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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Le texte contient 175 lignes (max. 75 signes), 1810 mots et 12408 signes.

    apic/Synode Liban/Instrumentum laboris

    Ouverture dimanche à Rome du Synode des évêques pour le Liban

    Plus de quatre ans d’attente pour les 116 participants (231195)

    Enjeux de 20 jours de débats et présentation de l’"Instrumentum laboris"

    Rome, 23 novembre(APIC) Annoncée depuis belle lurette déjà, convoquée par

    le pape le 12 juin 1991, l’Assemblée spéciale du Synode des évêques pour le

    Liban s’ouvrira dimanche à Rome. 116 participants plancheront jusqu’au 14

    décembre sur les enjeux qui attendent l’Eglise dans ce pays ravagé par plus

    de 15 ans de guerre. Dont la reconstruction est l’une des préoccupations,

    au même titre que la réconciliation d’ailleurs...

    L’assemblée pourra s’appuyer sur une large consultation recueillie dans

    l’"Instrumentum laboris", le document de travail de 106 pages, publié mardi

    au Vatican.

    Pour le cardinal Jan Schotte (Belgique), secrétaire général du Synode

    des évêques, le pourcentage très élevé de réponses (80,95 %) à la consultation laisse augurer un travail en profondeur. Il prévient néanmoins: qu’on

    ne cherche pas dans le document préparatoire les conclusions anticipées de

    l’Assemblée synodale.

    Convoqué par Jean-Paul II le 12 juin 1991, le Synode sur le Liban entend

    ouvrir la réflexion en vue d’un renouveau spirituel dans les six communautés catholiques du Liban: maronite, grecque, arménienne, syriaque, chaldéenne et latine, dans le contexte dramatique des nombreuses années de guerre

    et de la division des chrétiens en de "multiples factions".

    Plus qu’un pays: un message

    L’"Instrumentum laboris" ne le cache pas: la convocation du Synode a

    suscité chez certains libanais "quelques soupçons, réticences et oppositions". Mais beaucoup l’ont accueilli favorablement, y voyant une chance

    pour le relèvement du pays, "carrefour de peuples" où cohabitent une mosaïque de confessions: douze communautés chrétiennes, cinq communautés musulmanes, une communauté israélite.

    Le Liban, précise le texte, est un "microcosme du Moyen-Orient". Il est

    particulièrement "important pour la présence chrétienne en cette région du

    monde". Il est, a dit Jean-Paul, "plus qu’un pays: un message de dialogue

    et de convivialité". Ce message ayant été considérablement altéré par la

    guerre, les catholiques sont invités à "un véritable sursaut spirituel qui

    se traduise par une sincère conversion à la personne de Jésus-Christ, par

    une pénitence authentique et par une réconciliation magnanime entre les

    groupes ethniques, classes sociales et communautés religieuses".

    Un paragraphe entier de l’introduction de l’"Instrumentum laboris" situe

    le défi à relever: promouvoir un véritable renouveau spirituel, personnel

    et communautaire, promouvoir le dialogue interreligieux, garantir à chacun

    travail et sécurité dans un Etat de droit au service du bien commun, permettre aux familles déplacées de regagner leur foyer, assurer aux nouvelles

    générations une scolarité de qualité, offrir au pays une culture fidèle à

    ses racines moyen-orientales et ouverte sur l’universel, participer à

    l’amélioration constante de l’équilibre politique intercommunautaire qui

    permet à tous les groupes de s’associer pleinement à la vie publique.

    Une analyse sans complaisance

    Le document de travail s’articule autour de trois parties: "Le Christ

    est notre Espérance"; "Renouvelés par son Esprit"; "Nous témoignons de son

    amour". La première met en évidence les difficultés qui entravent l’espérance, à commencer par la foi des chrétiens eux-mêmes. Une seconde difficulté, "de taille elle aussi", est la situation socio-politique du pays:

    "Même si les combats ont cessé sur la plus grande partie du territoire libanais, on ne peut pas dire que la paix soit revenue dans le pays puisque

    le sud continue à subir presque continuellement les raids et les représailles de forces armées étrangères". De plus, "la conjoncture politique actuelle au Moyen-Orient soumet le pays, le gouvernement et le peuple à des influences et à des pressions politiques ressenties par beaucoup de citoyens

    comme des atteintes directes à leur indépendance et à leurs libertés".

