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    apic/Rwanda/Eglises

    Rwanda: 20 organisations d’Eglises s’insurgent contre les Nations Unies

    La déplorable inaction de l’ONU dans la crise rwandaise (191094)

    Genève, 19octobre(APIC) Des organismes d’Eglises ont exprimé, le 18 octobre, leur vive préoccupation devant "l’apparente incapacité des Nations Unies à faire face de manière opportune et efficace à la situation d’urgence

    en matière des droits de l’homme au Rwanda". ILs proposent un certain nombre de mesures pour tenter de mettre bon ordre à la crise rwandaise.

    Les responsables du projet "Action mondiale des Eglises - Rwanda"

    (Church World Action-Rwanda" (CWA-R), réunis les 17 et 18 octobre 1994 à

    Genève, représentant une vingtaine d’Eglises, ont demandé la création et le

    déploiement rapide d’une "commission de la vérité" et le lancement d’une

    enquête d’experts visant à traduire rapidement en justice les principaux

    organisateurs des massacres.

    Six mois après le début de la crise rwandaise, "pratiquement aucune des

    mesures", recommandées par les représentants des Nations Unies pour faire

    face à la situation en matière des droits de l’homme au Rwanda, n’a été appliquée, estiment ces responsables.

    Parmi ces recommandations figurent la création d’un tribunal international chargé de retrouver et de traduire en justice les personnes responsables de l’organisation des massacres, la mise sur pied d’une commission

    d’experts chargée d’établir les faits liés aux graves violations du droit

    humanitaire et d’enquêter sur l’éventualité d’un génocide, le déploiement

    d’un effectif important d’observateurs chargés de surveiller l’application

    des droits de l’homme, la mise en place d’un dispositif d’observation de la

    paix, la création d’une "commission de la vérité" et celle d’un pouvoir judiciaire national efficace.

    Délais "inexcusables"

    Selon eux, des délais "inexcusables" ont conduit les gouvernements

    étrangers et les institutions financières internationales à ajourner ou retirer leurs promesses d’aide à l’actuel gouvernement du Rwanda, aide sans

    laquelle celui-ci n’a absolument pas les moyens d’administrer les affaires

    de la nation. Cette attitude, précisent-ils, a contribué à alimenter le

    climat de peur et de méfiance et l’instabilité politique.

    La semaine dernière, le Conseil de sécurité des Nations Unies a reproché

    aux politiciens, soldats et miliciens hutus d’empêcher des dizaines de milliers de Rwandais de quitter les camps du Zaire et de rentrer dans leur

    pays. Toutefois, le Conseil n’a pas pris de décision concernant une proposition, qui exigerait une plus grande assistance financière et logistique

    et davantage de sécurité, faite par le secrétaire général Boutros BoutrosGhali, selon laquelle le personnel militaire et politique hutu du Zaire

    devrait être séparé des autres réfugiés.

    Les Hutus en exil fidèles à l’ancien gouvernement ont accusé le FPR

    d’exercer des représailles à l’encontre des Hutus mais des observateurs des

    Nations Unies estiment que ces accusations font partie d’une campagne de

    propagande menée par les meurtriers en exil.

    CWA-R est un projet oecuménique coordonné par le Conseil oecuménique des

    Eglises (COE) et la Fédération luthérienne mondiale, qui travaillent en

    collaboration avec des Eglises et des organismes partenaires, à travers le

    monde, pour mener une action globale commune face à la détresse de la population au Rwanda et dans les pays voisins. (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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