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    apic/Rwanda/ réfugigiés /craintes de Caritas

    Zaïre: Caritas: un rapatriement massif et non préparé (070396)

    des réfugiés rwandais du Kivu risque de déstabiliser la région

    Bruxelles, 7mars(APIC) Les nouvelles mesures sur la fermeture des camps

    de réfugiés au Kivu, annoncées au Zaïre par M. Kamanda wa Kamada, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, laissent peu de doute

    sur la détermination du gouvernement zaïrois d’organiser le retour des réfugiés rwandais dans les plus brefs délais. Caritas Secours International

    de Bruxelles s’inquiète: vu le manque de sécurité et de structures d’accueil au Rwanda, le retour forcé des réfugiés ne va-t-il pas déstabiliser

    toute la région ?

    Caritas Secours International, chargée de l’aide humanitaire en Afrique

    centrale au nom de Caritas Internationalis, rappelle qu’elle s’est toujours

    montrée favorable au retour des réfugiés. Elle comprend fort bien, assuret-elle dans un communiqué publié jeudi, "les motivations du gouvernement

    zaïrois qui se doit de réagir contre les conséquences économiques désastreuses pour la région du Kivu". Mais elle reste inquiète, vu l’insécurité et le manque de structures d’accueil au Rwanda.

    Une expulsion forcée, estime Caritas, "risque à nouveau de mettre en

    danger la stabilité de la région et de déclencher de nouvelles violences".

    S’il est évident que la population zaïroise du Kivu souffre de la présence

    des réfugiés, il est tout aussi indéniable, ajoute Caritas, "qu’actuellement, le Rwanda n’est pas en mesure de répondre aux besoins d’un nombre de

    réfugiés qui dépasse largement le million".

    Des propositions concrètes

    Le retour et l’accueil des réfugiés ne posent pas seulement un problème

    politique, mais également des problèmes d’ordre économique, juridique, social et psychologique, souligne l’organisation catholique. Caritas s’est

    d’ailleurs engagée au Rwanda dans des initiatives en faveur de la réhabilitation des réfugiés et elle n’a cessé, insiste-t-elle, de plaider pour le

    dialogue indispensable à la reconstitution du tissu social du pays. En revanche, un retour massif ferait peser à ses yeux "une hypothèque très lourde sur la réconciliation". Elle souhaiterait donc que s’organise un retour

    progressif plutôt qu’un retour massif.

    Même dans le cas d’un retour progressif, des conditions préalables

    devraient être remplies, soulignent les responsables de Caritas : la mise

    sur pied de "structures favorisant le dialogue" entre les parties concernées; l’élaboration d’un système judiciaire opérationnel, différent des tribunaux populaires, qui risquent de "faire l’amalgame entre la culpabilité

    des accusés et les intérêts des ’juges populaires’; la fin des arrestations

    arbitraires et le début des procès; la mise sur pied de structures d’accueil pour les réfugiés qui rentrent au pays; des dispositions précises

    pour réglementer le droit de propriété; l’indication de lieux d’implantation pour ceux qui ne pourraient rentrer chez eux.

    Appel à la communauté internationale

    Caritas lance par ailleurs un appel à la Communauté internationale,

    l’invitant à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des réfugiés qui rentrent au pays. Elle lui demande aussi d’élaborer

    des solutions tangibles pour tous ceux qui ne désirent pas rentrer au pays

    afin que leur présence ne pèse plus sur la population locale au Zaïre.

    Enfin, Caritas rappelle que le travail des Organisations non gouvernementales (ONG) n’est qu’un engagement temporaire: "Jamais il ne pourra

    suppléer l’engagement des institutions internationales". C’est aussi pourquoi Caritas souhaite la présence au Rwanda d’un plus grand nombre d’observateurs internationaux et estime que la présence du contingent des NationsUnies devrait être prolongée. (apic/cip/ba)

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