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    apic/Rwanda/ Caritas Suisse

    Rwanda: Le danger d’une reprise des combats n’est pas écarté (110495)

    Caritas Suisse fournira 2 millions de francs pour la reconstruction

    Lucerne, 11avril(APIC) De retour du Rwanda, le Père René Aebischer, responsable des programmes de développement de Caritas Suisse pour ce pays a

    dressé mardi à Lucerne un tableau très sombre de la situation en Afrique de

    l’est. L’armée et les milices hutues se reconstituent au Zaïre et dans le

    pays et n’ont pas abandonné l’espoir d’une revanche. Les réfugiés rentrés

    au pays se trouvent dans une misère effrayante.

    Caritas Suisse a débloqué un crédit supplémentaire de 2 millions de

    francs pour une troisième phase de programmes d’aide au Rwanda, axés sur la

    reconstruction. Au total 7,5 millions de francs ont été mis à disposition

    par l’intermédaire de Caritas Suisse, avec l’aide de la Chaîne du Bonheur

    et de la Confédération.

    Depuis novembre dernier déjà, des rumeurs persistantes font état de la

    reconstitution de milices hutues et d’une possible réaction à partir des

    pays voisins. Des indices indiquent que les forces de l’ancienne armée

    rwandaise se sont regroupées dans le nord-est du Zaïre et s’entrainent, explique René Aebischer. Des mouvements aériens ont été constatés dans cette

    région et on supecte des transferts d’armes. A l’intérieur même du Rwanda,

    des milices hutues vivraient dans la clandestinité dans la région de Cyangugu (ancienne ’zone turquoise’ de l’armée française) et dans la préfecture

    de Ruhengeri. Dans plusieurs quartiers de la ville de Butare des caches

    d’armes ont été découvertes le 13 mars. Les forces gouvermentales affirment

    avoir trouvé lors de contrôles routiers des bombes destinées à une attaque

    sur le marché de Kigali. Bien que la pays paraisse assez calme aujourd’hui,

    il est loin d’être sûr, souligne René Aebischer.

    La situation des réfugiés à leur retour, comme celle des milliers d’enfants orphelins est dramatique. Autre grave problème, le jugement des criminels de guerre. Le gouvernement entend punir les coupables des massacres

    commis il y a un an, mais une simple dénonciation suffit à envoyer des gens

    pour plusieurs mois dans des prisons malsaines et surpeuplées. Beaucoup aujourd’hui ont peur d’une telle dénonciation qui peut couvrir un règlement

    de compte ou une jalousie personnels.

    L’accumulation des pouvoirs en la personne de Paul Kagame, aujourd’hui

    vice-président, ministre de la défense et responsable de l’armée, constitue

    également un danger aux yeux de René Aebischer. Une sous-alimentation durable menace. A l’est du pays, dans la région de Mutara, 100’000 anciens réfugiés sont revenus de l’Ouganda avec leur 500’000 têtes de bétail, alors

    qu’on estime que la région ne peut pas nourrir plus de 250’000 bovins. Ce

    qui sera inévitablement source de tensions et de pénuries.

    120’000 outils pour 40’000 familles

    Caritas Suisse a été présente sur le terrain dès le début du conflit en

    1994. Elle a participé aux programmes d’aide d’urgence dans les camps de

    réfugiés en Tanzanie et au Zaïre. les programmes d’aide d’urgence ont permis la distribution de 780 tonnes de nourriture de juin à décembre 1994.

    Jusqu’à fin juillet 1995, 985 tonnes seront encore réparties, a précisé

    Jürg Krummenacher, directeur de Caritas Suisse.

    Dans une phase suivante, Caritas Suisse a mis sur pied un programme de

    réhabilitation agricole dans la préfecture de Byumba: 800 tonnes de semences et 120’000 outils ont été distribués à 40’000 familles. Ce qui devrait

    permettre d’assurer la prochaine récolte.

    Dans une troisième phase d’aide, Caritas Suisse s’apprête à investir 2

    millions de francs destinés à la reconstruction des maisons détruites lors

    des combats, à l’aide aux orphelins et aux femmes élevant seules leurs enfants et au traitement des traumatismes dûs à la guerre. Cette action plus

    sociale sera menée en collaboration avec Caritas Byumba. Une formation sera

    mise en place pour les collaborateurs locaux afin qu’ils puissent contribuer au travail de réconciliation si nécessaire dans le pays. (apic/com/mp)

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