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    apic/Sobrino/Vienne/Eglise latino-américaine

    Vienne: le Père Jon Sobrino déplore la baisse (030495)

    de l’engagement social de l’Eglise latino-américaine

    "Les pauvres doivent-ils se contenter

    des miettes tombant de la table des riches?"

    Vienne, 3avril(APIC) "En comparaison des années 70, l’Eglise d’Amérique

    latine est moins engagée pour la cause des pauvres". Cette analyse a été

    faite lundi par le jésuite Jon Sobrino, professeur à l’Université catholique de San Salvador, lors d’une conférence de presse à Vienne.

    "Cette réalité est probablement due au changement de génération de

    l’épiscopat en Amérique latine", explique encore Jon Sobrino. Des évêques

    comme Helder Camara, ancien archevêque de Recife, le cardinal Paulo Arns,

    archevêque de Sao Paulo, Oscaro Romero assasiné à San Salvador et Sergio

    Mendes, ancien évêque de Guarnavaca au Mexique, étaient et sont des pionniers de l’Eglise. Ils sont pour nous des références de choix comme peut

    l’être un saint Augustin, estime encore le théologien de la libération.

    Le Père jésuite Jon Sobrino, d’orignie basque, est actuellement professeur à l’Université catholique de San Salvador où six confrères jésuites et

    deux femmes avaient été assassinés par des militaires en 1989. A cause de

    son engagement dans la théologie de la libération, le Père Sobrino a reçu,

    à plusieurs reprises, des menaces de de mort. Il a donné lundi soir une

    conférence à l’université de Vienne sous le titre: "Prophétie et Utopie: Le

    salut vient des pauvres".

    Après la réunion plénière de l’épiscopat latino-américain à Puebla

    (1979) l’épiscopat de l’Amérique latine a suivi "la ligne descendante", a

    constaté Jon Sobrino. Aujourd’hui, au total, on s’engage moins socialement.

    L’intérêt s’est déplacé sur des mouvements décrits comme "plus sprituels".

    Il y a des séminaires diocésains qui se sont complètement fermés à la théologie de la libération, affirme, en le déplorant, le jésuite basque. Il n’y

    a plus de lettres pastorales comme celles qui nous parvenaient du Pérou, du

    Brésil et de San Salvador dans les années 70.

    "L’option pour les pauvres" n’est cependant pas arrivée à sa fin. Elle

    existe toujours mais à un niveau inférieur. Il a rappelé aussi les fêtes du

    souvenir à l’occasion du 15e anniversaire de l’assassinat de Mgr Romero qui

    ont lieu il y a deux semaines. A cette occasion, Mgr Samuel Ruiz, évêque de

    San Cristobal de las Casas (Chiapas mexicain), Mgr Pedro Casaldaliga, évêque de Sao Felix au Brésil et le théologien préruvien Gustavo Gutierrez du

    Pérou étaient présents dans la capitale du Salvador. Il n’y avait jamais eu

    encore autant de monde à l’Université. Cela donne de l’espoir.

    Le Père Sobrino n’est pas très optimiste sur la situation sociale du

    peuple salvadorien. Même si l’élection de Calderon Sols comme président, en

    1994, est un succès pour le programme économique néo-libéral, cela va amélioré la situation de 40 à 50% de la population. Mais je pose la question,

    s’est exclamé le jésuite: "Que va-t-il arrivé pour les 50% restants?" Doivent-ils vivre des miettes qui tombent des tables des riches?" (apic/kprba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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