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    apic/Sarajevo/ visite du pape?

    Rome : Jean-Paul II à Sarajevo? (230197)

    L’Eglise bosniaque entre la prudence et l’espoir

    Rome, 23janvier (APIC) L’Eglise en Bosnie fait preuve de discrétion et de

    prudence après l’annonce par le Vatican d’une visite de Jean-Paul II à Sarajevo. Ce n’est encore qu’une hypothèse, note Mgr Pero Sudar, auxiliaire

    du cardinal Puljic dans la capitale bosniaque.

    Mais Mgr Sudar espère: "Nous savons besoin de la présence du Saint-Père

    et Sarajevo aussi." Mgr Perko, archevêque de Belgrade, partage son espoir

    en ajoutant qu’il aimerait aussi recevoir le pape dans la capitale serbe.

    "C’est trop de publicité, même pour la sécurité": c’est la réaction du

    Père Ivo Tomasevic, secrétaire du cardinal Vinko Puljic, à une dépêche d’AP

    annonçant la visite du pape à Sarajevo pour les 12-13 avril prochains. Le

    cardinal lui-même se refuse à toute confirmation officielle. "Ce n’est pas

    à nous, mais au Vatican d’annoncer la date et le programme, souligne le Père Tomasevic. Mgr Francesco Monterisi, nonce apostolique en Bosnie, devrait

    examiner avec les évêques les possibilités concrètes d’une telle visite. En

    outre, la situation des catholiques reste délicate à Sarajevo."

    La lucidité du pape

    Dans un entretien téléphonique avec le journal catholique "L’Avvenire",

    Mgr Pero Sudar, auxiliaire du cardinal, souligne cette précarité. Pour lui,

    la visite du pape n’est encore qu’une hypothèse: "Ici, on vit toujours sous

    une condition pesante: tous nos programmes finissent par un grand "si". La

    visite ne dépend ni de nous, ni du pape. Une difficulté tombe, une autre

    surgit." C’est ainsi que la visite prévue le 8 septembre 1994, en plein

    siège, avait dû être annulée, pour la sécurité de tous, et ne pas risquer

    d’attiser les tensions.

    "Mais le pape a été présent durant toute la guerre, en paroles et en actes, à chaque instant. A des moments où l’on ne savait où aller, lui, il a

    toujours compris. Mieux que nous", tient à ajouter Mgr Sudar, qui avoue

    qu’à certains moments on ne savait plus s’il ne fallait pas mieux fuir pour

    rester sain et sauf. "C’était la nuit, durant le siège. On voyait mieux le

    sens de notre tragédie de l’extérieur, du moins pour ceux qui voulaient la

    voir. Et le pape voyait. C’est lui qui nous a donné la fermeté. Et donc la

    force de rester".

    La Jérusalem de l’Europe

    "Il nous a dit: Restez. Car Sarajevo est la Jérusalem de l’Europe", précise Mgr Sudar. Une expression que le pape avait déjà utilisée dans son

    discours au Corps diplomatique de janvier 1996. Les trois monothéismes se

    côtoient à Sarajevo comme à Jérusalem. Pour le pape, de "cité symbole des

    tragédies de l’Europe du XXe siècle", Sarajevo doit devenir un "carrefour

    de la paix", fondé sur la liberté de conscience et de religion, où les rencontres et les échanges de religions, des sociétés et des cultures fécondent la coexistence pluriethnique.

    Déjà lors de la liaison télévisée en direct de Lorette avec Sarajevo, le

    9 septembre 1995, Mgr Sudar avait rendu hommage à cette "présence" du pape:

    "Nous vous sentons présent comme si vous étiez là personnellement, au milieu de toutes nos souffrances, de nos peurs, de nos espoirs."

    Aujourd’hui, si les accords de Dayton on changé le paysage, la paix manque encore dans les coeurs et les dans structures. L’heure est à la reconstruction et à la réconciliation, mais pour cela il faut garder l’espoir

    que trois ans et demi de siège, dix mille morts, 56’000 blessés et mutilés,

    des foules de réfugiés et les cendres de la ville ne les compromettront

    pas. "Tout ce qui s’est accumulé pendant la guerre menace maintenant de tuer ce que nous avons sauvé pendant la guerre: l’espérance", confie Mgr Sudar. "Je fais confiance au charisme de Jean-Paul II. Je pense que sa présence physique pourra ouvrir nos coeurs encore très endurcis. Pour cela,

    nous avons besoin de lui, justement maintenant."

    Belgrade: Mgr Perko espère

    Un autre évêque qui se réjouit de cette perspective est Mgr Franz Perko,

    archevêque de Belgrade, qui souligne les difficultés existant entre les

    communautés chrétiennes et musulmanes: "Les catholiques de Yougoslavie accompagneront la visite du pape en Bosnie avec les prières les plus ferventes, afin qu’elle soit vraiment utile à l’apaisement des rapports toujours

    plus tendus entre Musulmans et Croates."

    Mgr Perko exprime son désir de voir le pape venir aussi dans la capitale

    serbe, en ébullition depuis des semaines: "Nous attendons le Saint-Père ici

    aussi. Mais la situation ne permet pas que le pape vienne à Belgrade dans

    la sérénité." Les évêques de Serbie devraient renouveler leur invitation,

    lors de leur réunion en mars prochain. D’un point de vue oecuménique, Mgr

    Perko perçoit un signe très positif dans la prise de distance de l’Eglise

    orthodoxe d’avec le régime du président Milosevic.

    Reste que la tâche de reconstruction est énorme pour relever ce que le

    pape a appelé le "défi" des Balkans. Un défi lancé aux Européens, mais pas

    seulement à eux, déclare Mgr Perko. (apic/imed/ba)

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