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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Le texte contient 101 lignes (max. 75 signes), 1065 mots et 7143 signes.

    apic/Synode africain/ Ouvrage de Maurice Cheza

    Le Synode africain: Histoire et textes (170696)

    La parole aux évêques africains

    Bruxelles, 17juin(APIC) "Le Synode est terminé. Le Synode vient à peine

    de commencer". Cette exhortation de Jean-Paul II, lancée au lendemain de

    l’Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques, appelait à s’engager dans la dynamique dont l’événement romain fut l’étape décisive. C’est

    ce à quoi invite un volume qui rassemble les textes majeurs du Synode, en

    tentant une évaluation de l’assemblée synodale et de ses suites (1). Ces

    textes sont édités par Maurice Cheza, professeur à la Faculté de Théologie

    de l’Université catholique de Louvain (UCL).

    Après une préface du théologien camerounais Jean-Marc Ela, la première

    partie donne la parole aux évêques africains: le rapport introductif du

    cardinal Hyacinthe Thiandoum, archevêque de Dakar (Sénégal), et rapporteur

    général du Synode, les prises de parole des participants (un choix opéré

    parmi plus de 200 interventions), le second rapport du cardinal Thiandoum,

    le message final du Synode et les 64 propositions émises par les Pères synodaux. La deuxième partie propose la version intégrale de l’exhortation

    post-synodale "Ecclesia in Africa". On trouve dans la troisième partie des

    réflexions de l’éditeur, de théologiens africains et d’une laïque zaïroise.

    En annexe, enfin, la liste des Pères synodaux et des interventions en assemblée générale, des repères bibliographiques et un index thématique.

    Maurice Cheza met à disposition des lecteurs des textes jusqu’ici peu

    connus du public francophone (le second rapport du cardinal Thiandoum),

    voire inédits, avec la publication intégrale des 64 propositions des Pères

    synodaux remises au pape, ce qui permet une comparaison avec ce que les rédacteurs de l’exhortation post-synodale en ont fait. M. Cheza observe ainsi

    que "dans les questions intra-ecclésiales, on observe un affadissement,

    tandis que dans les questions de société, le ton de l’exhortation est au

    contraire très vigoureux".

    Parmi les éclairages proposés, celui des théologiens africains - les

    grands absents du Synode romain - est un texte issu d’un groupe de réflexion réuni à Rome pendant l’assemblée (dans lequel le regretté P. Engelbert

    Mveng, un jésuite camerounais assassiné en avril 1995, exerçait un certain

    leadership). Ce groupe, qu’avaient rejoint des sympathisants européens, directeurs de revues et théologiens, a rédigé ce texte à la fin du Synode et

    l’a remis à tous les évêques africains présents à Rome. Après avoir examiné

    les défis socio-politiques que les catholiques d’Afrique doivent rencontrer, le document signale trois dangers que l’Eglise court sur le continent: la marginalisation des laïcs, des femmes et des théologiens.

    La partie la plus volumineuse du livre (environ la moitié) est celle qui

    donne la parole aux évêques africains. Dans le choix opéré parmi les interventions des Pères synodaux, plusieurs critères ont guidé l’éditeur: diversité des sujets et des régions, originalité des points de vue, alternance

    entre citations courtes et références plus longues. La constitution de ce

    florilège poursuit le même but que la publication en 1992 d’un ensemble de

    prises de position de l’épiscopat africain (2).

    Un moment de réveil

    Les enjeux du Synode sont particulièrement mis en lumière dans la préface du théologien camerounais Jean-Marc Ela. Ce dernier, que le climat de

    violence au Cameroun a contraint à l’exil au Canada, dit trouver "ici ou

    là, dans les propositions remises au pape, l’emprise des pouvoirs occultes

    qui, en dépit de la liberté d’expression laissée aux évêques, ne partagent

    pas tout à fait les angoisses de la majorité des communautés chrétiennes

    d’Afrique livrées à une véritable famine eucharistique". Allusion au blocage sur des problèmes comme l’ouverture du sacerdoce aux personnes mariées

    et le ministère dans les communautés, l’inculturation, la question d’un rite africain, à un "malentendu (qui) met en lumière un malaise grave qui demeure". Le théologien rappelle aussi la demande qu’avaient formulée les

    recteurs des universités catholiques d’Afrique que le Synode soit vu comme

    "une étape majeure ou une voie inaugurale à l’échelle continentale pour un

    concile africain", une perspective qui n’a pas été assumée par le Synode.

    Jean-Marc Ela ajoute: "Si l’on prend en compte les blocages qui demeurent et les tensions qui ont fait de ce Synode une sorte de compromis dont

    témoigne sa phase de célébration en Afrique, il faudra bien approfondir le

    dialogue entre les Eglises locales et Rome, à partir du projet fondateur du

    Concile africain qui seul peut décider sur des questions d’avenir."

    S’il est vrai que "l’Afrique a besoin d’un espace de liberté et de créativité", comme le déclarait Jean-Paul II à Libreville en 1982, le théologien souligne que "face aux défis de l’Evangile, cette expérience est à

    vivre par les responsables d’Eglise trop souvent "coincés" entre la soumission docile et la dépendance financière". Raison pour laquelle on ne peut

    que se réjouir, dit-il encore, qu’à travers les interventions de nombreux

    évêques présents au Synode, "il semble bien que des portes aient été enfoncées" et que ce fut "un moment de réveil qui a permis à beaucoup de voir

    plus clair et de s’ouvrir aux tâches qui s’imposent".

    De nouvelles formes de catholicité

    Au terme de la réflexion qu’il propose en troisième partie, Maurice Cheza fait notamment le point sur les avancées du Synode. Outre le thème de

    l’Eglise-famille, qui occupe une place de premier plan dans les différents

    textes ("Mais à quelle famille se réfère-t-on ?", demande- t-il), il aborde

    la question "incontournable" de l’inculturation. Observant que "les instances officielles de l’Eglise n’ont pas toujours dit la même chose sur certaines questions" (par exemple le culte des ancêtres, qui souleva d’énormes

    difficultés en Chine jadis), il s’interroge: "si des choses ont été interdites à une époque et autorisées à une autre, ne peut-on conclure qu’il

    faut être circonspect avant de condamner quoi que ce soit au nom du "message chrétien"? N’est-il pas urgent de rechercher de nouvelles formes de catholicité qui évitent le détour par le patriarcat d’Occident ?"

    En conclusion, M. Cheza souhaite que l’Eglise d’Afrique "dépasse ses

    peurs et fasse preuve d’audace et de liberté". "La contre-dépendance doit

    être remplacée par une conscience fière, écrit-il. Même dans le cadre juridique actuel, des possibilités de décisions locales existent, mais sont peu

    utilisées. N’oublie-t-on pas trop le principe de subsidiarité ?"

    (1) "Le Synode africain. Histoire et textes", édité par Maurice Cheza,

    Paris, Karthala, 428 p.

    (2) "Les évêques d’Afrique parlent, 1969-1992. Documents pour le Synode

    africain". Textes réunis par Maurice Cheza, Henri Derroitte, René Luneau,

    Paris, Centurion, 1992, 443 p.

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