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    apic/Session de Matran/Annonce de Jésus/Monde postmoderne

    Fribourg:Session pastorale de Matran (290197)

    Annoncer Jésus-Christ dans le monde complexe de la postmodernité

    Matran,29janvier(APIC)Quelque 80 prêtres et une soixantaine d’agents

    pastoraux laïcs en ministère dans l’Eglise du canton de Fribourg, planchent

    trois jours durant à Matran sur l’"annonce de Jésus-Christ". Une annonce

    qui doit se faire désormais dans un monde complexe et sécularisé caractérisé par la "postmodernité" et marqué par la "disparition" de Dieu.

    "Une Eglise qui annonce Jésus-Christ", tel est en effet le thème au menu

    de la traditionnelle session pastorale annuelle qui se tient jusqu’à jeudi

    à la Maison St-Joseph de Matran en présence de l’évêque diocésain, Mgr Amédée Grab, et du vicaire épiscopal Jacques Banderet. Les intervenants Denis

    Villepelet et le Père Joseph Moingt, venus tout exprès de Paris, ont su,

    dans leurs registres respectifs, aborder les thèmes de la complexité du

    monde contemporain et de l’annonce de Jésus-Christ.

    En ouverture de la session de ce que les initiés appellent avec un brin

    d’humour le "Concile de Matran", le vicaire épiscopal Jacques Banderet a

    rappelé que l’Evangile est désormais annoncé dans une terre sécularisée;

    dans un monde qui vit une déchristianisation croissante... même à Fribourg!

    Prêtres et laïcs, religieux, religieuses, catéchistes, animateurs engagés

    dans la pastorale de la santé, des jeunes, du monde rural ou dans les mouvements, ont été invités à une "pastorale réaliste de cheminement". Deux

    prêtres étrangers actifs dans le canton, les abbés Modeste Kisambu-Muteba,

    zaïrois, curé du Châtelard-Grangettes, et Dariusz Kapinski, curé polonais

    de Broc et Botterens, ont été présentés à l’assemblée.

    Premier intervenant:Denis Villepelet, directeur de l’Institut supérieur

    de pastorale catéchétique à Paris. Dressant le portrait d’un monde en crise, caractérisé par la "multiréférencialité", il a souligné que la multiplication des références produit une "crise du sens unique". Et avec lucidité et optimisme, l’enseignant français plaide pour une "approche dialogique" de la complexité. Ce plaidoyer a réconcilié l’assistance avec un monde

    perçu comme indifférent à la Bonne Nouvelle.

    Une crise stimulante

    "Analyse intéressante et juste", confie Sophie Ding, responsable de la

    Jeunesse Etudiante Chrétienne (JEC) à Fribourg. Pour l’étudiante engagée,

    la crise ne doit pas faire peur, mais stimuler en vue d’initiatives nouvelles. Une partie de l’auditoire, néanmoins, se demandait visiblement comment

    appliquer concrètement ce constat dans les réalités pastorales quotidiennes

    du pays de Fribourg. Même réaction après l’exposé plus difficilement accessible du jésuite Joseph Moingt.

    Christologue réputé, auteur de l’ouvrage "L’Homme qui venait de Dieu"

    (1995), le Père Moingt a défendu l’idée, dans un monde caractérisé par la

    perte de Dieu, d’une annonce de Dieu au même titre que l’annonce de JésusChrist. "Pour le théologien, l’important est de savoir ce qui est arrivé à

    Dieu en Jésus", a-t-il relevé. Pour lui, le message du Christ - qui n’a

    certes pas songé à ériger une religion nouvelle - se distancie cependant de

    la religion de l’époque.

    Médiateur, Jésus est "l’Envoyé de Dieu qui vient à nous". Il voulait faciliter l’accès au Royaume de son Père au plus grand nombre de personnes de

    toutes religions: il les appelle tous, les pécheurs, les pauvres, les

    estropiés... Et surtout, il livre un message d’espérance et nous délivre de

    la peur de Dieu qui est au coeur de la religion traditionnelle. Le Père

    Moingt voit une nouvelle idée d’incarnation se développer aujourd’hui, plus

    proche de l’Evangile. Et notre époque redécouvre l’humanité de Jésus, indispensable pour redécouvrir l’humanité de Dieu.

    Le message théologique du Père Moingt a été confronté dans les groupes

    de réflexion aux défis pastoraux de l’annonce de Jésus dans une réalité

    d’aujourd’hui marquée par le chômage, la pauvreté croissante, le sida et la

    drogue, le manque de perspectives pour les jeunes, l’angoisse du lendemain

    pour beaucoup. Il faut éviter la "religion opium", a constaté l’abbé Marc

    Joye. Pour l’auxiliaire de Châtel-St-Denis, Jésus s’incarnant dans la pâte

    humaine, il prend chair dans la réalité d’aujourd’hui, dans une société qui

    a désormais mis le "Dieu profit" à la première place. (apic/Bernard Litzler/be)

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