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    apic/Tchetchenie / orthodoxes

    Tchétchénie:Inquiétude de l’Eglise orthodoxe russe après (280296)

    l’enlèvement de deux de ses prêtres en mission humanitaire

    Moscou/Paris, 28février(APIC) L’Eglise orthodoxe russe est sans nouvelles

    de deux de ses prêtres enlevés il y a tout juste un mois au sud de Grozny

    par des indépendantistes tchétchènes. Les Pères Serge Jigouline et Anatole

    Tchistoousov étaient en mission humanitaire quand ils ont été arrêtés à la

    sortie de la localité d’Ourous-Martan, à 38 km au sud de la capitale de la

    Tchétchénie, où ils venaient de participer à des négociations.

    La mission des deux prêtres était destinée à faciliter l’échange de prisonniers entre Russes et Tchétchènes, les troupes russes détenant selon des

    estimations de la presse russe quelque 1’400 prisonniers et les Tchétchènes

    environ 80 Russes. Le Père Tchistoousov est le prêtre de l’église St-Michel

    de Grozny, la seule de la ville, tandis que le Père Jigouline est un collaborateur du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou.

    Ce dernier connaît bien la Tchétchénie, où il a déjà effectué 17 séjours

    depuis le début des hostilités il y a deux ans.

    Ces derniers mois, le Père Jigouline coordonnait sur place les actions

    de secours financées par l’Action commune des Eglises, un réseau international d’entraide, et par l’"Hungarian Interchurch Aid", un organisme d’entraide oecuménique des Eglises de Hongrie, pour le compte du Conseil oecuménique des Eglises (COE). L’Eglise orthodoxe russe soutient également cette action. Selon le Ministère russe de l’Intérieur, auraient été enlevés

    par un groupe de combattants tchétchènes sous les ordres du commandant Ahmed Zakaev.

    Les responsables de l’Eglise orthodoxe russe craignent que les indépendantistes tchétchènes cherchent à introduire l’élément religieux dans ce

    conflit sanglant. L’Eglise russe affirme entretenir de bonnes relations

    avec les responsables musulmans et déployer d’importants efforts pour mettre fin à la guerre en Tchétechénie.

    Des secteurs de l’Eglise russe en faveur d’une solution pacifique

    Il faut également relever que le Père Tchistoousov, de Grozny, ne cachait pas ses critiques à l’égard de la conduite des troupes russes en

    Tchétchénie et il avait pris part à certaines actions de médiation aux côtés de Serge Kovalev, ancien dissident et député de la Douma à Moscou.

    Certains secteurs de l’Eglise russe se sont déclarés en faveur d’une solution pacifique en Tchétchénie et ont demandé au régime en place à Moscou

    de mettre un terme à la guerre qui ravage cette République du Caucase.

    L’archevêque Chrysostome de Vilnius et onze prêtres ont récemment lancé un

    appel à Boris Eltsine pour l’exhorter à mettre fin à la guerre, mais n’ont

    reçu aucune réponse, le président russe préférant visiblement la manière

    forte en cette période électorale.

    Même si le patriarche de Moscou Alexis II est intervenu à plusieurs reprises pour demander le résoudre le conflit par des moyens pacifiques, il

    n’a pas formellement appelé au retrait des troupes russes de la Tchétchénie. Le pouvoir à Moscou affirme, pour gagner le soutien populaire, que

    l’armée bénéficie depuis le début de l’appui de l’Eglise pour son action en

    Tchétchénie. Mais des voix s’élèvent dans l’Eglise orthodoxe russe pour

    qualifier cette guerre de "fondamentalement immorale" et pour dénoncer les

    "méthodes barbares" qui y sont utilisées. (apic/sop/be)

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