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    apic/slovaquie/visite du pape/la journée de samedi/

    Visite de Jean-Paul II en Slovaquie (020795)

    Le pape désigne "les ennemis d’aujourd’hui"

    Bratislava, 2juillet(APIC/Jean-Marie Guénois) Samedi, au deuxième jour de

    sa visite en Slovaquie, Jean-Paul II s’est rendu au sanctuaire marial de

    Sastin, à quelque 70 kilomètres au nord de Bratislava, pour désigner "les

    ennemis d’aujourd’hui: le subjectivisme exaspéré, le matérialisme pratique,

    l’indifférence religieuse, la consommation effrenée, le sécularisme et

    l’hédonisme". Dans ce nouveau combat, le pape place l’Eglise en première

    ligne: elle doit être, a-t-il dit, "un modèle, transparent et exemplaire".

    Après une première journée à Bratislava et à Nitra, marquée surtout par

    la rencontre du pape avec les jeunes et la chaleur de l’accueil de la population slovaque, Jean-Paul II a commencé la deuxième journée de sa visite

    par une messe au sanctuaire marial de Sastin, qui abrite une Vierge des

    Sept Douleurs vénérée comme la patronne de la Slovaquie.

    Devant une foule très recueillie estimée à au moins 200’000 personnes

    (400.000 selon les organisateurs), Jean-Paul II a insisté sur la nécessité

    d’un renouveau spirituel pour le pays. Dans cette perspective, il a placé

    la spiritualité mariale au coeur de son message et au coeur de la vie nationale: "Marie désire que vous l’accueilliez (...) dans toutes les maisons

    slovaques et dans toute votre vie nationale". Marie, a observé le pape, ne

    tient aucun compte des diverses appartenances ethniques qui composent ce

    pays indépendant depuis le 1er janvier 1993.

    L’Eglise au coeur de la reconstruction du pays

    Esquissé lors de l’homélie de la messe, le thème de l’unité nationale et

    du rôle de l’Eglise dans la reconstruction du pays a été au coeur de la

    rencontre du pape avec les évêques slovaques de milieu de journée. Sur le

    plan religieux, le pape demande aux évêques "un nouveau style de communion"

    et une "priorité absolue" à la formation du clergé, notamment à propos des

    enseignements du concile Vatican II. Il attend aussi que l’Eglise slovaque

    donne leur place aux laïcs, en les formant en particulier à l’engagement

    socio-politique.

    Cet effort de formation demandé à l’Eglise a un sens pour l’unité du

    pays: il doit contribuer à la création d’une "vraie culture", car "c’est la

    culture qui fait la nation". Pour Jean-Paul II, "l’âme de la nation

    slovaque" vient de sa tradition chrétienne, et il appartient à l’Eglise de

    promouvoir les valeurs authentiques de l’homme, un rôle très important, en

    particulier dans une société en pleine reconstruction.

    Non aux nationalismes

    L’un des obstacles majeurs à l’édification de cette nouvelle société, a

    observé le pape, réside dans les particularismes ethniques: "Ici vivent des

    catholiques appartenant à d’autres communautés nationales: des Tchèques,

    des Tsiganes et, plus substantiellement, des Hongrois". Mais la diversité

    des langues et des cultures, loin d’être un motif de discorde, doit donner

    "l’occasion d’un enrichissement réciproque", car elle fait apparaître "la

    dimension de la catholicité".

    Une allusion qui n’est pas passée inaperçue, tant le nationalisme hante

    ce jeune pays. Il est l’un des motifs de la querelle qui oppose le président de la République, Michal Kovac, à son Premier ministre, Vladimir Meciar, que le pape a rencontré séparément dans l’après-midi à son retour à

    Bratislava.

    Tensions religieuses

    A 18h30, Jean Paul II a rencontré les représentants des autres confessions et religions. On notait surtout l’absence de l’évêque orthodoxe de

    Slovaquie, dont l’Eglise rassemble O,6% de la population. Mgr Nikolaj a déclaré ne pas vouloir se mêler à "une affaire catholique". Son absence révèle les fortes tensions qui opposent, dans l’est du pays, les orthodoxes et

    l’Eglise uniate gréco-catholique. Celle-ci, intégrée de force à l’orthodoxie par le pouvoir communiste en 1950, s’est aujourd’hui totalement réorganisée et compte quelque 200’000 fidèles. Elle revendique ses biens et lieux

    de culte. Ce qui ne va pas sans conflit avec les orthodoxes.

    Du côté protestant, on a manifesté une certaine irritation à l’annonce

    de la canonisation des trois "martyrs de Kosice", morts sous la torture

    pour avoir refuser d’embrasser le calvinisme en 1619. Les luthériens qui

    attendent un geste symbolique du pape pour leurs vingt-quatre martyrs, victimes du "Tribunal sanglant" de Presov, ont organisé samedi dans cette ville une contre-manifestation à la mémoire de "leurs" martyrs.

    La journée s’est achevée, comme tous les premiers samedis du mois, par

    la récitation du chapelet au couvent des Ursulines de Bratislava, retransmis à l’intention des auditeurs de Radio Vatican.(apic/jmg/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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