Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Les membres de la conférence des évêques suisses (II)

    APIC - Série

    Mgr Georg Holzherr, abbé d’Einsiedeln

    Gabriele Brodrecht / agence APIC

    "Avoir plus de souffle" (270992)

    Einsiedeln, 27septembre(APIC) La conversation avec lui, comme une ballade

    en forêt, fait oublier toute fièvre. Le calme rayonne de sa personne - ce

    calme que l’on ressent entre de vieux arbres élevés, là où le temps se

    mesure non pas en secondes, mais en siècles. La connaissance de la course

    de l’Histoire lui a donné la sagesse; "avoir plus de souffle", telle est sa

    maxime personnelle. Et pour le rencontrer, il faut effectivement se rendre

    dans "la sombre forêt": Lui - Georg Holzherr, abbé d’Einsiedeln,

    Là où le visiteur contemporain est ébloui par le baroque luminieux et

    éclatant d’or de la basilique récemment restaurée, là, vers l’an 835

    l’ermite Meinrad s’était retiré au fond de la "sombre forêt" pour consacrer

    tout son temps à Dieu. Consacrer leur temps à Dieu, les moines et l’abbé du

    couvent d’Einsiedeln le font encore aujourd’hui. Lors de la rencontre avec

    lui, on ressent la force de la prière et des psaumes qui imprègnent la

    journée monastique.

    Georg Holzherr personnifie vraiment la règle de saint Benoît. Il n’est

    pas l’ami des grands mots ni des paroles abondantes, mais il sait écouter.

    "Qu’il montre ce qui est bon et saint, davantage par des actes que par des

    paroles", recommande à l’abbé déjà la Règle de saint Benoît. Mesure, même

    humilité dans toute chose sont deux qualités que l’on remarque chez Georg

    Holzherr; aussi somptueuse est la basilique de son couvent sur la vaste

    place, aussi simple est l’homme aimable dans sa bure noire de l’ordre

    bénédictin. "Je suis un homme plutôt sobre, y compris dans les questions de

    foi", estime l’abbé qui a choisi comme devise "Caritas patiens est" - "la

    charité est patiente" - et qui sait rester parfaitement calme dans les

    situations difficiles.

    Cette capacité l’a sûrement aussi beaucoup aidé en tant que membre de la

    commission de dialogue instituée à cause du conflit avec l’évêque de Coire.

    Cela devait également permettre de supporter plus facilement le fait que la

    commission n’ait pas trouvé de répondant à Coire pour ses propositions de

    "modus vivendi" notamment à propos de la consultation des organes diocésains ou d’un poste de médiateur pour les situations "d’impasse". La plupart des pères bénédictins de l’abbaye territoriale d’Einsiedeln - qui est

    indépendante -, tout comme leur abbé, souhaitent rester à l’écart des querelles autour de Mgr Haas. Mais pas tous: Quelques pères ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils s’expriment contre les idées sur l’Eglise de

    l’évêque de Coire.

    Comme un père

    Au sein du monastère, dont l’abbé est élu librement par le chapitre, la

    hiérarchie n’est cependant pas un problème: "Chez nous, le système n’est

    pas autoritaire, mais plutôt comme celui d’une grande famille. L’abbé doit

    être comme un père et oeuvrer d’une manière intégrante - particulièrement

    aujourd’hui où beaucoup de choses, également dans l’Eglise avec ses luttes

    de direction, vont à la dérive." Ces derniers temps, l’abbé a pu se réjouir

    de compter à nouveau davantage de vocations dans la "famille" du couvent.

    Actuellement, des 112 membres de la communauté 4 sont des novices auxquels

    s’ajoutent deux candidats. Quelque 25 moines vivent à l’extérieur du

    monastère.

    L’affaire de Coire est "un problème qui a causé beaucoup de peine et absorbé de l’énergie inutilement". On a déjà "cassé beaucoup de vaisselle":

    L’abbé d’Einsiedeln l’a dit au pape lors de la visite ad limina des évêques

    suisses à Rome. Jean Paul II a parlé de temps d’épreuve dans la vie de

    l’Eglise. A la question de l’évolution probable de l’affaire, l’abbé répond

    par un de ses gestes calmes qui conduisent imperceptiblement ses mains dans

    une attitude de prière...

