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    apic/Secret de la confession/Danger/Etats-Unis

    Des Eglises nord-américaines s’insurgent

    contre l’ingérence dans le secret de la confession (310596)

    Washington, 31mai(APIC) Les mesures prises par les autorités judiciaires,

    aux Etats-Unis et au Canada, à l’encontre du caractère confidentiel des

    conversations tenues entre des membres d’Eglise et leur prêtre ou leur pasteur, suscitent l’inquiétude dans les deux pays.

    Dans l’Etat américain de l’Oregon, l’Eglise catholique, et avec elle une

    note du Vatican publiée la semaine passée, condamne sévèrement la proposition faite par le bureau du représentant local de la justice d’utiliser

    l’enregistrement sur bande d’une confession entre un détenu catholique et

    un prêtre, comme témoignage dans une affaire de meurtre ayant entraîné la

    mort de trois enfants.

    Au cours de cette confession, le jeune Conan Wayne Hale, 20 ans, qui se

    trouvait incarcéré à la prison d’Eugene, Oregon, sous l’inculpation de cambriolage, avait confessé ses péchés. La conversation a eu lieu à travers

    une cloison en plexiglas, à l’aide de combinés téléphoniques. C. W. Hale et

    le prêtre ignoraient l’un et l’autre que leur entretien était écouté et enregistré. Pour l’Eglise catholique le sacrement de la confession a un caractère strictement confidentiel.

    "Les paroles qui ont été surprises dans cette prison sont la révélation

    la plus intime d’un homme à son Dieu", a déclaré le prêtre catholique Michael Maslowsky, directeur des services pastoraux catholiques de l’archevêché local, au Washington Post. Le journal rappelle que les lois reconnaissant le caractère confidentiel des échanges entre membres du clergé et fidèles laïcs remontent au 16e siècle et que ce principe a été inscrit dans

    la législation américaine sur décision de la Cour suprême en 1876.

    "Cependant", a expliqué le représentant de la justice du district, Doug

    Harcleroad, au correspondant du journal, "ce que l’on a omis de dire dans

    cette histoire, c’est que trois enfants sont morts à Springfield, assassinés. Nous cherchons à recueillir des témoignages".

    Selon la police locale, un autre homme qui avait été accusé de ces

    meurtres

    a impliqué Conan W. Hale dans l’affaire.

    Rappelons que le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, a

    adressé une lettre à l’ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège, M.

    Raymond Flynn, demandant que la bande soit détruite.

    Loi pas très claire au Canada

    La question de la confidentialité et des groupes religieux s’est également posée avec acuité à la mi-mai au Canada, quand un juge de l’Ontario a

    décidé que les anciens d’une communauté de témoins de Jéhovah devaient révéler ce que leur avaient confié deux hommes accusés de violences sexuelles.

    Le juge Rommel Masse a indiqué que dans ce cas précis, le droit d’un

    homme d’Eglise de ne pas révéler les détails de la confession d’un paroissien n’était pas applicable. Le fait que l’un des anciens ait déjà révélé à

    la police une partie des déclarations de ces hommes annulait la demande du

    statut de confidentialité.

    En 1991, la Cour suprême du Canada a établi que toute révélation faite

    dans un contexte religieux - dans l’expectative, donc, que son caractère

    confidentiel serait respecté - était protégée par le privilège ecclésiastique. Depuis lors, aucun prêtre, pasteur ou rabbin n’a été contraint de révéler les détails d’une confession faite en tête-à-tête. Toutefois, en ce

    qui concerne les secrets divulgués dans d’autres circonstances, la loi

    n’est pas claire.

    En 1993, Larry Leith était l’un des trois anciens à faire partie d’un

    comité d’Eglise chargé d’une enquête à la suite de plaintes portées pour

    mauvais traitements infligés à des tiers. Les hommes qui faisaient l’objet

    de cette accusation ont fourni à ce comité des informations concernant des

    actes commis du temps de leur adolescence.

    Le juge Masse a déclaré que Larry Leith avait perdu son droit de garder

    le secret de ces discussions au moment où il avait communiqué à la police

    une partie des déclarations entendues. Le juge a décidé que la procédure

    appliquée dans ce cas-là par l’Eglise ne satisfaisait pas à l’exigence de

    confidentialité totale et absolue requise par les tribunaux pour accorder

    le privilège ecclésiastique. (apic/eni/pr)

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