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    apic/Rwanda/ P. Wenceslas

    Rwanda: Le Père Wenceslas continue de nier (311095)

    "Je n’ai été ni un bourreau ni une victime"

    Bruxelles, 31octobre(APIC/CIP) Depuis plusieurs mois, l’abbé Wenceslas

    Munyeshyaka, réfugié en France, est au centre d’une controverse très médiatisée. Dans un dossier publié cet été, la revue catholique "Golias" l’accusait d’avoir participé activement ou passivement au génocide qui a décimé

    le Rwanda. Interrogé par "Droits de l’Homme sans Frontières", le prêtre

    continue de nier: il n’a été "ni un bourreau ni une victime".

    Mis en examen le 28 juillet à Privas (Ardèche) pour génocide, tortures

    et mauvais traitements, le prêtre, âgé de 37 ans, figure en 421e position

    sur une liste non officielle de 466 prétendus criminels de guerre qui circule à Kigali. L’arrêt de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Nîmes ordonnant le 11 août la remise en liberté du prêtre rwandais a contesté

    dans une large mesure les témoignages qui l’accusent. Cela n’a pourtant pas

    mis un terme à la campagne menée contre lui.

    "Droits de l’Homme sans Frontières" a confronté le Père Wenceslas aux

    accusations les plus récentes portées contre lui et verse ses réponses au

    dossier des témoignages contradictoires qui se sont accumulés au cours des

    derniers mois. L’association "n’est pas en mesure de confirmer ou d’infirmer les déclarations du Père Wenceslas et laisse à la justice française, si

    elle l’estime nécessaire, le soin de les utiliser".

    Le Père Wenceslas revient longuement sur les trois témoignages publiés

    par le journal "La Croix" le 6 octobre et les récuse. "Je suis en paix avec

    mon âme, déclare-t-il, mais je ne le serais pas si j’étais dans la peau de

    mes accusateurs qui, depuis des mois, répandent des calomnies à mon sujet."

    Le prêtre se défend d’avoir jamais livré des Tutsis aux miliciens. Il y

    avait 18’000 personnes déplacées à Saint-Paul et à la Sainte-Famille. "Dans

    cette masse de gens, je ne pouvais pas savoir qui était milicien ou espion

    du FPR, dit-il. Il y avait des gens de tous bords... Si j’avais voulu les

    livrer aux milices Interhamwe, comme certains me le reprochent, il me suffisait de partir et d’abandonner ces 18’000 personnes à leur sort, comme

    l’a fait la communauté internationale."

    Le P. Wenceslas récuse les trois témoignages produits par "La Croix", et

    notamment celui du journaliste canadien Hugh McCullum, qui n’a passé à la

    Sainte-Famille que "quelques minutes". "Le jour où la Minuar, le CICR, Caritas, Marc Vaiter, Henri Blanchard, Otta Meyer, les religieuses et les

    prêtres ayant décidé de ne pas abandonner notre peuple dans l’enfer de Kigali m’accuseront de crime, de traîtrise ou de lâcheté, je l’accepterai.

    Ceux qui n’étaient pas présents ou qui n’ont rien fait pour nous tout en

    étant sur place feraient mieux de se taire."

    Concernant la lettre à Jean-Paul II niant le génocide qu’on lui reproche

    d’avoir signée avec d’autres prêtres réfugiés à Goma, il s’agissait pour

    ces prêtres - "hutus aussi bien que tutsis", précise-t-il - de protester

    contre la diabolisation du peuple rwandais. Et d’ajouter: "Personnellement,

    je n’ai jamais nié le génocide, puisque j’en ai été le témoin direct. Ce

    que je conteste, c’est la diabolisation des Hutus. Avant les massacres,

    dans le cadre de notre mouvement oecuménique "Duharanire Amahoro", j’ai dénoncé publiquement et signé un document contre ceux qui considéraient les

    Tutsis comme des citoyens de seconde zone."

    Un témoin qui dérange

    "Dans le génocide qui a décimé le peuple rwandais, conclut le Père Wenceslas, au-delà des clivages ethniques, je n’ai été ni un bourreau ni une

    victime. Contrairement à beaucoup d’autres, je suis resté sur place pour

    servir les Rwandais, qu’ils soient hutus ou tutsis. J’ai maintes fois risqué ma vie et j’ai vu beaucoup d’horreurs. Mon père, hutu, a été tué lors

    des massacres, mais ma mère, tutsi, a heureusement survécu. Depuis le mois

    de juin, je suis l’objet d’une véritable lynchage médiatique en France et à

    l’étranger, apparemment orchestré par des personnes et des groupes dont je

    pourrais déranger les plans politiques. J’ai sans doute été témoin de choses dérangeantes pour le pouvoir actuel qui essaie de me diaboliser sur des

    bases ethniques. A les en croire, je serais pro-hutu et anti-tutsi, ce qui

    est ridicule. Mais au-delà de ma personne, je pense que c’est tout le clergé et l’Eglise catholique qui sont visés. D’autres prêtres et religieuses

    sont également la cible de pseudo-dénonciations et de calomnies remises entre les mains de certains médias occidentaux. Heureusement, cette presse,

    d’ailleurs désavouée par des journaux sérieux comme "Le Monde", n’est pas

    mon juge. Je me tiens à la disposition de la justice de mon pays d’accueil

    actuel, la France, pour faire éclater la vérité." (apic/cip/ba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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