    "Ora et labora" - "prie et travaille" - Georg Holzherr n’a pas entendu

    ce principe pour la première fois dans l’ordre bénédictin, mais déjà dans

    le village soleurois de Neuendorf où il est né en 1927 dans une grande famille paysanne; la vie à la ferme lui a enseigné ce qu’aider les autres et

    avoir de la considération pour eux signifie. C’est sa mère, puis le curé

    qui lui proposent de devenir prêtre. Lorsqu’il objecta qu’il n’avait "pas

    que de bons côtés", le curé le rassura: C’était justement bien, parce

    qu’ainsi il pourrait plus tard mieux comprendre les hommes. "Lorsque je

    pense combien j’étais alors pieux!", dit l’abbé avec un clin d’oeil en racontant les pèlerinages qu’il effectuait avec sa grand-mère à Mariastein.

    "J’admire votre courage"

    Assez pieux pour un abbé, il l’est certainement aujourd’hui encore. En

    1969, lorsqu’à l’âge de 42 ans seulement - après des études à Rome en droit

    canon, en théologie morale et éthique, mais sans aucune expérience dans la

    gestion des affaires - il est élu abbé, ses premiers mots à l’adresse de

    ses confrères sont: "J’admire votre courage." Mais il trouve aussitôt beaucoup d’aide de la communauté, où bien des tâches sont organisées d’une

    manière décentralisée et où l’abbé a plutôt la fonction d’un "pompier".

    Naturellement, on crie parfois au "feu"; déjà la règle de l’ordre mentionne "les revenus peut-être insuffisants". L’abbaye doit vendre parfois

    des possessions. Le maintien du collège, où l’abbé a également fait ses

    études, n’est pas assuré. "Nous sommes en négociations avec le canton à

    propos de sa contribution et nous espérons sa compréhension. Les gens d’ici

    à l’origine sont des paysans. Ils doivent savoir que si on veut qu’une vache donne du lait, il faut la nourrir!" De fait, l’abbaye n’est pas une

    mauvaise "vache à lait" pour la région: L’abbaye, la plus grande de Suisse,

    où les anciennes traditions comme le chant grégorien sont encore vivantes,

    attire chaque année un demi-million de pèlerins et de touristes. Ce ne sont

    d’ailleurs pas seulement des chrétiens qui visitent Einsiedeln. Ainsi des

    tamouls viennent souvent prier à la Sainte Chapelle devant la "Vierge noire".

    Même quand le "Grand Théâtre du Monde" n’est pas joué comme durant cet

    été devant l’abbaye, les nombreux pèlerins apportent naturellement de

    l’agitation. Mais le bruit doit rebondir contre les murs du couvent. "Le

    jardin du couvent par exemple est calme et paisible", se réjouit l’abbé que

    l’on peut rencontrer parfois ici en train de sarcler la terre. Des "fruits

    du jardin", seuls les choux de Bruxelles n’atterriront certainement pas

    dans son assiette... L’après-midi, l’abbé va volontiers se promener en forêt. Déjà à l’âge de dix ans il avait pensé, "tout est si beau dans la

    création, il ne peut pas y avoir de monde absurde et sans signification!"

    Il s’est imprégné de ce principe pour le cas où, plus tard, il deviendrait

    "plus stupide"...

    Ce qui n’est pas arrivé: Lorsqu’il parle aujourd’hui de l’univers, il

    peut s’émouvoir de la même façon que pour ce qui lui procure une joie

    particulière et qui "lui plaît mieux que la comptabilité": le travail

    silencieux à la table d’écriture. Il montre une nouvelle traduction de la

    règle de saint Benoît et l’antiphonaire (recueil de chants sacrés) des

    bénédictins pour lequel il a rassemblé le matériel à partir d’anciens

    codices. Il se réjouit déjà un peu à la pensée de la retraite, quand il

    aura plus de temps pour ces tâches.

    Il n’y est cependant pas encore. Nous nous tenons à la fenêtre ouverte;

    la "sombre forêt" est toute proche. Mais la cour du monastère est en plein

    soleil. Les deux fillettes qui guignent à travers une grille dans un petit

    jardin ne devinent pas que l’abbé du couvent lui-même les regarde. Elles

    sont totalement plongées dans la merveille d’un moulin miniature orné de

    figurines mobiles colorées. L’abbé sourit: "C’est la véritable attraction

    d’Einsiedeln... au moins pour les petits!" (apic/gbr/mp/gbr)

    Des photos de Mgr Georg Holzherr sont disponibles auprès de l’Agence CIRIC,

    8 Ch. des Clochetons, C.P. 50, 1000 Lausanne 7, tél. 021/25 28 29

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus