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    apic/Slovaquie pape/ protestants

    Slovaquie: Le pape rend hommage aux martyrs protestants

    Un geste inattendu et significatif (020795)

    Kosice, 2juillet(APIC/Jean-Marie Guénois) En se reccueillant dimanche devant le monument aux 24 martyrs protestants de Presov, en Slovaquie orientale, le pape Jean Paul II a accompli une démarche de grande portée oecuménique. Le geste est d’autant plus significatif qu’il ne figurait pas au

    progamme initial de ce deuxième voyage de Jean Paul II dans le pays.

    Dans l’homélie de la messe à Kosice, au cours de laquelle il a canonisé

    trois martyrs jésuites, Jean Paul II avait déjà exprimé explicitement

    "l’admiration" de l’Eglise catholique pour les témoins de la foi orthodoxes

    et protestants qui lors des guerres de religion "ont souffert la torture et

    la mort à cause de leur fidélité à leurs convinctions et à leur conscience". "Comment ne pas reconnaître la grandeur des 24 croyants évangéliques

    tués à Presov?", a-t-il relevé devant 300’000 personnes.

    C’est samedi à Bratislava que Jean Paul II a décidé d’accomplir un geste

    supplémentaire en se rendant lui-même, le lendemain, devant le mémorial de

    Presov dédié aux 24 victimes du "massacre de Caraffa", du nom du général

    qui présidait le tribunal militaire de l’empire austro-hongrois qui

    prononça la mise à mort de ces protestants en 1687. Le pape a certainement

    voulu tenir compte de la déception des luthériens qui avaient organisé samedi une cérémonie pour dire "qu’il n’y a avait pas que des martyrs catholiques" selon les termes de Karol Gabris, représentant de l’Eglise évangélique à la rencontre avec le pape.

    De fait, Jean Paul II avait déjà préparé depuis longtemps le texte de

    l’homélie de la messe et avait l’intention de rendre un hommage aux protestants. Mais la ville de Presov où ce massacre a eu lieu est, en Slovaquie,

    un des hauts-lieux de la résistance protestante à la catholicisation, décidée et forcée par les princes de l’époque. Aux yeux des observateurs, cette

    démarche prouve la volonté de Jean Paul II de donner "la priorité à l’unité

    des chrétiens".

    Un encouragement pour les Eglises-soeurs

    En canonisant trois prêtres catholiques, un Polonais, Melchior Grodziekki, un Hongrois Stefan Pongracz et un Croate, Mark Krizvcanin, excutés par

    décapitation après avoir été torturé en 1619 parce qu’ils refusaient d’abjurer leur foi au profit des thèse de Luther le pape entend aider à guérir

    les blessures du passé et à rendre justice à chacun, a affirme Joquin Navarro-Valls, porte-parole du Saint-Siège.

    Dans son homélie Jean Paul II donne le sens de cette démarche. " Elle

    est un encouragement pour toutes les Eglises soeurs.(...) Le martyre unit

    tous les croyants dans le Christ soit en Orient, soit en Occident, avec qui

    nous attendons encore de pouvoir rejoindre la pleine communion ecclésiale."

    Le pape espère que l’exemple de ces prêtres de trois nationalités différentes ravive chez leurs concitoyens l’engagement à la compréhension réciproque et renforce entre les Slovaques et la minorité hongroise les liens

    d’amitié et de collaboration.

    Le pape a salué une seconde fois la minorité hongroise (12% de la population) lors de l’angélus. On sait que les relations entre Slovaques et

    hongrois sont aujourd’hui pour le moins tendues. Une réforme de l’enseignement par laquelle Bratislava veut obliger la minorité hongroise à apprendre

    non seulement sa langue maternelle mais également le slovaque agite actuellement les esprits.

    Hommage aux gréco-catholiques

    A Presov, le pape a fait une seconde visite - elle aussi non-prévue au

    programme - pour se rendre dans la cathédrale sur le tombeau de l’évêque

    gréco-catholique Pavel Gojdic, mort dans les prisons communistes en 1960 et

    très vénéré par la population. Lors du printemps de Prague en 1968, Dubdcek

    avait d’ailleurs autorisé le transfert de la dépouille mortelle de cet évêque de la prison à la cathédrale.

    Dans l’aprés-midi, le pape a pris part à la prière mariale des grécocatholiques. Cette prière consiste en une narration chantée sur le thème de

    l’annonciation. Elle occupe chez les gréco-catholiques la place du rosaire

    chez les latins. "Vous pouvez être fiers" de votre résistance a dit le pape

    aux membres de cette Eglise persécuté et interdite par les communistes en

    1950. "Après la purification de la mémoire historique" que Jean Paul II juge nécessaire, cette Eglise doit approffondir son patrimoine et surtout la

    diversité qu’elle apporte dans l’Eglise. L’Eglise uniate compte actuellement en Slovaquie quelque 200’000 fidèles et 250 prêtres.

    Durant les cérémonies de dimanche, Jean Paul II semblait ressentir la

    fatigue accumulée durant le voyage. Mais il avait surpris les observateurs

    la veille en se rendant a pied, sans canne et d’un bon pas de la nonciature

    de Brastislava vers le palais présidentiel.

    Lundi, après avoir dit la messe au sanctuaire marial de Levoca, le pape

    prendra du repos dans les Monts Tatras où, jeune prêtre, il se rendait

    souvent de sa Pologne voisine. (apic/jmg/mp)

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