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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    apic/Synode

    Synode des évêques sur la vie consacrée (051094)

    Les encouragements des uns croisent les plaintes des autres

    Rome, 5octobre(APIC) Comme il est d’usage de le faire au cours des premiers jours, le tour d’horizon de la planète se poursuit au Synode des évêques sur "la vie consacrée et sa mission dans l’Eglise et dans le monde".

    Après les paroles de confiance prononcées la veille par plusieurs évêques,

    d’autres, surtout d’Amérique latine, ont laissé pointer diverses critiques

    sinon une certaine méfiance à l’égard de l’évolution de la vie religieuse

    telle qu’ils la perçoivent dans leur pays.

    "Pourquoi ne pas convoquer un Synode réservé aux seuls religieux pour

    leur permettre de discuter entre eux de leur mission dans l’Eglise et dans

    le monde?" Dans la bouche de Mgr Joseph Suwatan, évêque de Manado en Indonésie, la question ne manque pas d’humour. Elle traduit, en fait, la difficulté de situer les rôles respectifs des évêques et des instituts religieux

    ou de vie consacrée, qui dépendent d’abord d’un supérieur et non directement de l’évêque. La situation n’est pas sans paradoxe, selon l’évêque indonésien: "de nombreux religieux se plaignent de ne pas être invités à

    prendre une part active aux projets pastoraux diocésains". Mais dans le même temps, d’autres religieux "élaborent leurs programmes et projets particuliers sans consulter pour autant leur évêque"!

    Serait-ce l’indice d’une vision trop courte de la "vie consacrée"? Pour

    Mgr Thierry Jordan, évêque de Pontoise (France), personne n’est en droit de

    "s’approprier la consécration en elle-même". Chacun peut seulement la "rechercher", en sachant qu’elle est toujours "donnée". Or, "c’est l’Eglise

    qui transmet ce don". Voilà pourquoi l’évêque a le devoir de "discerner,

    conseiller et parfois décider" en ce domaine. Au Synode de l’aider dans

    cette tâche en lui fournissant quelques repères.

    Une spiritualité trop "sociale"?

    Mais le problème des rapports de la vie religieuse avec l’épiscopat se

    double d’un autre, spécialement vif dans les situations d’injustice. Car où

    situer la vie spirituelle? Peut-elle se vivre dans un engagement social auprès des plus démunis? A ces questions, tous les évêques sont loin d’apporter les mêmes réponses.

    Aux Philippines, Mgr Orlando B. Quevedo, un Oblat de Marie devenu archevêque de Nueva Segovia, appuie clairement une "option radicale pour les

    pauvres". Il admire même les religieux "qui abandonnent la sécurité et la

    régularité de la vie religieuse institutionnelle pour s’immerger dans la

    vie des pauvres". Il reconnaît qu’une telle option fait l’objet d’une "tolérance" diverse de la part des supérieurs religieux et ne peut être vécue

    avec sérénité que dans un "discernement communautaire". D’autre part, aux

    côtés des pauvres, les religieux peuvent faire une expérience étonnante de

    la vie consacrée. Ils apprennent notamment à "partager le pouvoir et les

    responsabilités". La signification des voeux s’enrichit d’une "valeur prophétique, sociale et religieuse" à travers le "non à l’exploitation humaine

    et aux privations économiques, non au sécularisme, non à l’hédonisme, non

    au matérialisme et à l’individualisme". Seul regret de l’archevêque philippin: les religieux vivant un tel engagement sont souvent "considérés comme

    des activistes, moins religieux que militants sociaux". "Parfois même, on

    les trouve suspects à cause de leurs idées!"

    Pour Mgr Maurice Taylor, évêque de Galloway (Ecosse), il est normal que

    "les religieux offrent un témoignage prophétique par leur mode de vie et

    leur option préférentielle pour les pauvres". Leur reprocher une telle option, c’est "manquer de compréhension" à l’égard de la vie religieuse.

    Pour Mgr Dario Castrillon Hoyos, archevêque de Bucaramanga en Colombie

    et ancien président du Conseil Episcopal Latino-Américain (CELAM), le Synode est l’occasion d’exprimer de "graves préoccupations". Elles concernent

    à la fois "les options divergentes de certains religieux dans le domaine

    social" par rapport aux orientations des évêques et à aux initiatives pastorales qu’ils encouragent. L’archevêque y voit le relent d’un "faux prophétisme" qu’il a déjà dénoncé antérieurement et l’indice d’un manque de

    "soumission" à l’égard du pape. Il dénonce, d’ailleurs, dans la foulée, la

    présence d’un "magistère parallèle" dans "les universités, les rassemblements de masse, les moyens de communication sociale". Il déplore aussi des

    "projets parallèles" sur le terrain pastoral. C’est sur cette toile de fond

    qu’il demande au Synode de "s’intéresser à la sainteté des personnes consacrées qui vivent la radicalité de la pauvreté évangélique".

    Où est la ferveur des origines?

    Du Brésil, Mgr Karl Joseph Romer, évêque auxiliaire à Rio de Janeiro,

    fait aussi entendre de lourdes plaintes contre les religieux et les religieuses. "Pourquoi, demande-t-il, la réforme du costume a-t-elle prévalu,

    en de nombreux endroits, sur le renouveau spirituel et ecclésial? Pourquoi

    le Concile et l’enseignement du Saint-Père sont-ils si peu connus? Pourquoi

    n’a t-on pas maîtrisé la désagrégation de tant d’instituts masculins et féminins?" Pour cet évêque d’origine suisse, un des maux est dû à l’existence

    d’organisations régionales de supérieurs religieux: les tolérer plus longtemps serait "laisser la cause sacrée de la formation à la vie consacrée à

    des initiatives incontrôlées"!

    Mgr Oscar A. Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Honduras)

    et membre actif du CELAM, se demande, lui, pourquoi les religieux et les

    religieuses ont "abandonné le domaine de l’éducation", "si important pour

    sortir de la pauvreté", surtout devant "l’évolution technologique actuelle,

    où les capacités industrielles dépendent de la capacité cérébrale".

    Le supérieur général des Clarétains, le Père Aquilino Bocos Merino (Espagne), reconnaît qu’il y a des "problèmes" et des "équivoques". Pour en

    sortir, la voie royale est que les instituts de vie consacrée retrouvent

    "la fraîcheur et la disponibilité, l’énergie et la ferveur des origines".

    Mgr Andre Mariano Magrassi, archevêque bénédictin de Bari (Italie), se

    demande pourquoi la vie monastique, qui fut, selon lui, "l’épine dorsale du

    premier millénaire en Occident et qui le reste en Orient, où les évêques

    sont encore choisis parmi les religieux", ne joue plus ce rôle en Occident.

    Le programme du Synode, à ses yeux, est tout tracé: il s’agit de "traiter

    du vrai progrès de la foi et non pas des mutations".

    Mais le rapprochement entre les hommes déborde l’entente entre les chrétiens. Le cardinal Francis Arinze, responsable du Conseil pontifical pour

    le dialogue entre les religions, supplie les supérieurs religieux de "continuer à envoyer des personnes consacrées dans les déserts". Et il se réjouit spécialement du rôle joué par les "religieuses catholiques" qui veillent à nouer des contacts avec les femmes d’autres religions, en particulier avec les musulmanes.

    Mgr Giovanni I. Martinelli, évêque franciscain de Tripoli en Libye, ne

    peut qu’approuver cet encouragement. Il s’émerveille devant "la présence

    silencieuse et le témoignage de vie personnelle et communautaire des

    100’000 chrétiens" du Maghreb, immergés dans une population de 50 millions

    de musulmans. Là-bas, dit-il, "la chasteté heurte la culture musulmane,

    mais elle est aussi positivement interprétée comme un témoignage radical de

    Dieu. Elle est considérée comme une source de liberté et de promotion responsable de la femme, souvent confinée au Maghreb dans son seul rôle de

    procréation". (apic/jmg/pr)

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