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    apic/Rwanda/France/Wenceslas/Touvier rwandais?

    France:L’Eglise catholique accusée de protéger le "Touvier rwandais"

    L’abbé Wenceslas aurait participé au génocide (210695)

    Mise au point de la Conférence épiscopale

    Paris, 21juin(APIC) Il n’y a pas de nouvelle "affaire Touvier" dans

    l’Eglise catholique de France, affirme mercredi la Conférence des Evêques

    de France, dans un communiqué signé par son porte-parole, le Père Jean-Michel di Falco. L’Eglise de France a accueilli le Père Wenceslas Munyeshyata, un prêtre catholique rwandais qui exerce actuellement un ministère paroissial dans le diocèse de Viviers (Ardèche), soupçonné d’avoir participé

    à des massacres de civils tutsis au Rwanda. Le journal "Golias", qui se

    veut une sorte de "Canard Enchaîné" catholique, accuse l’Eglise d’avoir

    pris le "Touvier rwandais" sous sa haute protection.

    L’accueil de ce prêtre rwandais suscite aujourd’hui une vaste polémique

    En France. Le porte-parole des évêques de France a réagi: "Rien ne peut justifier, dit-il, les accusations de complaisance ou de complicité que certains voudraient insinuer contre l’Eglise de France...

    En octobre 1994, le Père Wenceslas Munyeshyaka, 37 ans, qui fut vicaire

    à l’Eglise de la Sainte-Famille à Kigali, a été accueilli dans le diocèse

    de Viviers (Ardèche) par Mgr Jean Bonfils. Il exerce désormais son ministère à Bourg-Saint-Andéol.

    Mgr Bonfils, explique le P. di Falco, a accueilli le Père Wenceslas à la

    demande du Père Legagneur, responsable de l’accueil des prêtres étrangers à

    Paris. Le prêtre rwandais, loin de se cacher, exerce en Ardèche le ministère qui lui a été confié. C’est vrai que, dès son arrivée en France, de graves accusations ont été portées contre lui, le mettant en cause dans le déroulement du génocide rwandais. "Les évêques qui suivent cette affaire ont

    eu connaissance de ces témoignages, écrit le P. di Falco. Ils connaissent

    aussi ceux qui innocentent le prêtre rwandais. Il ne leur appartient pas

    d’apprécier la réalité des faits qui lui sont reprochés. Si le Père Wenceslas doit un jour rendre compte de ses actes dans son pays, ou devant un

    tribunal international, il le fera. Rien ne sera fait pour le soustraire à

    la justice, qui seule peut apprécier s’il est ou non coupable".

    Aucune protection

    Le P. di Falco ne voit pas au nom de quoi on pourrait reprocher aux évêques l’accueil dont a bénéficié le prêtre rwandais. Ce geste a été décidé

    "dans un souci urgent de protection", à la demande conjointe de l’administrateur apostolique de Kigali, et des Pères Blancs missionnaires au Rwanda. La démarche s’est faite dans la transparence: "Le Père Wenceslas réside

    en France dans le respect des lois de la République, ajoute le P. di Falco,

    et Mgr Bonfils et Mgr David, président du Comité épiscopal pour la Solidarité, "se tiennent à la disposition des médias pour répondre à toutes les

    questions sur les raisons de cet accueil".

    Pour le porte-parole des évêques de France, le Père Wenceslas ne bénéficie d’aucune protection, "ni d’aucune faveur autres que celles que notre

    pays garantit à tout homme résidant légalement sur son sol. Il n’y a pas de

    nouvelle affaire Touvier!+

    Terribles accusations

    Dans sa dernière livraison, "Golias" consacre donc un large dossier à

    l’affaire. Selon un témoignage recueilli par l’envoyé de la revue au Rwanda, "L’abbé Wenceslas avait droit de vie ou de mort sur nos personnes". Rosa Murerumkvou affirme que son mari et ses deux fils ont été livrés aux miliciens par l’abbé en question. "Ils ont été tués le jour même avec d’autres jeunes gens (...) Ma fille avait réussi à le voir pour le supplier de

    la cacher. Il a refusé. Je l’accuse d’avoir exécuté ma fille. Et je n’hésiterai pas à lui dire droit dans les yeux que c’est lui qui a tué mes enfants".

    Selon "Golias", La technique de l’abbé Wenceslas aurait consisté à faire

    délibérement obstruction à l’évacuation des réfugiés Tutsis de sexe masculin, préférant livrer ceux-ci aux milices pour être tués. Une affirmation

    que corrobore la secrétaire permanente de l’association des volontaires de

    la paix, Bernardette Kanzayire, une juriste rwandaise: "Le 17 juin 1994,

    l’abbé Munyeshyaka a assisté au massacre d’une centaine de Tutsis dans

    l’arrière-cour de l’église de la Sainte-Famille. Les corps ont traîné en

    plein air trois jours durant. Jamais l’abbé Wenceslas n’a élevé de protestation contre ces tueries".

    Affaire complexe

    Pour le journal "La Croix", qui consacre lui aussi plusieurs colonnes au

    cas Wenceslas, l’affaire est complexe, notamment "dans le cadre de l’actuelle tension entre le FPR et l’Eglise, faite de rumeurs et de délations".

    Selon le Père Sibomana, administrateur apostolique de Kagbayi - et Prix

    "Reporters sans Frontières" 1994, les sources mentionnées par la presse

    sont peu fiables. Par ailleurs, selon le quotidien, de nombreux témoignages

    venus des Pères Blancs, notamment du provincial, le P. François Richard,

    font état de son action en faveur des réfugiés qui lui étaient confiés, même si, ajoute le P. Richard, "il est possible que des gens qui comptaient

    sur lui aient été tués".

    Dans son édition de mercredi, "La Croix" interroge par ailleurs Henri

    Blanchard, Père Blanc à Kigali, sur la participation de prêtres hutus aux

    massacres de tustis. "Personne n’a encore pu me donner des preuves, répond

    ce dernier. Il est difficile de porter un regard juste, car la souffrance

    est grande des deux côtés". (apic/cip/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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