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    apic/Sortie d’Eglise

    Fribourg: La question des "sorties d’Eglise" ressurgit (201096)

    Un serpent qui se mord la queue

    Fribourg, 20octobre (APIC) On croyait la question des "sorties d’Eglise"

    définitivement close. Il n’en était rien. La deuxième lecture du projet de

    statut ecclésiastique fribourgeois a donné l’occasion d’un nouveau débat

    nourri samedi, lors de la 36e séance plénière de l’assemblée ecclésiastique

    catholique. Les opposants à la solution retenue en première lecture ont

    tenté une dernière offensive. Peine perdue, par 32 voix contre 24 les délégués ont refusé de revenir sur leur décision du 5 octobre.

    Jean-Marie Devaud (Villaz-St-Pierre) a ouvert les feux. Il ne veut pas

    d’une Eglise "intégrisante". Il est inadmissible à ses yeux, que pour des

    motifs financiers, on pousse les gens à quitter l’Eglise. La solution qui

    tend à considérer qu’on ne peut pas sortir d’une corporation ecclésiastique

    sans quitter de l’Eglise catholique-romaine, n’est pas acceptable non plus

    pour Monique Castella (Posieux).

    L’abbé Marc Donzé, absent lors du premier débat, vient en renfort. En

    soit l’article 6 du futur statut qui dit "l’appartenance aux corporations

    ecclésiastiques prend fin avec la sortie de l’Eglise catholique romaine"

    est une lapalissade. Il n’en constitue pas moins une dérive dangereuse qui

    induit une logique d’exclusion. "Vous ne pourrez jamais obliger un prêtre

    ou une autorité pastorale à considérer comme sortie de l’Eglise catholique-romaine une simple déclaration adressée à un Conseil de paroisse",

    avertit-il.

    La délégation fribourgeoise du Conseil presbytéral a, elle aussi dans

    l’intervalle, revu sa copie. Au lieu d’une double déclaration de sortie,

    l’une concernant l’Eglise catholique-romaine, l’autre la corporation ecclésiastique, le Conseil presbytéral se contenterait d’une seule formulation

    concernant les corporations ecclésiastiques uniquement et laissant à l’autorité diocèsaine la possibilité d’en déterminer les conséquences pastorales.

    Le Père Roland-B. Trauffer (Fribourg) propose de contourner l’obstacle

    en se contentant de mentionner "la sortie" tout court, sans préciser de

    l’Eglise catholique-romaine.

    Pour une attitude responsable et cohérente

    L’autre camp, dont les héraults sont Michel Monney (Fribourg) et Beat

    Renz (Courtepin), plaide pour la cohérence et la responsabilité. "Ne nous

    trompons pas de débat. Ces discussions reviennent en fait à remettre en

    cause le caractère obligatoire de l’impôt ecclésiastique inscrit dans la

    loi cantonale Eglise-Etat adoptée en 1990. Si l’on prétend abolir ce principe, il faut lancer un référendum contre cette loi et non pas inscrire

    dans le statut des dispositions contraires à la loi, voire à la

    Constitution cantonale." L’article 3 du statut prévoit que tout catholique

    est automatiquement membre d’une corporation ecclésiastique. Il serait contradictoire d’avoir une Eglise composée de membres des corporations ecclésiastiques payants et de membres "libres" non-payants. Les évêques

    allemands et autrichiens ne pensent pas autrement.

    Les cas de conflits avec les autorités paroissiales ou avec le curé peuvent et doivent se régler autrement que par une "sortie d’Eglise". "On dit:

    ’il ne faut pas pousser les gens dehors’, ne devrait-on pas plutôt tenter

    de les convaincre de rester?" s’interroge Michel Monney.

    L’assemblée a suivi finalement cette option et a refusé de changer son

    fusil d’épaule par 32 voix contre 24. Le débat est clos.

    Les autres articles en discussion n’ont donné lieu qu’à quelques

    modifications mineures. Les délégués ont accepté le principe qui veut que

    la modification des limites paroissiales, la fusion ou la division de

    paroisse dépende de l’autorité diocésaine qui sera cependant tenue de

    consulter les paroisses concernées. Marie-Anne Heimo (Fribourg) n’a trouvé

    que deux personnes pour l’appuyer dans son baroud d’honneur pour défendre

    l’autonomie des 144 paroisses fribourgeoises face à l’évêque. (apic/mp)

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