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    apic/Rwanda/COE/accusations contre les Eglises

    Rwanda: graves accusations contre les Eglises (120894)

    Un prêtre aurait tué 10 Tutsis

    Genève, 12août(APIC) L’Eglise catholique ainsi que les Eglises protestantes se sont discréditées" par leurs relations étroites avec l’ancien régime

    raciste des Hutus. C’est ce que le vice-directeur du bureau "Sharing and

    Service" du Conseil oecuménique des Eglises (COE), Samuel Isaac, a affirmé

    jeudi à Genève, après son retour du Rwanda. Accusant notamment prêtres et

    pasteurs d’avoir participé au massacre. Selon lui, un prêtre serait même

    allé jusqu’à tuer dix Tutsis.

    S. Isaac a corroboré les affirmations de certaines oeuvres d’entraide,

    en confirmant que des prêtres et des pasteurs avaient également participé

    aux massacres au Rwanda. Ses partenaires rencontré au Rwanda lui ont rapporté qu’un prêtre catholique, un Hutu, aurait tué dix Tutsis de sa main.

    Ces dix personnes, membres de sa paroisse, cherchaient à se mettre à l’abri

    dans l’église devant l’armée gouvernementale qui voulaient exterminer les

    Tutsis du village. "Non seulement le prêtre ne leur a pas accordé l’aide,

    il les a assassinés avec une arme à feu".

    Le gouvernement prend ses distances avec les Eglises

    Le gouvernement actuel prend ses distances avec les Eglises, a relevé S.

    Isaac. "Dans chaque entretien, que ce soit avec les représentants du gouvernement ou avec des membres de l’Eglise, on nous a toujours rappelé que

    l’Eglise est tâchée. Pas seulement à cause de son indifférence passive,

    mais aussi en raison du comportement erroné et des actes accomplis", a-t-il

    souligné.

    Selon Samuel Isaac, sur les 1,25 million de Tutsis, seuls 100’000 vivent

    encore. "1,15 million ont été victimes de ce génocide instauré par le régime hutu".

    Les dirigeants ecclésiastiques devront rendre des comptes

    La capitale Kigali, ville auparavant controlée par les Tutsis, majoritairement catholiques, n’a pratiquement plus aucune structure ecclésiastique, a informé S. Isaac. Les évêques et dirigeants de l’Eglise ont été assassinés ou vivent à l’étranger comme réfugiés. Les chrétiens survivant

    n’ont cessé de rendre S. Isaac attentif au fait que "l’Eglise a commis la

    faute d’avoir des liens trop étroits avec l’ancien régime". Ce qui prévaut

    aujourd’hui, a-t-il déclaré, c’est un sentiment de regret: "L’Eglise, qui

    devait propager la reconciliation, a commis l’erreur de soutenir un régime

    qui a institutionnalisé la discrimination ethnique, a déclaré Samuel Isaac.

    A Kigali, a-t-il conclu, on exige le retour dans la capitale des responsables des Eglises qui seraient actuellement réfugiés à l’étranger. Ces

    derniers doivent rentrer à Kigali pour "rendre compte de leurs actes en

    tant qu’individus. Le cas échéant, ils devront être interrogés et condamnés". (apic/kpr/fs)

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