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    apic/Rwanda/ religieuses/ génocide

    Belgique: accusations de génocide portées contre deux soeurs rwandaises

    Démenti formel des Bénédictines (010995)

    Bruxelles, 1erseptembre(APIC/CIP) Le 30 août, une émission de la télévision belge (RTBF) a accusé deux religieuses bénédictines de Sovu, au Rwanda, actuellement en séjour en Belgique, d’avoir participé au génocide de

    l’an dernier. Pour le Père Abbé Celestine Cullen, président de la Congrégation bénédictine de l’Annonciation, à laquelle appartiennent les Soeurs

    Gertrude Mukangango et Soeur Kisito, ces accusations reposent sur des témoignages douteux et comportent de nombreuses erreurs.

    "Les accusations portées dans cette émission comme d’ailleurs dans une

    certaine presse écrite se fondent, d’après leurs auteurs, sur des témoignages oraux recueillis en Belgique et ailleurs. Je m’étonne, souligne le Père

    Cullen dans un communiqué publié le 1er septembre, que sur la base de telles affirmations, on puisse jeter des soupçons aussi graves sur les deux

    religieuses accusées. Je puis attester que ce qui a été dit comporte de

    nombreuses erreurs. J’ai pu interroger moi-même, précise le Père Abbé, des

    personnes qui ont été témoins des événements rapportés. Ce que j’en ai recueilli dément formellement les accusations portées."

    "La vérité, souligne le Père Cullen, est que Soeur Gertrude a personnellement ouvert le monastère pour accueillir des réfugiés. Avec d’autres soeurs, elle a veillé à leur donner de la nourriture et des soins. Elle a même aidé certains d’entre eux à s’évader. Au risque de sa propre vie, en

    palabrant avec les miliciens, en leur donnant de l’argent, en interpellant

    le bourgmestre, elle a tout fait pour sauver non seulement les réfugiés qui

    étaient dans son monastère, mais aussi les membres de sa communauté. Il ne

    faut d’ailleurs pas oublier que, lors de l’évacuation ultérieure de la

    communauté, neuf soeurs ont été massacrées."

    "J’ai fait expressément le voyage d’Irlande pour m’assurer personnellement de tout ce qui se dit et s’écrit à ce sujet. Je suis peiné de voir de

    telles accusations atteindre des soeurs dont je ne puis mettre en doute ni

    la bonne foi, ni les actes", conclut l’Abbé.

    Soeur Gertrude témoigne

    Dans un témoignage écrit envoyé le même jour à l’agence de presse CIP à

    Bruxelles, Soeur Gertrude Mukangango admet que des personnes ont dû quitter

    le monastère de Sovu où elle vivait, mais "c’était dans le but de trouver

    un autre refuge plus sûr, le monastère étant un lieu convoité par les miliciens qui voulaient le piller et le détruire après avoir tué tout le monde".

    La religieuse s’étonne du traitement réservé aux témoignages recueillis

    auprès de personnes au Rwanda: tantôt, signale-t-elle, il s’agit de témoignages "inventés de toutes pièces"; tantôt, des témoignages "reprennent des

    faits réels", mais "qui ont eu lieu dans un contexte tout à fait différent

    de celui donné par les témoins".

    La présence de réfugiés dans le garage du monastère a, par exemple, fait

    l’objet d’interprétations erronées. "C’est vrai, ils sont allés s’y cacher.

    Mais voilà ce qui s’est passé, précise Soeur Gertrude: quand les miliciens

    ont commencé à lancer les premières grenades, les réfugiés se sont dispersés partout dans le jardin du monastère. Deux des hôtes qui étaient à l’hôtellerie et qui avaient défendu et les soeurs et les réfugiés contre la milice pendant deux ou trois jours, sont allés chercher du secours et ont

    fait appel à des militaires qui circulaient. Les militaires ont demandé aux

    réfugiés de se grouper au Centre de santé afin de faire barricade et d’essayer de lutter. Ils s’y sont cachés partout, même dans le garage. Un jour

    plus tard, quand les miliciens ont attaqué, ceux-ci étaient si nombreux que

    les réfugiés ont été écrasés sans défense. Plusieurs de ceux du garage ont

    été brûlés vifs, selon ce qu’on nous a rapporté plus tard. Aucune religieuse n’était présente. Toutes étaient cachées à l’hôtellerie avec les hôtes

    présents. Tout le monastère était encerclé; il n’y avait pas moyen de quitter un lieu pour un autre sans être abattu."

    Soeur Gertrude réfute également les accusations portées contre Soeur Kisito. Sa consoeur, dit-elle, "s’est battue pour sauver les gens jusqu’au

    bout; mais hélas, elle se trouvait devant une puissance bien armée, bien

    organisée, qui nous a tous écrasés." (apic/cip/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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