Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 85 lignes (max. 75 signes), 907 mots et 6087 signes.

    apic/Russie/Art religieux

    Russie: Ateliers d’art religieux en plein boum

    Pour le bonheur de l’Eglise orthodoxe russe (230796)

    Sofrino, 23juillet(APIC) La prospérité des ateliers d’art religieux en

    Russie passe pour un signe du changement dans ce pays. Et si certains en

    appellent de leurs voeux le retour au communisme, d’autres en appellent à

    la "sainte Russie" pour protéger la foi orthodoxe. Comme le font les responsables de l’atelier de Sofrino, proche de Moscou. A moins que cela ne

    soit pour que grandissent les bénéfices. En roubles sonnants et trébuchants

    convertibles en "US dollars".

    Depuis quelques années, les touristes peuvent voir, devant de nombreuses

    usines russes, de vieilles pancartes affichant: "En avant vers la victoire

    du communisme!", ou encore de vieux slogans soviétiques de ce genre. Mais à

    40 kilomètres au nord-est de Moscou, à la sortie du village de Sofrino,

    c’est un autre slogan, en énormes lettres rouges, qui figure au-dessus d’un

    bâtiment de six étages dominant la campagne environnante: "Sainte Russie!

    Protège la foi orthodoxe!"

    A bien des égards, le complexe industriel d’art religieux de Sofrino a

    contribué à l’étonnant et rapide renouveau de l’Eglise orthodoxe russe depuis la chute du communisme. Sofrino produit presque tout ce dont l’Eglise

    a besoin: des icônes et des cierges, des autels et des calices, des bijoux

    et des vêtements sacerdotaux pour les prêtres et les évêques.

    Après la deuxième guerre mondiale, lorsque les autorités communistes ont

    autorisé l’Eglise à avoir au moins une représentation restreinte en Union

    Soviétique, plusieurs ateliers d’art et d’objets religieux se sont ouverts,

    rattachés à différentes paroisses de Moscou. En 1974, le gouvernement a attribué à l’Eglise un lopin de terre dans une région marécageuse, près de

    Sofrino, et a donné à l’Eglise la permission d’y regrouper ces ateliers.

    Les marécages ont été asséchés et aménagés pour la construction, et, en

    1980, le premier bâtiment a été béni et ouvert.

    Plein boum...

    L’année 1988 a eu d’énormes conséquences psychologiques pour la vie religieuse en Russie. Elle marquait le millénaire de l’arrivée du Christianisme en Russie. "Le millénaire a joué un rôle clef, non seulement pour

    l’usine, mais pour l’Eglise en général", explique à l’Agence oecuménique

    ENI Irina Vdovenko, la documentaliste de l’usine. Elle travaille également

    comme guide touristique pour les dignitaires religieux qui visitent Sofrino.

    Lorsque, après la chute du régime communiste en 1991, l’Eglise a commencé à renaître, l’usine de Sofrino a dû s’adapter à la demande croissante de

    ses produits. Elle comptait 500 employés en 1980; aujourd’hui, elle en

    compte 3’000. Des technologies nouvelles sont sans cesse introduites et la

    capacité de production augmente constamment.

    Un grand nombre d’employés de l’usine de Sofrino sont des spécialistes

    qui viennent chaque jour de Moscou ou de la ville d’Alexandrov, située à 70

    kilomètres à l’est. De temps à autre, leurs talents sont utilisés par d’autres employeurs que l’Eglise: le joaillier Andrei Klushnikov raconté qu’une

    nuit, on le réveilla à une heure du matin pour lui ordonner de commencer la

    production de cadeaux que le président Boris Eltsine voulait offrir aux

    chefs d’Etats du G7 (Groupe des sept) à l’occasion d’une réunion.

    "Mais le gros de nos commandes vient du Patriarche Alexis II (primat de

    l’Eglise orthodoxe russe)", confie Andrei Klushnikov.

    "Les évêques aiment s’habiller avec élégance", affirme pour sa part Nadezhda Drozhalina, responsable de l’atelier de couture, dont la voix parvient à peine à couvrir le bruit d’une machine japonaise compliquée qui

    brode simultanément des séries de croix sur huit vêtements sacerdotaux

    d’évêques. Si les croix, qui constituent un motif que l’on retrouve souvent

    sur les vêtements sacerdotaux, peuvent être brodées à la machine, les vêtements sacerdotaux de la hiérarchie sont en revanche cousus séparément, et

    la plupart des détails sont brodés à la main par des couturières de Sofrino

    qui travaillent à domicile. Cependant, les vêtements sacerdotaux de prêtres

    sont généralement fabriqués "en série".

    Coùteuses traditions...

    Mais tous ces objets et vêtements, pour une Eglise profondément attachée

    à la riche tradition des rites orthodoxes, sont onéreux. Chaque paroisse a

    besoin, pour son prêtre, d’au moins sept vêtements sacerdotaux, de différentes couleurs pour les diverses fêtes du calendrier religieux, qui coûtent chacun trois millions de roubles (environ 600 dollars).

    Pour une nouvelle iconostase, la grande cloison d’icônes qui sépare le

    sanctuaire du reste d’une église orthodoxe, une paroisse doit payer entre

    100 et 150 millions de roubles (20’000 à 30’000 dollars).

    Les milliers de paroisses de l’Eglise russe s’estiment heureuses si les

    murs de leurs églises rendues par l’Etat après des décennies d’abandon,

    voire de profanation, sont encore intacts. Même une iconostase bon marché

    de Sofrino, imprimée et non peinte à la main, coûte l’équivalent de 200

    dollars. Et pour obtenir les instruments et objets dont elle a besoin, une

    paroisse moyenne doit débourser au moins 100 millions de roubles (environ

    20’000 dollars).

    Mais certains objets plus modestes produits par les ateliers de Sofrino,

    tels que les petites icônes imprimées vendues à 240 roubles, sont des articles que même les plus pauvres des paroissiens peuvent s’offrir.

    Sofrino vend ses produits à prix de gros aux diocèses et aux paroisses,

    et au prix de détail dans les boutiques et kiosques que l’usine possède à

    Moscou et dans d’autres villes de Russie. Bien que la direction refuse de

    révéler le montant de ses ventes et de ses bénéfices, il est clair que Sofrino est une entreprise très prospère et que ses bénéfices aident à payer

    nombre des factures du Patriarcat de Moscou, laisse-t-on entendre du côté

    de Moscou. (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus