Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 69 lignes (max. 75 signes), 772 mots et 4985 signes.

    apic/Rwanda/ accusations Wenceslas

    Paris: L’abbé Wenceslas Munyeshyaka dénonce (190795)

    "une campagne de lynchage médiatique orchestrée par le FPR"

    Accusé d’avoir participé au génocide rwandais

    Paris, 19juillet(APIC) L’abbé Wenceslas Munyeshyaka, accusé d’avoir participé au génocide rwandais, a vivement refuté les reproches lancés contre

    lui par la revue catholique contestataire "Golias". Lors d’une conférence

    de presse, mercredi à Paris, le prêtre catholique, actuellement réfugié en

    France et qui exerce son ministère dans l’Ardèche, dénonce une campagne de

    lynchage médiatique orchestrée par les extrémistes du FPR et leur sympathisants.

    "Les accusations de "Golias" qui me rendent responsable de délation contre la population et de viol systématique m’atteignent au plus profond de

    moi-même", relève l’abbé Wenceslas qui a demandé à son avocat de saisir la

    justice pour diffamation contre la revue qui l’a qualifié de "Touvier rwandais". "Je suis convaincu qu’elle et tous ceux qui la suivent dans cette

    campagne de lynchage médiatique sont manipulés par les extrémistes du Front

    patriotique rwandais (FPR) et leurs sympathisants. A travers moi ils veulent incriminer l’Eglise comme responsable des massacres."

    L’abbé Wenceslas s’est dit étonné que d’autres prêtres, qui "ont courageusement aidé le peuple abandonné", soient les premiers visés par "Golias", notamment l’abbé Gabriel Maindron et l’abbé André Sibomana, lauréat du

    prix "Reporters sans frontières 1994". L’enquêteur de "Golias", lui-même

    rwandais a soigneusement sélectionné les témoignages affirme-t.-il. "Comment un Rwandais peut-il juger un autre Rwandais dans ce contexte de guerre

    civile et de règlements de compte?"

    "Si des gens d’Eglise ont du sang sur les mains qu’on me les montre"

    Le prêtre rwandais qui affirme ne pas vouloir se soustraire à la justice

    assure que "Golias" fera "chou blanc". A ses yeux, l’Eglise du Rwanda est

    innocente dans les violences qui ont déchiré le pays. "Je rappelle que pour

    la première fois, les Eglises catholique et protestantes du pays, juste

    avant les événements, se sont unies pour dénoncer la montée de la violence.

    J’ai moi-même dénoncé dans un communiqué les premiers massacres. J’ai par

    la suite pris le peuple rwandais à témoin à deux reprises à la radio et à

    la télévision", ajoute-t-il. "S’il y a des gens d’Eglise qui ont du sang

    sur les mains, qu’on me donne leurs noms."

    Les accusations d’avoir communiqué des listes de noms de personnes à

    éliminer sont sans fondement. "Je n’ai à aucun moment eu de responsabilités

    directes dans l’évacuation des personnes qui avaient trouvé refuge sous ma

    protection à la paroisse de la Ste Famille soit près de 1’800 dont quelques

    dizaines de Hutus", explique le prêtre. "J’ai contribué à ces évacuations

    pour des raisons pratiques de langue, à la demande de la MINUAR. Nous ne

    disposions que de cinq camions, ce qui était beaucoup trop peu. Cela s’est

    fait selon un regroupement familial dont la liste a été déposée à la MINUAR."

    S’il a lui-même tenu des listes, l’abbé Wenceslas explique qu’elles

    n’ont servi qu’a des fins logistiques et qu’il ne les a jamais remises aux

    miliciens. "Notre secteur de Rugenge a le plus grand nombre de rescapés de

    Kigali. Aucun enfant n’a été tué dans nos maisons et nous avons réussi à

    maintenir un fragile équilibre entre les hutus qui fuyaient l’avancée du

    FPR et le Tutsi menacés par les milices. La Ste-Famille est la seule paroisse du pays qui a continué à accuellir des réfugiés après la prise de

    Kigali", indique le prêtre.

    "J’ai toujours refusé de prendre parti pour l’une ou l’autre ethnie"

    L’abbé Wenceslas reconnait avoir accepté de porter une arme. "J’ai insisté pour obtenir une équipe permanente de gendarmes dans les paroisses de

    la Ste Famille et de St-Paul. Leur petit nombre ne permettait de s’opposer

    à l’invasion de centaines de miliciens. Comme je m’opposais régulièrement à

    eux, j’ai été pris pour cible et j’ai échappé à la mort à trois reprises.

    De peur d’être intercepté et tué à coup de machette, j’ai accepté le pistolet que m’a donné la gendarmerie à des fins de dissuasion."

    "Mes difficultés viennent de ce que j’ai toujours refusé de prendre parti pour l’une ou l’autre ethnie. C’est pour sauver ma vie que j’ai accepté

    de me réfugier en France", souligne-t-il.

    Le prêtre admet la nécessité de juger les criminels, au besoin devant un

    tribunal international. "Si on me le demande, je suis prêt à témoigner et

    j’irai à Arusha." A propos des organisations humanitaires qui ont repris

    certaines accusations, "j’ai découvert et cela a été une grande déception,

    qu’elles étaient aussi au service d’une idéologie."

    L’abbé Wenceslas a conclu en remerciant les Pères blancs pour leur soutien nuancé et en soulignant qu’il ne demandait pas à l’épiscopat français

    de le protéger. "Ce n’est pas son rôle et je ne suis pas un nouveau Touvier!". (apic/jcn/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus