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    apic/Suisse/Objection

    Suisse: Un objecteur de conscience purge sa peine au Tchad (260195)

    La solution du travail à l’étranger

    dans l’humanitaire encore trop méconnue

    Berne, 26janvier(APIC) Pour la première fois un objecteur de conscience a

    été envoyé à l’étranger par le Département missionnaire protestant (DM)

    pour s’acquitter de son astreinte au travail. Roger Zürcher est parti au

    mois de janvier dans un Centre agricole au Tchad. Il y restera deux ans et

    demi - huit mois pour son astreinte et le reste comme volontaire du DM accompagné de sa femme et de sa petite fille.

    Avec Roger Zürcher le DM innove. C’est la première fois qu’il peut

    compter sur les services d’un objecteur de conscience. Roger Zürcher a le

    statut d’envoyé associé. Pendant les huit mois que dureront son asteinte au

    travail, il touchera une indemnité de la Confédération. Par la suite, le DM

    prendra le relais, assurant une grande partie de son salaire.

    Devant le risque de multiplication de demandes, l’oeuvre missionnaire

    met en garde: "Nous ne pouvons pas promettre de trouver du travail à tous

    les objecteurs de conscience qui se présenteraient chez nous. L’offre

    dépend de nos Eglises partenaires", explique Eugène Roy, responsable des

    envoyés au DM.

    En 1988, Roger Zürcher effectuait un premier séjour de 6 mois dans le

    Centre agricole de Monkara au Tchad, qui dépend de l’orphelinat de

    Betsaleel, fondé par les Suisses Jean-Pierre et Monique Burckardt. Ce

    Centre est à la fois une école d’agriculture pour les jeunes de

    l’orphelinat et des alentours et un lieu de production de légumes et

    d’autres produits frais.

    En 1994, après avoir été ondamné pour objection de conscience, il a

    rapidement, dû trouver un projet pour qu’il puisse effectuer son astreinte

    au travail de 8 mois. Au printemps 1994, il proposait ses services à

    Jean-Pierre Burckardt et déposait sa candidature au Département

    missionnaire qui acceptait de le compter parmi ses envoyés au service

    d’Eglises partenaires en Afrique.

    L’humanitaire à l’étranger pour les objecteurs de conscience:

    une solution méconnue

    Ils ne sont que trois ou quatre objecteurs par année à pouvoir s’acquitter de leur astreinte au travail à l’étranger. Généralement dans un but

    humanitaire et pour le compte d’une organisation connue, ayant des ramifications en Suisse. Ce moyen de "purger" sa peine est méconnu et peu utilisé.

    L’objecteur de conscience désireux d’aller à l’étranger doit trouver

    lui-même l’endroit ou il veut aller, il doit présenter un dossier et il

    doit avoir des connaissances professionnelles qui vont dans le sens du travail qu’il pourrait accomplir dans ces pays. (apic/spp/eb)

    Encadré

    770 objecteurs de conscience en 1994

    Le peuple Suisse a voté une loi en 1992 permettant aux objecteurs de

    conscience, au nombre de 770 en 1994, de travailler dans des tâches

    d’intêret public. Le caractère de sanction apparaît dans la durée qui est

    une fois et demi supérieure à la durée du service militaire refusé. En

    échange du service militaire, les objecteurs doivent travailler pour le

    compte de la société. Selon le service responsable de l’exécution de

    l’astreinte au travail de l’OFIAMT à Berne, "L’objecteur doit être neutre

    sur le marché du travail. Il ne doit pas prendre la place des chômeurs, et

    il ne doit pas être privilégié face aux soldats."

    Les établissements d’affectation sont les services de santé, les

    affaires sociales, la protection de l’environnement, le service des forêts,

    l’agriculture de montagne, l’aide aux paysans de montagne et l’aide en cas

    de catastrophe. L’établissement d’affectation est tenu de payer cinq francs

    par jour d’argent de poche. Quant à la nourriture, le logement, les

    transports et les vêtements de travail, ils sont sont payés par

    l’établissement d’affectation pour autant que l’objecteur de conscience ne

    vive pas sur place. (apic/eb)

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