    Le document constate par ailleurs que les institutions étatiques mises

    sur pied depuis cinq ans n’ont pas encore réussi à gagner la confiance

    d’une grande partie de la population: les chrétiens, en général, parlent de

    frustration de leurs droits - la lenteur avec laquelle se résout le problème des déplacés est, pour certains, honnêtement inexplicable -, sans parler

    de ceux qui "rapportent avec conviction, des rumeurs de corruption, de dilapidation de l’argent public". Si bien que les jeunes "continuent à émigrer ou à rêver de le faire".

    Dans ces conditions, les catholiques - mais aussi tous les chrétiens,

    car "en Orient, nous serons chrétiens ensemble ou ne nous serons pas" - ont

    un rôle à jouer pour reconstruire le pays, en évitant deux écueils: l’intégrisme, "saperait le caractère fondamentalement pluraliste" du pays, et "la

    sécularisation athée, qui en affecterait le caractère religieux".

    Le renouveau dans l’Eglise

    La deuxième partie de l’"Instrumentum laboris" décrit les aspects strictement ecclésiaux du renouveau libanais. Les évêques sont invités à "une

    renaissance dans l’Esprit qui donnerait encore plus d’âme à leur service

    pastoral pour une plus grande sanctification de leurs fidèles". Aux prêtres, il est demandé "un style de vie plus conforme à l’Evangile" car les

    fidèles "jugent que la recherche des honneurs et du bien-être les en éloigne".

    Un appel est enfin lancé aux religieux et aux religieuses, afin que les

    institutions dont ils ont la charge "soient perçues par eux-mêmes et par

    les bénéficiaires non comme une propriété privée, mais comme un bien

    d’Eglise mis au service de tous". Le document insiste beaucoup également

    sur la collaboration entre clercs des différentes communautés et entre

    clercs et laïcs, et dénonce l’"injustice grave qu’est l’exclusion de la

    femme de toute concertation par l’ensemble des instances ecclésiales".

    Appelés à témoigner

    La troisième partie du document préparatoire envisage les actions de

    "témoignage" des communautés catholiques. La dimension oecuméniques vient

    en premier lieu, avec le projet de mettre en place un programme catéchétique commun avec les Orthodoxes, "loin de tout soupçon de prosélytisme". Sur

    le plan interreligieux, le texte insiste sur l’enjeu des relations avec les

    musulmans, qui rend le Liban "dépositaire d’une mission mondiale".

    Au chapitre du témoignage toujours, le document déplore que la doctrine

    sociale de l’Eglise, non seulement est insuffisamment connue, mais surtout

    n’est pas "profondément vécue, enseignée et divulguée". Le résultat en est

    que "l’esprit mercantile prévaut souvent, stimulé par l’affaiblissement du

    sens moral, par l’extension de la pauvreté et par le manque de solidarité".

    Le Synode envisage enfin de revoir l’utilisation des "waaqfs", à savoir les

    biens immobiliers et les ressources financières de l’Eglise. Le texte demande que ces propriétés, dont il décrit l’organisation et la nature, jouent "un rôle social de première importance".

    Les derniers paragraphes de cette dernière partie sont consacrés à la

    "réhabilitation de la participation et de l’engagement politique". L’Eglise, ajoute le document, ne peut s’attribuer, au Liban, un autre rôle que

    celui de l ’Eglise Universelle ou d’une tout autre Eglise locale. Si, dans

    l’histoire du Liban, elle a eu parfois à jouer un rôle de suppléance, "elle

    l’a fait à la suite de circonstances particulières et en l’absence d’un

    Etat de droit". Aujourd’hui, la hiérarchie n’entend pas suppléer les catholiques en matière politique, "mais elle intervient quand l’intérêt national

    engage les valeurs fondamentales du pays, spécialement les valeurs évangéliques, celles qui précisément en font un message". Les patriarches, ajoute

    le document, ont toujours pris des positions qui favorisaient la cohésion

    nationale en dépit des difficultés de l’heure et des attitudes passionnelles, parfois même hostiles, de certains de leur fidèles. (apic/jmg/pr)

    ENCADRE

    Les participants

    Prendront part au synode 116 participants: 4 patriarches des Eglises

    orientales membres de l’assemblée des patriarches et évêques catholiques du

    Liban (APECL), 9 responsables de la curie romaine, 12 archevêques et 4 évêques ordinaires d’éparchie au Liban, 9 archevêques et évêques titulaires au

    Liban, 1 administrateur patriarcal, 8 supérieurs généraux d’ordres fondés

    et présents au Liban, 2 représentants élus par l’assemblée des supérieurs

    majeurs, 18 membres nommés par le pape, 7 délégués fraternels, 17 assistants du secrétaire spécial et 25 auditeurs.

