spiritualité est collective, et notre vie tend à réaliser ensemble

    le Testament du Christ : "Père que tous soient un". Il l’a demandé à chacun

    de nous. Cela veut dire : que nous soyons unis à notre Eglise, que l’on

    soit catholique, protestant, anglican ou autre. Cela signifie aussi que

    nous soyons unis aux personnes appartenant aux autres confessions et aux

    autres religions et cela en cherchant tout ce qui nous unit les uns aux

    autres. Nous cherchons aussi à vivre l’Unité avec toutes les personnes qui

    ne croient pas en Dieu, qui cherchent un idéal d’absolu, de paix ou autre.

    En fait, chacun est candidat à l’Unité.

    J’ai dans ma vie fait l’expérience que ce rapport d’amour réciproque qui

    fait que le Christ est présent au milieu de nous peut être établi avec chacun, croyant ou non. C’est, je crois, une réponse à nos problèmes actuels,

    politiques, économiques, sociologiques et autres. Cela peut sembler une

    utopie , mais lorsqu’est né le mouvement en 1943, cela l’était davantage.

    Maintenant, nous sommes plus de deux millions et donc la réalisation de

    l’Unité semble de moins en moins être une utopie. De plus il faut être conscient que beaucoup d’autres mouvements vivent pour le même but. Nous avons

    d’excellents contacts avec le mouvement bouddhiste de la Rissho-Kosei-Kai,

    regroupant des millions de jeunes au Japon.

    APIC : Vous formez une société basée sur une vision très particulière du

    monde. Au point de vue économique, vous vivez la communion des biens par

    exemple, comment cela se concrétise-t-il?

    En fait, nous essayons de nous aimer réciproquemment, concrètement. Cela

    aussi au niveau économique par exemple. Nous mettons tout en commun. Quand

    le mouvement est né, mettre l’Evangile en pratique pendant les années de

    guerre, signifiait avant tout, s’occuper des pauvres, en leur donnant vêtements et nourriture et en les soignant. Maintenant, l’expérience se poursuit dans les quatre coins de la terre et surtout dans les pays en guerre

    et au Tiers-Monde. En Europe les problèmes sont d’un autre ordre. La solitude par exemple. L’important est de venir en aide à ceux qui en ont le

    plus besoin matériellement certes, mais avant tout il s’agit d’aimer chacun

    comme le Christ a aimé. Cela ne nous empêche pas de réaliser toutes sortes

    d’actions pour venir en aide à des projets de développement en Afrique, aux

    Phillippines et en Amérique latine.

    Le mouvement des "Focolari" en Suisse

    APIC : Combien y a-t-il de communautés de focolare en Suisse?

    Il y en a 11, réparties à Genève, Berne, Zurich, Lugano et Zoug. Il existe en plus un centre de formation comme celui de Loppiano à Montet près

    de Fribourg. Chaque communauté compte quatre à sept personnes. Un focolare

    ne se compose pas seulement de personnes consacrées mais aussi de personnes

    mariées qui vivent dans leur familles et qui partagent la vie du Focolare

    et ses exigences. Elles s’occupent d’abord de leur famille et donnent leur

    superflu comme nous le faisons dans la communauté. Tout le surplus est mis

    en commun avec les communautés du monde entier. (apic/be/bcy)

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