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    apic/Roumanie/Uniates/Restitution des églises/Résistance orthodoxe

    APIC - Dossier

    Roumanie:L’Eglise gréco-catholique attend toujours la (020297)

    restitution de la plupart de ses bâtiments confisqués

    Königstein/Bruxelles, 2février(APIC) En Roumanie, sept ans après la chute

    de Ceaucescu, l’Eglise gréco-catholique de rite byzantin (appelée aussi

    uniate) n’a toujours pas récupéré la plupart de ses bâtiments. La pastorale

    en pâtit, alors que les séminaristes sont nombreux.

    Les gréco-catholiques doivent célébrer leurs offices en plein air, sur

    les places ou dans des parcs, quel que soit le temps, rapporte le Père Josif Sabau, vicaire général du diocèse gréco-catholique d’Oradea, en Roumanie occidentale. De passage au siège de l’oeuvre d’entraide catholique "Aide à l’Eglise en Détresse" (AED) à Königstein, en Allemagne, le Père Sabau

    a relevé que vu la situation économique désastreuse, l’Eglise peut à peine

    subsister sans aide extérieure.

    Résistance de l’Eglise orthodoxe

    Des négociations en vue de la restitution des biens de l’Eglise sont en

    cours, mais elles sont difficiles, en raison de la résistance de l’Eglise

    orthodoxe, à laquelle l’Eglise uniate fut intégrée de force en 1948, sous

    la pression du régime stalinien. Pour les cinq diocèses, deux cathédrales

    seulement ont été restituées, à Blaj (diocèse de Fagaras et Alba Julia),

    siège du métropolite, et à Lugoj, où même le prêtre orthodoxe a participé

    aux festivités de la restitution.

    L’organisation "Droits de l’Homme sans frontières" à Bruxelles signale

    pour sa part qu’à Sugatag, dans le district de Maramures, des milices orthodoxes ont récemment empêché les uniates de récupérer leur église, restaurée grâce à une aide de l’ambassade d’Allemagne.

    Apprenant que le responsable du bâtiment d’église, soutenu par la majorité de la population, les avait autorisés à y célébrer la messe le 28 décembre, après celle des orthodoxes, et alors qu’aucun incident n’avait

    troublé la cérémonie, un prêtre orthodoxe a ameuté des "milices de choc"

    pour leur en interdire l’accès désormais.

    Deux générations de perdues

    A Oradea, en revanche, Mgr Vasile Hossu attend toujours de célébrer dans

    sa cathédrale. Son palais épiscopal servant de bibliothèque, il réside dans

    une pièce de 10 m2 près de la cathédrale. Dans un village qui dispose de

    deux églises, dont une seulement est utilisée par les orthodoxes, ceux-ci

    refusent de restituer l’autre, déplore le P. Sabau. La pastorale en pâtit,

    ajoute-t-il. Depuis 1948, l’Eglise a perdu deux générations, les anciens

    gréco-catholiques se disant aujourd’hui orthodoxes: "Ils ne voient pas

    pourquoi ils reviendraient, puisqu’ils n’ont même pas d’église où célébrer

    les services religieux."

    L’Eglise, qui a ses fidèles principalement dans la région d’Alba Julia,

    comptait deux millions de membre avant 1948; ils ne sont plus aujourd’hui

    qu’environ un demi-million. L’AED apporte depuis plusieurs années une aide

    à la construction et à la restauration de bâtiments, dont des églises.

    L’oeuvre offre également une assistance au clergé. Le P. Josif Sabau, qui

    est franciscain, note toutefois le climat est meilleur, que l’Eglise n’est

    plus persécutée comme elle l’a été durement sous le communisme.

    85 séminaristes à Oradea

    A Oradea, Mgr Hossu, qui aura 78 ans en mai prochain, a récemment reçu

    un jeune coadjuteur, Virgil Bercea. Ce dernier fait de la remise en état du

    séminaire, de la cathédrale et du palais épiscopal une priorité absolue. Le

    séminaire compte 85 séminaristes, mais la vie n’est pas facile tant pour

    les professeurs, rémunérés par l’Etat à des salaires de misère (quelques

    dizaines de francs mensuels) que pour les étudiants (qui doivent contribuer

    aux frais d’études). Selon le P. Sabau, l’inflation n’est pas de 20%, comme l’affirmait le gouvernement, mais de 60 %.

    Beaucoup d’espoir placé dans le président Constantinescu

    Parmi les 85 séminaristes, dont 50 bénéficient d’un subside de l’AED, 25

    sont en dernière année. Ce qui ne signifie pas qu’ils seront ordonnés dans

    un an. Suivant la tradition orthodoxe, ils ne le seront qu’après s’être mariés. En attendant, ils travaillent au séminaire ou à l’évêché. L’ordination peut aussi être retardée par la lenteur de la restitution des bâtiments d’église, car un prêtre n’est ordonné que si une paroisse lui est

    confiée.

    L’Eglise gréco-catholique attend beaucoup du président Constantinescu,

    élu le 17 novembre dernier, qui semble avoir une attitude bienveillante et

    qui a promis de faire triompher la justice. D’ici peu, une rencontre

    devrait avoir lieu entre le président des catholiques du rite byzantin et

    les évêques orthodoxes pour discuter des modalités de restitution.

    Un patrimoine commun avec les orthodoxes

    Concernant le cas de Sugatag, "Droits de l’Homme sans frontières" souligne que le fanatisme du bas clergé va à l’encontre du dialogue oecuménique entre les Eglises catholique et orthodoxes sur la question de l’identité et du statut des Eglises catholiques de rite oriental. L’organisation

    cite les propos tenus dans une interview publiée par la revue roumaine

    "Vatra" par le théologien Marko Ivan Rupnik, de l’Institut pontifical

    Oriental de Rome, soulignant que l’élaboration d’une théologie et d’une

    spiritualité orientale authentiques, en concordance avec son propre rite,

    devient vitale pour l’Eglise gréco-catholique roumaine.

    Vincent Cernea, défenseur de longue date de l’Eglise unie à Rome, déclarait plus récemment dans la même revue: "La tradition orientale, sous tous

    ses aspects, constitue le patrimoine commun des orthodoxes et des grécocatholiques et, à mesure que l’Eglise roumaine unie à Rome sera rétablie

    dans ses droits et que les tensions diminueront, le dialogue entre les deux

    Eglises devra être porté sur le terrain liturgique, théologique, spirituel

    et canonique." (apic/cip/be)

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