    Les patriarches sont Ignace Antoine II Hayek (Antioche des Syriens), Maximos V Hakim (Antioche des grecs-melkites), le cardinal Sfeir (Antioche

    des Maronites) et Jean-Pierre XVIII Kasparian (Cilicie des Arméniens). Parmi les membres nommés par le pape figurent les patriarches d’Alexandrie des

    Coptes (Egypte) et de Babylone des Chaldéens (Irak), Mgr Sabbah, patriarche

    latin de Jérusalem, le cardinal Lustiger (Paris) - seul représentant de

    l’épiscopat européen - et le Père Kolvenbach, préposé général des jésuites.

    Les délégués fraternels sont cinq évêques d’autres Eglises et communautés ecclésiales et deux représentants de la communauté musulmane: Mohammed

    Assamak, conseiller du Mufti de la République libanaise, et le Dr Saoud Almoula, conseiller du président du Conseil supérieur chiite, représentant du

    Conseil islamique chiite au Comité national de dialogue et au secrétariat

    permanent du Sommet islamique. (apic/cip/pr)

    ENCADRE

    Un regard sur le Liban

    Thom Sicking, jésuite de la province du Proche-Orient, travaille à Beyrouth. Actuellement en année sabbatique à Paris, il a envoyé à ses confrères des Pays-Bas une vision personnelle sur la situation au Liban. Un exposé en trois parties: le pays, l’Eglise et la Compagnie au Liban. Voici la

    deuxième, reproduite par les "Echos" de la province de Belgique-Sud.

    L’Eglise au Liban se compose de onze Eglises. Six, dont quatre très petites, sont unies à Rome. Quatre, dont deux petites, en sont séparées (il y

    a des formes diverses d’"orthodoxie"). Il existe aussi un groupe de petites

    Eglises protestantes.

    Il est important d’avoir cette situation devant les yeux, car d’habitude

    on parle des chrétiens face aux musulmans. En réalité, il n’y a pas deux

    communautés au Liban, mais dix-sept. Parmi celles-ci, six constituent ensemble, numériquement, une part majoritaire de la population.

    Les différences entre ces Eglises sont parfois de nature doctrinale,

    parfois de nature culturelle et nationale. En général il y a, de l’une à

    l’autre, un mélange de ces différences. Un exemple: les deux groupements

    les plus importants sont les maronites et les orthodoxes grecs. Si vous dites à un maronite qu’il est un Arabe, il proteste et vous répond, scandalisé: je ne suis pas un musulman. Si vous tenez le même propos à un orthodoxe

    grec, sa réponse sera: naturellement.

    Cette différence a peu à faire avec la religion ou le dogme. Toute une

    histoire a précédé qui l’explique. Il est futile de nous demander laquelle

    de ces deux conceptions nous est la plus sympathique. Cela n’a pas de sens

    de vouloir qu’un groupe de population change d’identité. Cette identité

    d’ailleurs ne dépend pas de ce qu’il veut, mais de ce qu’il est ou de ce

    qu’il est devenu dans le cours de l’histoire.

    Et cependant, c’est bien là que se situe le drame des chrétiens du Liban. La plupart d’entre eux ont peur du monde arabo-islamique où ils doivent trouver leur place. Ils se défendent et résistent. La guerre de ces

    dernières années a évidemment beaucoup accru cette angoisse. Les chrétiens

    ne se sentent pas à l’aise. Beaucoup émigrent dès qu’ils en ont l’occasion

    et ces émigrants sont souvent les personnes les plus dynamiques. Il est

    d’une grande importance de stopper autant que possible ce flux d’émigration. (apic/cip/pr)

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