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    apic/sixtine/ reprise du 24.11.93

    Rome: renaissance du "Jugement dernier" à la chapelle Sixtine (070494)

    Réouverture officielle après 13 ans de restauration

    Rome, 7avril(APIC) C’est par une messe solennelle que le pape Jean Paul

    II célébrera vendredi la réouverture la Chapelle Sixtine après 13 ans de

    travaux de restauration. Le "jugement dernier" de Michel-Ange peint au-dessus de l’autel sera dévoilé public. Après ceux de la voûte, l’achèvement

    des travaux de nettoyage du "Jugement dernier" redonne tout son éclat au

    joyau du Vatican.

    La fresque du "Jugement dernier" (20 m x 10 m) est la dernière des fresques de Michel-Ange à avoir été restaurée. Les travaux du plafond avaient

    été achevés en 1990; ceux du "Jugement dernier" ont commencés sitôt après.

    Financés par les Japonais mais exécutés par les Italiens, les travaux de

    restauration qui viennent de se terminer ont été méné avec un grand souci

    de vérité scientifique. Il a fallu d’abord procéder à des tests de nettoyage, entre autres sur le bleu des ciels. Les photos en fluorescence ultraviolet et à l’infrarouge sur toute la superficie ont été faites de nuit

    avec des expositions de plus d’une heure. Le relevé photogrammétrique était

    acquis depuis fin 1987.

    Les 180,21 m2 de surface peinte entre 1538 et 1541 étaient couverts

    d’une couche sombre et vitreuse composée de poudre de silice, de noir de

    fumée avec des acides gras non saturés en longues traînées, de protéines

    animales... c’est-à-dire de colle et d’huile de lin.

    Le mythe d’un Michel-Ange qui aurait peint ces voiles sombres pour des

    raisons métaphysiques s’effondre. Tout comme cette idée prêtée au pape Clément VII d’imposer cette obscurité en souvenir de la mise à sac de Rome en

    1527.

    Plusieurs tentatives de nettoyage des fresques ont sans doute été faites

    dans le passé. Mais on ne conserve aucune trace de datation. Au 16e siècle,

    l’entretien se transforma en censure, après le Concile de Trente. Daniele

    da Volterra fut surnommé le "brachettone" pour avoir recouvert en 1565 de

    culottes certains personnages. Ses "apports" ont été conservés. Mais pas

    ceux rajoutés grossièrement les siècles suivants.

    Au 18e siècle, Vincenzo Canuccini fit un essai de nettoyage. Les risques

    furent jugés trop élevés... Plus rien ne fut tenté jusqu’à ces dernières

    années. La fresque fut peinte selon Biagetti en 450 jours. La technique employée a été comme pour la voûte, celle de la "bonne fresque": un papier

    dessiné plaqué sur l’enduit frais avant d’être peint. Les figures du second

    plan ne faisaient pas partie du papier. Etant donné les dimensions de l’ensemble, Michel-Ange y dessinait seulement les figures principales.

    Pour le nettoyage, il s’est agi de conserver un léger voile d’apport extérieur, afin d’équilibrer au maximum le résultat. Le procédé consiste en

    un premier lavage préliminaire avec seulement de l’eau distillée, puis des

    traitements successifs de bicarbonate de soude et d’ammonium à 24 heures de

    distance, réalisés à travers des feuilles de papier japonais. Le traitement

    dure environ 6 minutes, après quoi la feuille est retirée et la partie est

    nettoyée.

    Cette méthode a donné de très bons résultats sur les visages. Pour le

    nettoyage des ciels, pour lesquels Michel-Ange avait utilisé un pigment

    spécial, on a adopté une méthode légèrement différente: l’application de la

    solution dure moins et l’enlèvement de la substance étrangère se fait au

    tampon. Une éponge trempée d’eau pressée sur la surface peinte, qui retient

    ainsi la saleté contenue dans le pigment sans créer de frottement.

    C’est ainsi que le nettoyage des ciels a été confié à un seul restaurateur. Avec ce système utilisé pour les ciels, on a pu nettoyer les parties

    ’à sec’. Mais quand elles étaient couvertes de retouches, cela exigeait un

    retrait préliminaire de ces ultimes coups de pinceau. Toute l’eau utilisée

    dans les opérations de nettoyage a été préalablement stérilisée.

    Tout le débat sur l’intérêt de procéder à ce nettoyage tourne court à la

    vision de cette oeuvre retrouvée. De cette véritable renaissance. (apicdch/pr)

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