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    apic/Suisse/ mesures de contrainte/Mgr Mamie

    Suisse: votation sur les mesures de contrainte envers les étrangers

    Mgr Mamie refuse toute discrimination (021194)

    Fribourg, 2novembre(APIC) Est-il normal qu’une personne puisse être détenue de nombreux mois sans avoir commis de délit? interroge Mgr Pierre Mamie, président de la Conférence des évêques suisses, en vue de la votation

    populaire du 4 décembre sur les mesures de contrainte envers les étrangers.

    Les mesures proposées par les autorités fédérales nous préoccupent, écrit

    Mgr Mamie. Nous refusons que la réalité de la criminalité étrangère justifie des mesures pouvant être discriminatoires envers des personnes en situation précaire dans notre pays, ajoute-t-il.

    Dans sa déclaration, le président de la Conférence des évêques souligne

    qu’il est clair que les personnes coupables d’infractions pénales doivent

    être jugées, que les personnes ayant abusé du droit doivent être sanctionnées.

    Le texte poursuit: "Notre foi nous dit que tout être humain est crée à

    l’image de Dieu. Le statut juridique ne peut rien retrancher à cette dignité fondamentale". Les requérants d’asile se trouvent dans une situation

    particulièrement précaire en Suisse. Cela constitue une raison supplémentaire pour éviter de les traiter de manière plus sévère que les Suisses

    quand il y a abus de droit.

    Les chrétiens doivent éviter aussi, ajoute Mgr Mamie, toute loi qui

    puisse nourrir une suspicion envers les étrangers, faciliter ou justifier

    une quelconque forme d’oppression envers eux. Si quelqu’un est accusé de

    trafic de drogue, il doit être jugé selon les lois sur les stupéfiants

    qu’il soit Suisse ou étranger. Utiliser le droit des étrangers pour combattre le trafic de drogue risque de conduire à des traitements différents des

    Suisses et des étrangers sans qu’il n’y ait aucune raison objective à cela.

    Mgr Mamie conclut par quatre questions: Est-il normal que quelqu’un

    puisse être détenu plusieurs mois sans avoir commis de délit? Est-il justifiable qu’un refus de collaborer avec l’administration puisse conduire à

    une détention de plusieurs mois? Est-il admissible que l’administration

    puisse détenir une personne en vue d’exécuter une décision qui n’est pas

    encore prise à son égard? Est-il acceptable que ce droit concerne des adolescents dès 15 ans?

    Autant de questions auxquelles le président de la CES invite les citoyens suisses à porter une grande attention avant d’aller voter. (apic/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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